Les HĂ©ritiers de Brisaine, tome 2 : La cour du Clair-Obscur, David Bry

Nous sommes tes amis, insiste Enguerrand, et les amis des Cours.

Aventure, magie, frissons, crĂ©atures fantastiques…une sĂ©rie de fantasy adaptĂ©e aux 9-12
Enguerrand, GrĂ©goire et AliĂ©nor enquĂȘtent sur les dangereux personnages masquĂ©s qui fouillent le Bois d’Ombres, Ă  la recherche des ClĂ©s ouvrant le CƓur de toutes les lĂ©gendes.
Les trois amis apprennent l’existence de la Cour du Clair-Obscur, constituĂ©e des traitres des deux autres Cours.
AidĂ© de Lusin le gnome, Enguerrand, AliĂ©nor et GrĂ©goire doivent Ă  tout prix retrouver la ClĂ© des Sources pour la mettre Ă  l’abri. Mais Gauthier, leur ennemi jurĂ©, risque de leur compliquer la tĂąche !
Les enfants réussiront-ils à sauver la Clé des sorciers maléfiques ?


Encore un trĂšs beau tome ! David Bry ne cesse de m’émerveiller avec des romans qui me font voyager en compagnie de personnages attachants.

Le livre en lui-mĂȘme est un bel objet avec de belles illustrations (la couverture ♄) et un beau texte qui souligne des personnages attendrissants et une intrigue qui captive. J’aime beaucoup l’ambiance ainsi que l’univers de lĂ©gende et de magie qui se dĂ©gage de ce roman pour jeunesse.

On continue notre petite aventure avec nos trois compagnons Ă  la recherche des ClĂ©s ouvrant le CƓur de toutes les lĂ©gendes afin de les protĂ©ger de la Cour du Clair-Obscur que l’on dĂ©couvre dans ce tome. Le tout commence Ă  prendre un tournant plus enfiĂ©vrĂ©, les enjeux se font plus grands et la tension monte.

Je le trouve un peu trop court Ă  mon goĂ»t d’ailleurs, j’aurais aimĂ© un peu plus de temps avec les personnages et une intrigue un peu plus longue mais il reste parfait pour le public ciblĂ© initialement. J’ai profitĂ© du salon du livre pour me procurer la suite que j’ai vraiment hĂąte de commencer, que l’auteur m’a promis d’ĂȘtre fort en rebondissements !

Gallant, V.E. Schwab

Toute chose projette une ombre. MĂȘme notre monde. Et pour chaque ombre, il existe un endroit oĂč elle doit prendre sa source.

Toute petite, Olivia Prior a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e sur les marches de l’orphelinat oĂč elle vit dĂ©sormais. Incapable de parler, elle n’en sait pas moins se faire respecter des autres pensionnaires. De sa mĂšre, il ne lui reste plus qu’un journal intime reliĂ© de cuir, plein de dessins Ă©tranges et marquĂ© par la folie, dont les derniers mots sont : « Tu seras Ă  l’abri tant que tu ne t’approcheras pas de Gallant. »
Mais la jeune fille ne rĂȘve que d’une chose : avoir, un jour, une famille. Alors, quand elle apprend que son oncle l’a enfin retrouvĂ©e et l’invite Ă  venir vivre dans le domaine familial de Gallant, Olivia n’hĂ©site pas une seule seconde. Sur place, elle ne trouve que deux domestiques et un cousin, Matthew – qui, de toute Ă©vidence, ne veut pas d’elle. Elle dĂ©couvre surtout que son oncle est mort et enterrĂ© depuis plusieurs mois dĂ©jà
 Elle remarque enfin que tous les habitants du manoir semblent Ă©viter comme la peste le mur qui s’élĂšve derriĂšre la propriĂ©tĂ©, au milieu d’une nature luxuriante. Quel mal se dresse lĂ , au fond de ce jardin nichĂ© au bout du monde ? Qu’est-il vraiment arrivĂ© Ă  la mĂšre d’Olivia, toutes ces annĂ©es plus tĂŽt ?


Encore un V.E. Schwab, encore un coup de cƓur. Je ne devrais plus ĂȘtre Ă©tonnĂ©e par l’effet qu’ont ses livres sur moi et pourtant
 Quelle surprenante lecture !

Gallant nous plonge en plein cƓur de ce manoir si Ă©nigmatique et des secrets qu’il garde enfermĂ©s dans son jardin, Ă  travers une Ă©trange porte dans un mur solitaire. Tout comme Olivia, on est captivĂ© par cet endroit Ă©trange, aux relents mystĂ©rieux et dangereux qui peuplent tous les recoins obscurs.

On choisit l’endroit oĂč l’on se sent chez soi.

Olivia Prior, jeune orpheline en quĂȘte d’une famille, a su me prendre par la main et me guider dans son univers muet plein de bruits, son monde dessinĂ© au crayon noir, Ă  la rencontre de la douceur mais intransigeante Hannah, du fidĂšle Edgar et du tempĂ©tueux Matthew. Mais surtout, Ă  la rencontre de l’histoire de ses parents et de la famille Prior. Car c’est bien ce qui est au cƓur de ce roman : le retour d’Olivia chez elle. L’autrice nous raconte cette histoire avec beaucoup d’émotion mais aussi de suspense. Moi qui n’avais pas rĂ©ussi Ă  lire un livre d’une traite depuis des mois, il m’a Ă©tĂ© difficile de lĂącher celui-ci. J’y ai passĂ© des aprĂšs-midis, des soirĂ©es dans mon lit, sous la couette, Ă  dĂ©vorer les pages de ce roman avec une avide curiositĂ©. C’est un roman Ă©trange et pourtant familier si l’on a dĂ©jĂ  lu des romans de l’autrice. La patte est lĂ , l’émotion aussi, et pourtant, tout est nouveau encore une fois.

