Chroniques·Dystopie·Fantasy·Young Adult

Red Queen, Victoria Aveyard

« N’importe qui peut trahir n’importe qui »

Mare Barrow, dix-sept ans,

tente de survivre dans une société

qui la traite comme une moins que rien.

Quand elle s’avère détenir des pouvoirs magiques

dont elle ignorait l’existence,

sa vie change du tout au tout.

Enfermée dans le palais de la famille royale,

promise à un prince,

elle va devoir apprendre à déjouer les intrigues de la cour,

à maîtriser un pouvoir qui la dépasse,

et à reconnaître ses ennemis.

C’est la seconde fois que je me plonge dans le premier tome de Red Queen. Ce qui est assez étrange (et aussi marrant), c’est que j’ai un avis différent de ma première lecture. Je vais donc vous parler de ce que j’ai pensé la première fois et de ce que j’ai ressenti cette fois ci.

Mare Barrow, la Faiseuse d’éclair

Si mon avis était mitigé la première fois, ça n’a pas été le cas la seconde : j’aime beaucoup le personnage de Mare. Comme la première fois, je me suis retrouvée en elle, en cette benjamine qui cherche l’approbation de ses parents et qui est jalouse de sa petite sœur. Et c’est aussi une jeune fille très en colère. Dès le début, on sent à quel point elle trouve son monde et sa vie injuste. Elle se rebelle un peu à sa manière. Mais ce que j’ai le plus aimé, c’est son tempérament de survivante. Elle est certes lâche (et s’en rend parfaitement compte) mais c’est surtout parce qu’elle est constamment guidée par son instinct de survie. Ne sachant pas se battre, son premier réflexe est de fuir. Je pense que c’est un caractère typiquement humain, que beaucoup d’entre nous ont, même si on a honte de l’admettre. En revanche, c’est quelqu’un qui enchaine les situations catastrophiques. Elle trouve toujours le moyen de se retrouver dans une situation impossible, ce qui la rend attachante.

Durant ma première lecture, j’ai trouvé qu’elle commençait à changer en endossant le rôle de Mareena. Je la trouvais un peu niaise et naïve. Mais en relisant, je me suis aperçu qu’elle n’était pas si naïve que cela. Elle s’est simplement battu pour une cause qui lui tenait à cœur et avec les personnes qu’elle pensait être de son côté. Elle s’est fait trahir et tout le monde serait tombé dans le même piège à sa place.

De plus, son pouvoir lui apporte la force et le pouvoir des Argents mais elle reste fidèle à son sang rouge. Au final, elle est meilleure que l’un des deux sangs en les unissant.

Maven, l’ombre de la flamme

En revanche, mon avis sur Maven n’a pas changé ! Je l’aime toujours autant. C’est un personnage très bien travaillé, tout en subtilité et élégance.

Il a beaucoup de points communs avec Mare, notamment le fait qu’il soit constamment dans l’ombre de son frère et qu’il est invisible aux yeux du monde et de ses parents. Mais même s’il est invisible, il n’en reste pas moins un jeune homme ambitieux, qui cherche à changer le monde. Il m’a beaucoup fait penser à Peeta avec sa sensibilité, son intelligence et son aisance avec les mots. Avec Mare, ils ont d’ailleurs une relation très bien travaillée. Au début, ils ne s’aiment pas du tout, on sent qu’ils n’ont aucune envie d’être promis l’un à l’autre. Ils finissent peu à peu par se lier d’amitié, par se confier des choses, se comprendre. Au fur et à mesure on sent qu’ils développent des sentiments l’un pour l’autre, de manière toujours aussi subtile. À aucun moment ce n’est dit explicitement, tout est fait au fur et à mesure, de manière très réaliste. La fin est un véritable tournant. On ne s’attend absolument pas à cela. Je n’en dirai pas plus à part que j’ai tout simplement adoré leur relation et la manière dont elle évolue.

C’est aussi le personnage qui m’a le plus surpris. Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le suspense mais c’est un personnage qui se révèle être très surprenant. Ce personnage est un véritable coup de cœur.

Cal, le prince enflammé

Là encore, mon avis sur Cal diffère de ma première lecture. Contrairement à la première fois, je me suis rendu compte que c’était un personnage plein de profondeur. S’il semble parfait aux yeux du monde et même aux yeux de Mare parfois, il n’en reste pas moins un jeune garçon perdu. En effet, on se rend compte au fur et à mesure de l’histoire que Cal est bien conscient de l’injustice du système de son pays mais il pense que le coût à payer pour faire changer les choses est trop grand. C’est quelqu’un qui est partagé entre la réalité et son éducation, entre Mare et son père.

