Les Tisseurs de rêves, Manon Fargetton

« Tu vois ? La musique est vivante ! Il faut l’aider à déployer ses ailes, pas l’enfermer dans une prison trop étroite ! »

Manel est une Tisseur de rêves.

Grâce à son violon, elle modifie la réalité.

Mais son pouvoir suffira-t-il à repousser les cauchemars qui déferlent sur l’école ?


Aujourd’hui j’avais envie de vous parler d’un très sympathique roman fantastique jeunesse écrit par Manon Fargetton, que je connais principalement pour ses romans Fantasy adulte.

Nous suivons dans ce premier tome, Manel, petite fille violoniste et perfectionniste qui, accompagnée de ses amis, doit lutter contre les cauchemars qui s’abattent sur son école. Manel est un personnage très attachant, une petite fille qui subit une grande pression, ce qui permet un aperçu d’une relation intrafamiliale assez rare en littérature jeunesse mais très juste et réaliste, que j’ai trouvée très bien exploitée. C’est un roman court, que j’ai dévoré avec beaucoup de joie, captivé par les aventures rocambolesques de ce quatuor d’amis. Les différents pouvoirs sont originaux et correspondent aux personnalités de chaque personnage.

Donc si vous cherchez une lecture jeunesse sympathique à lire d’une traite, ce livre est fait pour vous !

Le chant des Géants, David Bry

« La magie, c’est parler à l’oreille de géants endormis. »

Entrez, entrez.
Asseyez-vous, n’ayez pas peur. Il reste de la place, là, au fond, près de la cheminée.
Oui. C’est bien. Très bien. Commandez des bières, des pommes braisées, ce que vous voudrez, mais faites vite. Vous autres, dans la paille, rapprochez-vous, calez-vous
contre les murs, les tonneaux, les pieds des tables.
Voilà…
Le feu ronfle, les bûches craquent. La nuit est tombée. Les marmites sont vidées.
Laissez-vous aller. Fermez les yeux. Juste un peu.
Et écoutez-moi.
Je vais vous raconter une histoire.
Celle de notre île d’Oestant où dorment trois géants : Baile, aux rêves de mort et de musique, Leborcham, mère du brouillard, des collines et des plaines, et enfin le puissant Fraech aux songes de gloire et de batailles.
Je vais vous parler de guerres, d’amour et de trahisons, de cris, de sang et de larmes.
Je vais vous parler de grands espoirs, de ce qui est vain. De ce qui meurt.
Alors, fermez les yeux.
Laissez-vous aller.
Voilà.
Mon histoire commence sur la lande, en bord de mer, dans le château de l’étrange roi Lothar.


Sans doute le roman que j’attendais le plus cette année. J’ai été intriguée par les quelques lignes que David Bry a semées sur ses réseaux sociaux durant l’écriture et le travail éditorial des éditions HSN a achevé de me convaincre avec sa couverture magnifique. Sitôt acheté, sitôt lu (ou presque). Et comme chaque roman de David Bry, il a été un coup de cœur.

Comme toujours, l’écriture de l’auteur a pour moi cet effet magique de me porter dans son univers tragique, poétique où les personnages font face à leur destin, l’épée au clair. Ici ce sont deux frères qui s’affrontent selon les rêves des Géants, sous la menace de la brumenuit qui engloutit peu à peu leur monde. Une lutte sanguinaire, épique, tragique qui emprunte tout aussi bien à la tragédie antique qu’à la littérature médiévale. Des personnages hantés, empreints de doutes et de remords, des personnages humains et légendaires, dont on racontera l’histoire jusqu’à la fin des temps.
Je ne saurais vous en dire plus de peur de vous gâcher l’incroyable conte qu’est ce roman. Je vais donc m’arrêter sur ces quelques lignes et vous dire une dernière chose : lisez-le. Et à l’auteur : merci pour ce nouveau coup au cœur.

Royaume de Vent et de Colères, Jean-Laurent Del Socorro

« Le consul est bientôt échec et mat. Il est trop tard maintenant pour changer le cours de la partie. Toi, moi, Casaulx : nous avons tous été manipulés depuis le début de cette histoire.