Je ne peux pas vous en dire plus sur l’intrigue en elle-mĂȘme car ce serait vous gĂącher tout le plaisir de ce roman qui sent bon le secret et le mystĂšre. En revanche, je peux vous dire que si vous cherchez un roman que mĂȘme l’autrice ne saurait dĂ©crire tellement il est Ă©trange, spĂ©cial et pourtant, si parfaitement lui-mĂȘme, Gallant est celui qu’il vous faut.

Rencontre avec Karine Kennberg

À l’occasion du SLPJ de Montreuil, j’ai eu la chance de pouvoir faire dĂ©dicacer mon exemplaire de Meute par Karine Kennberg. AprĂšs avoir Ă©changĂ© avec elle sur son roman, elle a acceptĂ© de rĂ©pondre Ă  certaines de mes questions. Merci Ă  elle pour le temps qu’elle m’a accordĂ© !

Concernant ton univers


Qu’est-ce qui a inspirĂ© l’histoire de Meute ?

À vrai dire, je ne sais jamais comment rĂ©pondre Ă  cette question. Rien de prĂ©cis, ou plutĂŽt l’ensemble des choses que j’ai pu lire jusque-lĂ , le tout mĂ©langĂ© jusqu’à ce que mon inconscient dĂ©cide de sortir une idĂ©e. Mon amour des loups, des traumas, des combats clandestins qui peuvent exister dans les profondeurs du dark web, un mĂ©lange de tout ça et plein d’autres choses.

Qu’est-ce qui a inspirĂ© le personnage de Calame et sa vision du monde ?

Un peu pareil qu’à la question prĂ©cĂ©dente. Il a poppĂ© dans ma tĂȘte tout seul comme un grand, avec sa narration au « tu Â» et ses triades de couleurs. LĂ  encore, c’est purement de la crĂ©ation « instinctive / inconsciente Â», plus que rĂ©flĂ©chie / conscientisĂ©e.
Sa vision colorĂ©e du monde vient sans doute de ma fascination pour la synesthĂ©sie (un phĂ©nomĂšne neurologique qui associe deux ou plusieurs sens, par exemple voir des couleurs quand on entend des notes de musique). J’ai beaucoup de personnages qui ont des formes un peu Ă©tranges de synesthĂ©sie, liĂ©es Ă  la perception des Ă©motions, Ă  l’aura dĂ©gagĂ©e par les gens, ce genre de chose. (Et non, moi, je ne suis pas synesthĂšte.)

Le roman est un parfait mĂ©lange entre douceur et violence. À quel moment du processus d’écriture cela t’est-il venu ?

Assez tĂŽt ; dĂšs que j’ai laissĂ© Nath s’exprimer et me raconter sa vie, en fait.
En tant qu’autrice, j’aime la violence et le cĂŽtĂ© cathartique qu’elle procure
 mais il est Ă  peu prĂšs Ă©vident que ça ne permet pas vraiment de se lier Ă  un gamin traumatisĂ©, et encore moins de le remettre sur pied (physiquement et mentalement).
Mais heureusement, Nath est humain, et en tant que tel, il a plusieurs facettes. La violence et l’agressivitĂ© en sont une, l’attention et le sens du devoir en sont une autre (on dit merci Val).
Du coup, tout le roman est construit autour de cette dualitĂ©-lĂ  : la douceur au sein du groupe, et la violence envers le reste du monde si celui-ci s’avĂšre hostile (et l’indiffĂ©rence dans le reste des cas).

Quel a été le personnage le plus difficile à écrire ?

Les trois ont assez bien coulĂ© Ă  l’écriture, Ă  vrai dire, je n’ai pas Ă  me plaindre. Mais entre les trois, Nath est sans doute le moins simple. Ce crĂ©tin n’a dĂ©finitivement pas assez de neurones, il fonce sans rĂ©flĂ©chir, il rĂ©agit Ă  chaud (et souvent par la violence), ce n’est pas vraiment un type de fonctionnement qui me correspond, et il est du coup un peu plus difficile Ă  envisager pour moi.

Val est muet. Pourquoi ce handicap particulier ?

Parce qu’il a dĂ©cidĂ© et que je n’ai pas eu mon mot Ă  dire ? Comme pour Calame, il a poppĂ© dans ma tĂȘte dĂ©jĂ  prĂȘt Ă  l’emploi, avec sa froideur efficace, sa multitude de tresses, et cette blessure qui l’a rendu muet.
Mais bon, du coup, ça m’a obligĂ© Ă  faire pas mal de recherches sur les lĂ©sions Ă  la gorge, et les sĂ©quelles Ă  court et long terme (que ce soit en termes de respiration, de dĂ©glutition, tout un tas de trucs – les voies respiratoires supĂ©rieures, c’est vite le bordel), ça m’a aussi forcĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  comment j’intĂ©grais une langue des signes dans le roman, Ă  la façon dont son handicap et les difficultĂ©s Ă  se faire comprendre colorait ses relations avec les autres, Ă  tout un tas d’autres sujets « annexes Â» qui n’étaient pas vraiment prĂ©vus dans mon plan de dĂ©part.

Quelle est la chose que tu préfÚres dans ton univers (objet, invention, systÚme
)

J’aime beaucoup les associations de termes / concepts que Calame associe aux couleurs (elles-mĂȘmes associĂ©es aux Ă©motions primaires) : ambre Ă©ternitĂ©, or Ă©toile des solstices, bleu ciel d’étĂ©, blanc oubli
 Je me suis beaucoup amusĂ©e Ă  les trouver, classer, rayer, reprendre, oublier, retrouver
 (pas de mentions inutiles).
Et j’aurais bien aimĂ© avoir en vrai les sculptures que rĂ©alise Nath, aussi !

Dans quel personnage te retrouves-tu le plus ?

Un peu des trois et aucun des trois Ă  la fois. J’ai le cĂŽtĂ© analytique et peu empathique de Val ; mais je n’ai clairement pas sa confiance en lui (si seulement
). J’ai le cĂŽtĂ© paumĂ© face aux responsabilitĂ©s impliquant autrui de Nath. Et j’ai l’amour de la brioche et du chocolat de Calame.
(Mais honnĂȘtement, vu leurs doses de trauma ou de problĂšmes, je suis bien contente de ne pas leur ressembler plus que cela !)