Si à ma première lecture, le fait de le voir aussi résigné sur la fin m’avait agacé, cette fois, cela m’a fais mal au cœur. D’un côté je trouve cela dommage qu’il ait les moyens de faire en sorte que les choses changent, mais d’un autre, je comprends sa peur et sa résignation. Il est également utilisé par tout le monde : Évangeline se sert de lui pour devenir reine, son père pour avoir un héritier, Mare pour la révolte… À aucun moment il ne fait quelque chose de surprenant, c’est un personnage prévisible. Néanmoins, je me suis tout de même attaché à lui et j’espère que dans le deuxième tome, il arrive à se détacher de tout cela et prendre sa vie en main.

Kilorn, l’ami sauvé

Mon avis sur Kilorn n’a pas beaucoup changé. J’ai encore un peu de mal à l’apprécier, me faisant un peu trop penser au personnage de Gale dans Hunger Games. C’est le meilleur ami d’enfance de l’héroïne, celui qu’elle veut sauver à tout prix mais qui décide quand même de se lancer dans la révolte. Sauf que contrairement à Gale, Kilorn n’a pas vraiment l’étoffe d’un combattant. C’est plutôt le petit garçon que Mare à sauver la vie et qui la suit comme un petit chiot depuis ce jour. Dans la relation qu’il entretient avec elle, c’est lui qui est en position de « faiblesse » : elle le sauve de la faim et veille sur lui, elle le sauve de la guerre… et puis c’est elle qui a des pouvoirs, contrairement à lui. D’un côté j’ai bien aimé le fait que ce soit une femme qui soit en position de force dans une amitié femme/ homme et qu’elle soit protectrice. J’attends donc de voir comment le personnage de Kilorn va évoluer dans le second tome.

Farley, le visage de la révolte

Comme pour Kilorn, mon avis sur Farley est le même. Je l’admire toujours autant pour son courage et sa force. C’est une femme qui a des convictions, des idéaux et qui est prête à mourir pour eux. C’est une femme qui refuse de plier le genou, qui se bat jusqu’à son dernier souffle. Elle a un sang-froid remarquable.

Julian, un allié inestimable

Julian est l’un des personnages que je préfère. C’est un homme intelligent, reclus et plongé dans son monde. Il est très attachant, avec un côté triste et nostalgique. Il se révèle être un véritable atout et un ami précieux pour Mare. J’ai beaucoup aimé l’amitié qui les lie. On sent dès le début qu’ils vont s’apprécier et on ne se trompe pas. Ils sont francs l’un envers l’autre et se font peu à peu confiance, se confiant chacun un peu sur lui-même et son passé. Elle l’aide à se sentir moins seule et à le faire agir, il se relève grâce à elle et elle trouve en lui un précieux allié et ami. C’est une relation très touchante.

Une cour royale stéréotypée

Par contre, j’ai trouvé la Cour ainsi que la famille royale, un peu trop cliché et prévisibles. En effet, la Reine ou Évangeline sont les stéréotypes de la femme vicieuse et manipulatrice qui ne souhaite que le pouvoir. Le Roi est l’image même du souverain froid et implacable. La Cour ne vit que pour s’attirer les bonnes grâces de la famille royale, ils sont tous vicieux, manipulateurs, sans aucune pitié entre eux. J’aurais aimé avoir une nouvelle image de la cour d’un roi ainsi que la famille royale même si j’avoue que ce n’est pas chose facile.

La famille Barrow

J’ai beaucoup aimé les relations entre les membres de la famille Barrow. Ce sont des relations réalistes mais d’un côté un peu originales, car finalement assez rare dans les livres. Cette fois, l’histoire est centrée sur une benjamine, qui s’entend avec tous ses frères mais qui est jalouse de sa petite sœur. Elle est plus proche de son père que de sa mère, une relation silencieuse mais complice. C’est une relation simple et qu’on voit partout mais tout de même unique je pense, je ne sais pas trop comment l’expliquer mais elle m’a touché sans pour autant être spéciale.

La famille Calore

J’ai également plutôt bien aimé la fraternité entre Maven et Cal. Même si beaucoup de choses les séparent et les différencient, on sent qu’ils s’aiment tout de même et qu’ils peuvent se montrer très complices.