Penses-tu revenir un jour dans cet univers ?

Ce n’est pas prĂ©vu pour le moment, non.

De maniÚre plus générale


As-tu des rituels ?

Non, ce n’est pas quelque chose qui marche sur moi. Mais j’écris mieux la nuit, et j’aime avoir des trucs sucrĂ©s Ă  grignoter.

Quels/quelles auteurs/ autrices ou livres t’inspirent le plus ?

Il y a plusieurs auteurices (OK, beaucoup d’auteurs) dans ceux qui ont formĂ© la lectrice et autrice que je suis : Tolkien (pour son worldbuilding, les questions du pouvoir, du bien et du mal plus complexes qu’il n’y paraĂźt, pour la dose massive de trauma de perso qu’est le Silmarillion), Pullman (pour sa relation au religieux, Ă  l’amour et le fait qu’un livre peut finir mal), Scott Lynch (pour les claques de worldbuilding), Terry Pratchett (pour son analyse sociale), Ellen Kushner (pour montrer qu’on peut avoir un perso gay dans un roman et que c’est OK), Glenn Cook (pour ses personnages de connard), sans doute d’autre encore.

Mais de maniĂšre plus intĂ©ressante (et surtout plus actuelle), il y a actuellement une montĂ©e en puissance des auteurices dont la production laisse plus de place aux questions de genre, de handicap, de neurodivergence, de racisme
 En vrac et en français dans le texte, Estelle Faye, David Bry, Jolan Bertrand, Luce Basseterre, Hermine Lefebvre, Michael Roch, Maelle Desard, bien d’autres encore, et c’est tout de mĂȘme trĂšs chouette. (Et il y en a encore plus en anglais, parce que la France est quand mĂȘme en retard sur toutes ces questions.)

Quel livre aurais-tu voulu avoir Ă©crit ?

Harry Potter, pour ĂȘtre millionnaire ?
Plus sĂ©rieusement : aucun, car peu importe celui que je choisirais, ce ne serait alors plus le mĂȘme livre, et je n’aurais pas eu plaisir Ă  le dĂ©couvrir en tant que lectrice.
Et puis, j’ai dĂ©jĂ  assez de travail avec mes propres idĂ©es et mes propres romans. (Et tant pis si je ne finis pas millionnaire (mĂȘme si j’aimerais bien (je jure de ne pas virer terf (promis promis))))

Ranges-tu ta bibliothùque d’une maniùre particuliùre ?

En thĂ©orie ? Par maison d’édition.
En pratique ? Un mĂ©lange de « Oh tiens, lĂ  un trou Â» et « j’ai la flemme de ranger alors je vais poser la pile par terre en attendant un Ă©clair de motivation Â». Et de temps en temps, j’ai une poussĂ©e de procrastination, je fous tout par terre et je retrie. Puis bis repetita.

Un petit mot pour la fin ?

Il fait froid, couvrez-vous bien et faites-vous un chocolat !

Meute, Karine Rennberg

La flamme au fond de ton esprit t’entoure, et l’ambre mausolĂ©e, ambre Ă©ternitĂ©, ambre amulette s’Ă©rige tout autour de toi.

J’ai toujours aimĂ© les histoires de loups. En tant que mon animal prĂ©fĂ©rĂ©, le loup a toujours Ă©tĂ© un Ă©lĂ©ment qui faisait pencher la balance dans mon choix de lecture. Et cela m’a rarement déçue : je suis tombĂ©e sous le charme des Loups de Mercy Falls de Maggie Stiefvater, des loups dans la sĂ©rie Mercy Thompson et aujourd’hui, sous celui de Meute de Karine Kennberg.

La premiĂšre chose qui m’a frappĂ© dans ce roman, comme un peu tout le monde je pense, c’est sa narration. L’usage de la deuxiĂšme personne du singulier est assez rare dans mes habitudes de lecture. J’ai tendance Ă  prĂ©fĂ©rer une narration Ă  la troisiĂšme personne et je suis un peu gĂȘnĂ©e par les autres. Or, ici, la deuxiĂšme personne est parfaitement Ă  sa place. AgrĂ©ablement surprise, cela m’a d’autant plus ouvert Ă  cet univers que nous offre ce roman si beau, qui mĂ©lange avec finesse la douceur et la violence. Tout est dans l’ambiance, l’atmosphĂšre, mais aussi dans les personnages et leurs relations. L’autrice nous narre l’histoire de personnages complexes, originaux, vivants et rĂ©alistes. J’ai eu un Ă©norme coup de cƓur pour les trois personnages principaux : l’adorable et dĂ©chirant petit Calame, le vaillant et protecteur Val et l’impĂ©tueux Nath. Il s’avĂšre que j’ai nĂ©anmoins une petite prĂ©fĂ©rence pour le dernier dont le cĂŽtĂ© perdu, frustrĂ© qui le pousse Ă  la colĂšre et la violence m’a Ă©normĂ©ment touchĂ©. Nath est un personnage qui veut faire de son mieux. C’est un homme qui veut tout faire et tout bien faire sinon rien. Et c’est ce que j’admire chez ce personnage qui nage contre le courant, qui s’acharne Ă  vouloir tout gĂ©rer tout seul, tout encaisser, mĂȘme quand il a des gens sur qui compter comme Val, l’ami fidĂšle et protecteur, ou encore Enzo, l’amant patient et confiant. Mais comment ne pas se donner Ă  fond quand on doit protĂ©ger quelqu’un comme Calame ? Cet incroyable bout de chou dont la maltraitance a fait des dĂ©gĂąts proches de l’irrĂ©mĂ©diable, qui voit la vie et les gens en palette de couleurs, qui aime le chocolat chaud et les gĂąteaux et qui refuse d’affronter le monde extĂ©rieur. A la dĂ©couverte de ce personnage, une bouffĂ©e de tendresse et d’élan protecteur m’a traversĂ© Ă  son Ă©gard, tout comme Nath.

Je pourrais encore discourir longuement sur ces personnages, notamment Val dont je parle peu mais qui apporte tellement Ă  ce roman et ses autres personnages. Val qui est prĂ©sent, souvent dans l’ombre, mais toujours lĂ  quand on en a besoin. Mais je vais plutĂŽt vous laisser les dĂ©couvrir Ă  travers la plume de Karine, bien plus belle et forte que la mienne, et vous parler un peu plus de l’intrigue. Intrigue qui ne cesse de monter en tension Ă  chaque changement de point de vue, crĂ©ant des effets d’attente qui nous empĂȘche de reposer le roman. On suit en effet la difficultĂ© de Nath Ă  trouver un Ă©quilibre dans sa vie quand Calame y entre de maniĂšre fracassante. Loup solitaire et violent, plongĂ© en plein cƓur d’un monde de gang et de tournois de combat, le voilĂ  en charge d’un petit louveteau traumatisĂ© aux portes de la mort.

Vous en dire plus serait vous gĂącher la lecture de ce roman si atypique et incroyablement bien Ă©crit. Je vous laisse donc ici sur une derniĂšre chose : lisez Meute.

Rencontre avec Morgan Of Glencoe

À l’occasion du SLPJ de Montreuil, j’ai pu revoir l’autrice de la sĂ©rie La DerniĂšre Geste, Morgan Of Glencoe (mon avis ICI) . Nous avons pu Ă©changer un moment sur le troisiĂšme tome que j’ai dĂ©vorĂ© cet automne et sur le Temps du Teuz que je venais de finir quelques semaines auparavant. Suite Ă  cela, elle a acceptĂ© de rĂ©pondre Ă  quelques unes de mes questions, que je vous partage ici ! (Petite surprise en fin d’article 😉 )

Concernant ton univers


  • Pourquoi avoir centrĂ© l’histoire sur la France, le Japon, l’Empire Ottoman et la Grande Bretagne ?

Alors, techniquement, l’intrigue est principalement centrĂ©e sur la France et Keltia, qui n’est pas du tout la Grande Bretagne par contre. (ne dites jamais ça Ă  un Irlandais ou Ă  un Breton vous allez les vexer, hahaha !) la Celtie, dans notre monde Ă  nous, qui se dit donc « Keltia » dans le monde de La DerniĂšre Geste (et un peu dans le nĂŽtre, selon les langues) est l’ensemble des pays considĂ©rĂ©s aujourd’hui comme celtes ou de survivance celtique, Ă  savoir : l’Irlande, la Bretagne, l’Ecosse, le Pays de Galles, l’Ăźle de Man, la Cornouailles… et il y a un petit switch gĂ©ographique pour une question de cohĂ©rence, l’Angleterre n’existe pas, et est remplacĂ©e par Logres, c’est-Ă -dire le royaume du Roi Arthur (bon, qui a existĂ© et est dĂ©cĂ©dĂ© depuis un bail par contre) et la Galice, qui dans notre monde fait partie des pays celtes, ne l’est pas ici parce qu’elle est trop Ă©loignĂ©e des autres et dans le contexte que j’ai placĂ©, ça n’aurait pas fonctionnĂ©. Donc la Grande Bretagne, dans mon univers… n’existe tout simplement pas. Cette longue introduction est nĂ©cessaire, parce que ce qui est en jeu dans La DerniĂšre Geste est prĂ©cisĂ©ment un choc civilisationnel, entre un pays qui est une spĂ©culation (optimiste, disons-le) sur ce que certains peuples Celtes auraient pu devenir s’ils ne s’Ă©taient pas fait dĂ©zinguer par les Romains, (oui, donc, Keltia, quoi) et en face un pays plus proche de notre civilisation occidentale actuelle. Le Japon et le Sultanat Ottoman, bien que reprĂ©sentĂ©s par un nombre assez important de personnages, ne sont pas des lieux de l’action. Ils sont, en revanche, des acteurs politiques d’importance avec lesquels les autres doivent constamment compter, des civilisations Ă  part entiĂšre qui imposent elles aussi leurs conditions, traditions et enjeux au cours de l’intrigue.

  • Pourquoi cette Ă©poque ?

La DerniĂšre Geste se passe dans l’Ă©quivalent trĂšs approximatif de nos annĂ©es 90… sauf qu’elles n’ont rien Ă  voir avec nos annĂ©es 90. L’Ă©cart technologique entre les classes sociales y est trĂšs marquĂ©, et dans une mĂȘme ville, le noble local peut avoir accĂšs Ă  de la VR quand la cousette rĂȘvera d’avoir l’eau courante. Quant Ă  pourquoi… heu. Parce que c’est fun, et que c’Ă©tait une Ă©poque pas/peu explorĂ©e au moment oĂč j’ai commencĂ© l’Ă©criture du tome 1, et que donc ça me faisait marrer d’essayer. J’Ă©tais pas lae seule, apparemment, puisque depuis c’est devenu un peu plus courant de sortir la Fantasy de l’Ă©poque mĂ©diĂ©vale.

  • De quelle nationalitĂ© de l’univers es-tu et pourquoi ?

Bah, mon prĂ©nom c’est Morgan, donc le prĂ©nom le plus universellement celte avec, genre, Ana, et mon pseudo c’est of Glencoe, donc du nom d’une montagne Ă©cossaise, je joue de la harpe celtique, je chante en Breton et j’aime beaucoup trop la littĂ©rature galloise… j’ai vraiment besoin de dire ? XD Plus sĂ©rieusement, c’est ma culture, et en dĂ©pit des apparences elle est sous-reprĂ©sentĂ©e, et souvent mal reprĂ©sentĂ©e, en SFFF. La plupart du temps les gens confondent culture celte et culture scandinave, ce qui n’a rien Ă  voir, et en gĂ©nĂ©ral les gens se contentent de vagues rĂ©fĂ©rences pas toujours cohĂ©rentes ou trĂšs trĂšs dĂ©formĂ©es… Donc, bon. Si je ne joue pas mes cartes pour dĂ©fendre ma culture, c’est pas les autres qui vont le faire pour moi ! 