On voit néanmoins tout de suite que c’est Cal qui a le « dessus » dans le sens où c’est lui qui attire tous les regards, qui est le plus apprécié. J’aime beaucoup la métaphore de la flamme et de son ombre que l’auteure utilise, elle reflète à la perfection leur relation : l’un dans l’ombre de l’autre mais l’un ne va pas sans l’autre.

Une intrigue surprenante

Ce livre a été une petite surprise pour moi. Je ne m’attendais pas à une fin pareille ! Mais parlons tout d’abord du début de l’histoire…

L’ambiance de ce livre était un peu différente de ce que j’ai l’habitude de lire même si j’ai retrouvé beaucoup de ressemblances avec Hunger Games. On découvre un personnage féminin qui fait partie d’un peuple exploité et qui s’en révolte. Elle prend ensuite beaucoup d’importance et devient dangereuse pour le maintien du système en place et un atout inestimable pour la résistance. Sans oublier bien sûr le triangle amoureux entre son meilleur ami d’enfance et le prince qui est à ses côtés au palais. L’idée d’assimiler une couleur à une Maison est plutôt pas mal même si elle me rappelle les factions dans Divergente. Néanmoins, l’histoire se détache de ses ressemblances pour créer un univers différent.

J’ai beaucoup aimé la manière subtile dont le don de Mare a été mis en place ainsi que la manière dont il se dévoile. Plus on avance dans l’histoire et plus on prend conscience de son pouvoir tout comme elle, c’est tout en subtilité et détail. L’auteure a maîtrisé cela avec talent.

Un sang qui fait la différence

Dans cette société, votre vie est définie par votre sang. Si vous êtes de sang argent, vous avez la chance d’avoir une vie libre et paisible ainsi que de faire partie de l’aristocratie. Mais, si vous êtes de sang rouge, un sans pouvoir, vous êtes condamnés à mener une vie pauvre et soumis aux Argents. C’est un système dur, inégal et injuste. Mais c’est surtout un système très bien construit et exploité par l’autrice.

Le concept de la différence du sang est original quand on y pense. Contrairement à la plupart des autres univers où la différence repose sur des pouvoirs, des valeurs ou une idéologie, là c’est le fondement de l’homme, sa nature propre qui fait la différence. Ce n’est pas une question de ce que l’on pense, de comment on est éduqué, mais une question purement biologique et, dans ce cas, inaltérable.

Inaltérable en tout cas, jusqu’à ce que Mare apparaisse. Une jeune fille rouge avec des pouvoirs dont seuls les argents sont dotés. Elle défie la logique et la biologie même. J’ai trouvé l’idée vraiment excellente.

Force et Pouvoir

Le système Argent repose sur la force. Le concept du Choix de la Reine illustre d’ailleurs très bien cela : la future reine est choisie en fonction de la force et de la puissance de son pouvoir et non pas par rapport à des critères de sociabilité comme on a tendance à le voir dans le reste de la littérature. La reine est choisie comme est choisit un soldat, un combattant. J’ai donc beaucoup aimé la manière dont les femmes sont perçues dans cette société. Ce ne sont pas de petites minettes en robes majestueuses mais des femmes fortes et puissantes à l’image des Argents. Si le sang détermine qui vous êtes, la force et le pouvoir déterminent votre grandeur et votre valeur. Le concept est vraiment très intéressant et très bien développé.

Un roman sur la trahison

N’importe qui peut trahir n’importe qui. Cette seule phrase résume à merveille ce livre. C’est un thème assez récurrent dans les livres mais pourtant, rarement le thème principal. Dans ce livre, c’est le cas. La trahison est à chaque coin de rue, derrière chaque porte close, chaque détour d’un couloir… Le sentiment d’insécurité est présent durant toute la durée de l’intrigue. Cela rend l’histoire encore plus prenante, ne sachant pas à qui accorder sa confiance, ne sachant pas ce qu’il risque d’arriver. On s’attend à ce que les plans soient contrecarrés, et on tente de savoir qui est ce qui va trahir la confiance de Mare. J’ai beaucoup aimé cette dimension du livre qui rajoute une bonne dose de piment à l’histoire.

Pour conclure, je dirais que ce livre est encore mieux que lors de ma première lecture. J’ai adoré me replonger dans ce monde et redécouvrir les personnages sous un nouveau jour. Et puis quelle fin ! Une fin qui ne donne qu’une envie : commencer le deuxième tome !

#pouvoir #révolte #VictoriaAveyard

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