  • Quel a Ă©tĂ© le personnage qui t’a donnĂ© le plus de fil Ă  retordre ?

Oh, ils font tous n’importe quoi, y’a pas moyen. J’veux dire, mĂȘme le physicien en fauteuil roulant est incontrĂŽlable, alors ! Mais AliĂ©nor est la plus difficile, parce qu’elle calcule absolument tout. AliĂ©nor, c’est le personnage le plus redoutable de LDG, elle est mĂȘme redoutable pour moi. C’est le perso dont chaque mot est pensĂ©, pesĂ©, et si elle se lĂąche c’est toujours en solo dans son coin… 

  • Quel est le personnage dans lequel tu te retrouves le plus ?

Bran.

  • Que peux-tu nous promettre pour la suite ?

Le 4Ăšme chant s’appelle Lys de Guerre donc, heu. Ma rĂ©putation va pas aller s’arrangeant ? Mais au moins la fin sera jouissive. C’est promis.

  • Quelle est la chose que tu prĂ©fĂšres dans ton univers (objet, invention, systĂšme
)

Les harpes en glace. SĂ©rieux, ce serait tellement pratiiiiique ! Bon, mais d’accord, si je pouvais me tĂ©lĂ©porter en chantant, je dirais pas non. Et en vrai le truc dont je suis vraiment fiĂšr c’est le systĂšme social keltien. Mais c’est trop long Ă  expliquer en une interview. Sauf si vous avez 3 mois et beaucoup de neurones Ă  y consacrer XD

  • Quel est le tome qui a Ă©tĂ© le plus facile Ă  Ă©crire/ construire ? Le plus difficile ?

Le plus facile, c’Ă©tait l’HĂ©ritage du Rail. Il a beaucoup stagnĂ© pendant un temps mais c’est uniquement parce que je ne pouvais pas lui donner l’attention qu’il mĂ©ritait : au moment oĂč je la lui ai donnĂ©e, il s’est dĂ©roulĂ© tout seul comme un grand, tout s’agençait exactement comme il fallait, les personnages Ă©taient Ă  fond, bref, un plaisir. Et le plus difficile… Je suis dedans. Lys de Guerre est franchement un Ă©norme pavĂ©, hyper complexe, qui alterne entre guerre, espionnage, tragĂ©dies, rĂ©voltes, destins brisĂ©s et coups du sort, et je ne veux laisser aucun personnage point de vue de cĂŽtĂ© dans ce vaste marasme. Du coup, oui : je galĂšre. Mais genre en bien. Je peux le faire, hein, mais je galĂšre.

De maniÚre plus générale


  • Ranges-tu ta bibliothĂšque d’une maniĂšre particuliĂšre ?

Alors, oui et non. DĂ©jĂ , ce n’est pas ma mais notre, puisque mon mari est aussi grand lecteur que moi, donc ça n’arrange vraaaaiment pas le problĂšme, et ensuite on vient de dĂ©mĂ©nager et ce dĂ©mĂ©nagement Ă©tait Ă  80% constituĂ© de livres et d’instruments de musique. La large majoritĂ© des bouquins est actuellement dans des bibliothĂšques sans ordre prĂ©cis, Ă  quelques exceptions prĂšs : les livres de cuisine de mon mari sont tous au mĂȘme endroit, ainsi que mon « Ă©tagĂšre chouchou » oĂč sont rangĂ©s mes Elfquest, mes (nombreuses) Ă©ditions du Seigneur des Anneaux et quelques autres titres (dont Un Ă©clat de Givre et Un reflet de Lune d’Estelle Faye). Sinon, il y a aussi une bibliothĂšque (le meuble, question taille imaginez la Billy Ikea Ă  peu prĂšs) qui est en fait la PAL de mon mari. Si je prends un livre dedans, je le remets au mĂȘme endroit du coup, pour pas qu’il soit perdu dans sa PAL. 

  • As-tu des rituels ?

Oui, et il y en a au moins un ici que je peux dĂ©voiler mĂȘme s’il n’est pas trop en rapport avec la littĂ©rature… tous les matins, de 9h Ă  10h30, je joue de la harpe. Je m’Ă©chauffe, ensuite je travaille les morceaux en cours et ensuite je fais de l’entretien de rĂ©pertoire, en buvant du thĂ©. Bon ça c’est trĂšs normal pour une musicienne pro. Par contre, je le fais sur Twitch, et ça c’est moins normal. Si vous voulez venir partager mon rituel matinal, c’est du lundi au vendredi, et c’est lĂ  : https://www.twitch.tv/morgan_ofglencoe

  • Quels/quelles auteurs/ autrices ou livres t’inspirent le plus ?

Dans les lointains, Wendy et Richard Pini, TaliesÏn et Laini Taylor.Dans les proches, mes amies Estelle Faye, Lionel Davoust, Xavier Dollo et Floriane Soulas. (et autant par leur amitié que par leur rapport à la création que par leurs oeuvres. Je vous kiffe, les copaines.)

  • Quel livre aurais-tu voulu avoir Ă©crit ?

Aucun. Si c’est une autre personne qui l’a Ă©crit, c’est pas moi, donc c’Ă©tait pas Ă  moi de raconter cette histoire-lĂ . Moi, j’Ă©cris les livres qui me manquent, pas ceux que j’ai dĂ©jĂ  sous la main ! 

Un petit mot pour la fin ?

Voui ! Je voudrais dire ceci Ă  toutes les apprenties-plumes : tout texte est une victoire. MĂȘme s’il est mal Ă©crit, bancal, pas fini, avec des fautes d’orthographe et de grammaire partout, on s’en fiche. L’acte d’Ă©crire est votre premiĂšre victoire. Ce n’est pas la derniĂšre, ce n’est pas celle qui vous consacrera aux yeux du monde, ce n’est pas celle qui vous ouvrira les portes d’un Ă©diteur, peut-ĂȘtre, c’est vrai. Mais sans elle, sans cette premiĂšre victoire qui s’appelle « Ă©crire », aucune des autres ne viendra jamais.

À l’occasion de cette rencontre, les Ă©ditions ActuSF ont trĂšs gentiment acceptĂ© de nous gĂąter et de vous offrir la possibilitĂ© de gagner un exemplaire du premier tome (ou de la suite si vous l’avez dĂ©jĂ ) ! Rendez-vous sur mon compte Instagram pour participer !

Les Tisseurs de rĂȘves, Manon Fargetton

« Tu vois ? La musique est vivante ! Il faut l’aider Ă  dĂ©ployer ses ailes, pas l’enfermer dans une prison trop Ă©troite ! »

Manel est une Tisseur de rĂȘves.

Grùce à son violon, elle modifie la réalité.

Mais son pouvoir suffira-t-il Ă  repousser les cauchemars qui dĂ©ferlent sur l’Ă©cole ?


Aujourd’hui j’avais envie de vous parler d’un trĂšs sympathique roman fantastique jeunesse Ă©crit par Manon Fargetton, que je connais principalement pour ses romans Fantasy adulte.

Nous suivons dans ce premier tome, Manel, petite fille violoniste et perfectionniste qui, accompagnĂ©e de ses amis, doit lutter contre les cauchemars qui s’abattent sur son Ă©cole. Manel est un personnage trĂšs attachant, une petite fille qui subit une grande pression, ce qui permet un aperçu d’une relation intrafamiliale assez rare en littĂ©rature jeunesse mais trĂšs juste et rĂ©aliste, que j’ai trouvĂ©e trĂšs bien exploitĂ©e. C’est un roman court, que j’ai dĂ©vorĂ© avec beaucoup de joie, captivĂ© par les aventures rocambolesques de ce quatuor d’amis. Les diffĂ©rents pouvoirs sont originaux et correspondent aux personnalitĂ©s de chaque personnage.

Donc si vous cherchez une lecture jeunesse sympathique Ă  lire d’une traite, ce livre est fait pour vous !

Le chant des GĂ©ants, David Bry

« La magie, c’est parler Ă  l’oreille de gĂ©ants endormis. »

Entrez, entrez.
Asseyez-vous, n’ayez pas peur. Il reste de la place, lĂ , au fond, prĂšs de la cheminĂ©e.
Oui. C’est bien. TrĂšs bien. Commandez des biĂšres, des pommes braisĂ©es, ce que vous voudrez, mais faites vite. Vous autres, dans la paille, rapprochez-vous, calez-vous
contre les murs, les tonneaux, les pieds des tables.
Voilà

Le feu ronfle, les bûches craquent. La nuit est tombée. Les marmites sont vidées.
Laissez-vous aller. Fermez les yeux. Juste un peu.
Et Ă©coutez-moi.
Je vais vous raconter une histoire.
Celle de notre Ăźle d’Oestant oĂč dorment trois gĂ©ants : Baile, aux rĂȘves de mort et de musique, Leborcham, mĂšre du brouillard, des collines et des plaines, et enfin le puissant Fraech aux songes de gloire et de batailles.
Je vais vous parler de guerres, d’amour et de trahisons, de cris, de sang et de larmes.
Je vais vous parler de grands espoirs, de ce qui est vain. De ce qui meurt.
Alors, fermez les yeux.
Laissez-vous aller.
VoilĂ .
Mon histoire commence sur la lande, en bord de mer, dans le chĂąteau de l’Ă©trange roi Lothar.


Sans doute le roman que j’attendais le plus cette annĂ©e. J’ai Ă©tĂ© intriguĂ©e par les quelques lignes que David Bry a semĂ©es sur ses rĂ©seaux sociaux durant l’Ă©criture et le travail Ă©ditorial des Ă©ditions HSN a achevĂ© de me convaincre avec sa couverture magnifique. SitĂŽt achetĂ©, sitĂŽt lu (ou presque). Et comme chaque roman de David Bry, il a Ă©tĂ© un coup de cƓur.

Comme toujours, l’Ă©criture de l’auteur a pour moi cet effet magique de me porter dans son univers tragique, poĂ©tique oĂč les personnages font face Ă  leur destin, l’Ă©pĂ©e au clair. Ici ce sont deux frĂšres qui s’affrontent selon les rĂȘves des GĂ©ants, sous la menace de la brumenuit qui engloutit peu Ă  peu leur monde. Une lutte sanguinaire, Ă©pique, tragique qui emprunte tout aussi bien Ă  la tragĂ©die antique qu’Ă  la littĂ©rature mĂ©diĂ©vale. Des personnages hantĂ©s, empreints de doutes et de remords, des personnages humains et lĂ©gendaires, dont on racontera l’histoire jusqu’Ă  la fin des temps.
Je ne saurais vous en dire plus de peur de vous gĂącher l’incroyable conte qu’est ce roman. Je vais donc m’arrĂȘter sur ces quelques lignes et vous dire une derniĂšre chose : lisez-le. Et Ă  l’auteur : merci pour ce nouveau coup au cƓur.

Mes recommandations d’automne

L’an dernier, je vous ai fait une petite story sur Instagram avec mes recommandations d’hiver et je me suis dis que j’allais refaire l’expĂ©rience mais avec un post sur le blog un peu plus dĂ©taillĂ© !

  • Fingus Malister, Ariel Holzl (Rageot)

« PrĂ©parez votre soupe ! Trouvez 120g de de sĂšve de mandragore, 80g d’or des fous. MĂ©langez-les dans un bocal Ă  Ă©lixir, faites mijoter une journĂ©e Ă  feu follet. RĂ©pandez-la sur tout cadavre frais, il reviendra Ă  la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification sera accompli ! »

Apprenti seigneur malĂ©fique, Fingus Malister sait comment Ă©blouir les jurĂ©s de sa future acadĂ©mie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorciĂšre plus tĂȘtue que lui


Le premier qui me vient en tĂȘte est donc Fingus Malister ! PremiĂšrement pour sa couverture parfaite pour la saison mais aussi pour l’atmosphĂšre spooky et automnal que dĂ©gage l’histoire et l’univers. Je trouve Ă©galement que l’humour dĂ©calĂ© et le caractĂšre bien particulier de Fingus colle bien Ă  cette ambiance.

Les + :

  • Des personnages attachants
  • Une intrigue rocambolesque
  • Un univers dĂ©calĂ© et drĂŽle

  • Les Ă©nigmes de l’aube, Thomas C. Durand ( ActuSF)

« Bonjour, c’est ici pour apprendre la magie ? »

Anyelle a un don. Un sacrĂ© don mĂȘme ! Elle peut renforcer la magie de ceux qu’elle touche. Mais pour maĂźtriser cette aptitude et apprendre, elle doit quitter la forĂȘt qui l’a vue naĂźtre… La voilĂ  en route, joyeuse, insouciante et un peu maladroite pour une Ă©cole prestigieuse de magie… qui n’aime malheureusement pour elle, ni les filles ni les pauvres…

Avec ce premier roman d’une sĂ©rie hilarante, Thomas C. Durand, cofondateur de la chaĂźne YouTube La Tronche en biais, nous offre un rĂ©cit de fantasy humoristique de haute volĂ©e et une hĂ©roĂŻne trĂšs attachante.

A nouveau, la couverture du roman est parfaite pour la saison avec ses magnifiques couleurs orangĂ©es. C’est Ă©galement un trĂšs bon roman de Fantasy jeunesse avec une petite Anyelle pleine de vie et trĂšs curieuse que l’on suit Ă  travers son apprentissage de la magie dans une Ă©cole qui ne voit pas d’un bon Ɠil son arrivĂ©e.

Les + :

  • Des thĂ©matiques importantes abordĂ©es et bien exploitĂ©es
  • Une bonne dose d’humour
  • Un univers original et bien construit
  • La DerniĂšre Geste, Morgan Of Glencoe (ActuSF)

Depuis des siÚcles, les humains traitent les fées, dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.

Lorsque la princesse Yuri reçoit une lettre de son pĂšre lui enjoignant de quitter le Japon pour le rejoindre, elle s’empresse d’obĂ©ir. Mais Ă  son arrivĂ©e, elle dĂ©couvre avec stupeur qu’elle a Ă©tĂ© promise Ă  l’hĂ©ritier du trĂŽne de France ! DĂšs lors, sa vie semble toute tracĂ©e
 jusqu’à ce qu’une femme lui propose un choix : rester et devenir ce que la sociĂ©tĂ© attend d’elle ou partir avec cette seule promesse : « on vous trouvera, et on vous aidera. »

Et si ce « on » était la derniÚre personne que Yuri pouvait imaginer ? »

Un monde steampunk mĂȘlĂ© de lĂ©gendes et de magie, la DerniĂšre Geste est un roman Ă©pique aux multiples thĂ©matiques avec une plume envoĂ»tante.

Les + :

  • Une intrigue captivante
  • Un monde diversifiĂ© et complexe
  • De nombreuses thĂ©matiques intĂ©ressantes
  • Cassidy Blake, V.E. Schwab (Lumen)

Cassidy, accompagnĂ©e de son meilleur ami Jacob, fantĂŽme de son Ă©tat, a quittĂ© Édimbourg pour se rendre sur le prochain lieu de tournage de l’émission tĂ©lĂ©visĂ©e de ses parents : Paris ! Entre deux dĂ©gustations de viennoiseries au chocolat et de dĂ©licieux macarons, la jeune fille visite les lieux les plus emblĂ©matiques de la capitale française. Et surtout, bien sĂ»r, les plus inquiĂ©tants – Ă  commencer par les catacombes ! Le gigantesque cimetiĂšre souterrain, qui serpente sous les rues et les parcs de la ville, abrite des milliers d’ossements (rien que ça !) et presque autant d’ñmes errantes.

Mais voilĂ  qu’aprĂšs ĂȘtre remontĂ©e des profondeurs de ce macabre sanctuaire, la jeune chasseuse de fantĂŽmes Ă©prouve la dĂ©sagrĂ©able impression d’ĂȘtre suivie. Et que penser des accidents de plus en plus frĂ©quents qui mettent Paris sens dessus dessous ? Tout porte Ă  croire que Cassidy a rĂ©veillĂ© un puissant esprit frappeur qui prend un malin plaisir Ă  semer le dĂ©sordre dans le monde des vivants.

L’adolescente et ses amis sauront-ils arrĂȘter ce spectre perturbateur avant qu’il ne sĂšme le chaos dans toute la capitale ? Victoria Schwab poursuit avec brio la sĂ©rie jeunesse Cassidy Blake et s’amuse Ă  nous faire peur en nous entraĂźnant dans les mystĂ©rieux souterrains nichĂ©s sous les pavĂ©s parisiens. Oserez-vous franchir les portes de l’empire de la Mort ?

Une belle histoire jeunesse de fantĂŽmes et de villes hantĂ©es comme on les aime ! Ce roman signĂ© V.E. Schwab est parfait pour une pĂ©riode d’automne et pour Halloween.

Les + :

  • Une dĂ©couverte des villes les plus hantĂ©es du monde
  • Des personnages attachants
  • Une mythologie rĂ©inventĂ©e
  • The Near Witch, V.E. Schwab

The Near Witch is only an old story told to frighten children.

If the wind calls at night, you must not listen. The wind is lonely, and always looking for company.

And there are no strangers in the town of Near.

These are the truths that Lexi has heard all her life.

But when an actual stranger—a boy who seems to fade like smoke—appears outside her home on the moor at night, she knows that at least one of these sayings is no longer true.

The next night, the children of Near start disappearing from their beds, and the mysterious boy falls under suspicion. Still, he insists on helping Lexi search for them. Something tells her she can trust him.

As the hunt for the children intensifies, so does Lexi’s need to know—about the witch that just might be more than a bedtime story, about the wind that seems to speak through the walls at night, and about the history of this nameless boy.

Roman anglais cette fois mais toujours signé V.E. Schwab, on entre dans un monde de légendes et de magie que je trouve parfait pour Halloween.

Les + :

  • Des personnages trĂšs complexes
  • Une histoire de sorciĂšre
  • Une ambiance magique et brumeuse

TAG de l’automne

Aujourd’hui je reviens en post aprĂšs un moment d’absence Ă  cause de mes cours. Et quel meilleur moyen qu’en piquant le nouveau petit TAG d’Enora ! Donc on enfile veste et Ă©charpe et c’est parti pour un TAG spĂ©cial Automne !

🧡 Fall, Fall, falling in love : une romance pour l’automne 🧡

  • PremiĂšre question difficile… Je pense que je pencherai pour PS : Tu me manques de Brigid Kemmerer

🍁 Freaky Freaky Book : un roman bizarre 🍁

  • Je vais prendre le terme bizarre dans le sens Ă©tonnant, original et choisir L’Ă©veil des chimĂšres d’Eric Hamon !

đŸ”„ Red trees as fire : un roman pour allumer un feu (dĂ©ception) đŸ”„

  • Le Dernier Souffle, Fiona McIntoch

đŸ–€ Spooky, Spooky day : un roman noir đŸ–€

  • Je vais cette fois opter pour de la Dark Fantasy parce que je ne lis pas de roman noir Ă  proprement parlĂ© et partir sur L‘Ange de la Nuit de Brent Weeks

🍂 Lightning in the dark : le roman doudou, Ă©tincelle dans la nuit 🍂

  • Dur dur de choisir ! Mais Ă©tant donnĂ© que je suis en plein dedans, je vais dire L’Assassin Royal de Robin Hobb ♄

🩊 Orange, Brown, and Yellow : un roman qui sent bon l’automne 🩊

  • Fingus Malister d’Ariel Holzl !

đŸ‘» Pretty story, Ghost story : un roman Ă  lire Ă  Halloween đŸ‘»

  • La Princesse au visage de Nuit de David Bry (absolument incroyable ce roman)

🎃 Creature, where is my creature ? : Un roman avec des Monstres / crĂ©atures 🎃

  • Panique dans la Mythologie de Fabien Clavel

🍄 Hurry, Hurry, before winter : un roman que tu veux lire cet automne🍄

  • Le Peuple des rennes de Robin Hobb

VoilĂ  voilĂ  ! Je tag toute personne qui souhaite le faire, en n’oubliant pas de mentionner Enora !

Royaume de Vent et de ColĂšres, Jean-Laurent Del Socorro

« Le consul est bientĂŽt Ă©chec et mat. Il est trop tard maintenant pour changer le cours de la partie. Toi, moi, Casaulx : nous avons tous Ă©tĂ© manipulĂ©s depuis le dĂ©but de cette histoire.

Mais bourreau, sais-tu ce qui me diffĂ©rencie du consul ? Il n’est qu’un fou condamnĂ© Ă  rebondir en vain sur les bords du plateau jusqu’Ă  ce qu’une piĂšce adverse l’Ă©limine. Je ne suis qu’un simple pion sacrifiable – mais qui pourrait un jour devenir une reine s’il parvenait Ă  atteindre le bord adverse de l’Ă©chiquier. »

En 1596, deux ans avant l’Ă©dit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose Ă  Henri IV, l’ancien protestant. Une rĂ©bellion, une indĂ©pendance que ne peut tolĂ©rer le roi.

 

À La Roue de Fortune se croisent des passĂ©s que l’on cherche Ă  fuir et des avenirs incertains : un chevalier usĂ© et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie Ă  un mĂ©tier sans arme.

Les pions sont en place.

Le mistral se lĂšve.

 

La piĂšce peut commencer.


Je suis tombĂ©e sous le charme de la plume de Jean-Laurent Del Socorro grĂące Ă  la lecture de Boudicca. Alors quand les Ă©ditions ActuSF m’ont de nouveau proposĂ© cet auteur, je n’ai pas hĂ©sitĂ©. Et encore une fois, je les remercie car cela a Ă©tĂ© une trĂšs belle dĂ©couverte.

 

L’auteur semble avoir un penchant prononcĂ© pour la Fantasy historique car, cette fois, nous sommes plongĂ©s en pleine guerre de Religion, 1596, Ă  Marseille. Cette histoire croise et entrecroise les destins de cinq personnages principaux dont dĂ©pend le sort de la ville, qui subit les assauts du roi Henri IV.

J’ai beaucoup aimĂ© la maniĂšre dont la narration est construite, des points de vue diffĂ©rents par chapitre qui se rĂ©pondent. J’ai particuliĂšrement aimĂ© le fait que le style changeait en fonction du point de vue, notamment celui de Silas, ce que je trouve vraiment ingĂ©nieux.

J’ai Ă©tĂ© totalement happĂ©e par le rĂ©cit des personnages et de leur destin qui se jouent sous nos yeux captivĂ©s. La plume poĂ©tique de l’auteur m’a embarquĂ© dans cette guerre politique et religieuse que je ne connaissais pratiquement pas, mĂȘlĂ©e Ă  une touche de magie et bien sĂ»r, de l’humour. De nombreuses thĂ©matiques sont Ă©galement abordĂ©es, comme la maternitĂ©, la vieillesse, l’homosexualitĂ©… Le tout avec justesse et talent.

L’histoire, mĂȘlant le prĂ©sent et le passĂ© des personnages, est passionnante, j’ai vraiment Ă©tĂ© prise d’affection pour eux et je les ai suivi avec grand plaisir et curiositĂ©.

 

Pour conclure, ce fut une trĂšs belle et captivante lecture et je vais me laisser tenter sans hĂ©sitation par le roman dans le mĂȘme univers : Du roi je serai l’assassin.