Mais bourreau, sais-tu ce qui me différencie du consul ? Il n’est qu’un fou condamné à rebondir en vain sur les bords du plateau jusqu’à ce qu’une pièce adverse l’élimine. Je ne suis qu’un simple pion sacrifiable – mais qui pourrait un jour devenir une reine s’il parvenait à atteindre le bord adverse de l’échiquier. »

En 1596, deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi.

 

À La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme.

Les pions sont en place.

Le mistral se lève.

 

La pièce peut commencer.


Je suis tombée sous le charme de la plume de Jean-Laurent Del Socorro grâce à la lecture de Boudicca. Alors quand les éditions ActuSF m’ont de nouveau proposé cet auteur, je n’ai pas hésité. Et encore une fois, je les remercie car cela a été une très belle découverte.

 

L’auteur semble avoir un penchant prononcé pour la Fantasy historique car, cette fois, nous sommes plongés en pleine guerre de Religion, 1596, à Marseille. Cette histoire croise et entrecroise les destins de cinq personnages principaux dont dépend le sort de la ville, qui subit les assauts du roi Henri IV.

J’ai beaucoup aimé la manière dont la narration est construite, des points de vue différents par chapitre qui se répondent. J’ai particulièrement aimé le fait que le style changeait en fonction du point de vue, notamment celui de Silas, ce que je trouve vraiment ingénieux.

J’ai été totalement happée par le récit des personnages et de leur destin qui se jouent sous nos yeux captivés. La plume poétique de l’auteur m’a embarqué dans cette guerre politique et religieuse que je ne connaissais pratiquement pas, mêlée à une touche de magie et bien sûr, de l’humour. De nombreuses thématiques sont également abordées, comme la maternité, la vieillesse, l’homosexualité… Le tout avec justesse et talent.

L’histoire, mêlant le présent et le passé des personnages, est passionnante, j’ai vraiment été prise d’affection pour eux et je les ai suivi avec grand plaisir et curiosité.

 

Pour conclure, ce fut une très belle et captivante lecture et je vais me laisser tenter sans hésitation par le roman dans le même univers : Du roi je serai l’assassin.

Opération Pantalon, Cat Clarke

« On devrait être libres de porter les habits qui expriment qui nous sommes. »

L’uniforme, oui ! La jupe, non ! Liberté, égalité, pantalon !

 

Liv (ne l’appelez pas Olivia, il déteste ça) sait depuis toujours qu’il est un garçon et non une fille, mais le règlement très strict de son collège en matière d’uniforme lui interdit de porter un pantalon. Il lui faudra donc porter des jupes.

 

Commence alors l’Opération Pantalon. La seule manière pour Liv d’obtenir ce qu’il veut, c’est de mener la bataille lui-même. Et il ne compte pas seulement changer les règles : il veut changer sa vie, un combat loin d’être gagné d’avance !


J’ai toujours beaucoup aimé les romans YA de Cat Clarke. Je les trouve captivants, le traitement psychologique des personnages est incroyable et j’aime énormément sa plume. Alors quand la Collection R a publié son roman jeunesse, il m’a tout de suite tenté.

Ce roman a beau avoir été publié dans une catégorie jeunesse, je l’ai trouvé tout aussi mature et réfléchie que les autres romans YA de l’autrice, même si bien moins sombre que les précédents. Cette histoire traite d’un sujet très important, le transgenre, dont je n’ai que très peu de savoirs à ce sujet. Je ne peux donc pas me permettre de dire si l’autrice traite bien ou non ce sujet mais je peux vous dire en tout cas que je me suis attachée au personnage de Liv ainsi que celui de Jacob, son nouvel ami, ou encore Enzo, le petit frère de Liv.

Son combat contre l’obligation du port de la jupe pour les filles peut paraître au premier abord un peu puéril, comme beaucoup de personnages peuvent le penser, mais la manière dont cela lui tient à cœur, ce que cela soulève comme problème dans notre société s’avère finalement très important.

J’ai également beaucoup aimé la relation qu’entretient Liv avec ses deux mamans et son petit frère. C’est un lien fort, c’est une belle famille pleine d’amour et de soutien.

Pour conclure, ce fut une très belle découverte, un roman qui explore des sujets très importants avec bienveillance et une volonté d’ouvrir les yeux sur des problématiques de société.

Temps Mort, Ariel Holzl

« J’ai passé l’été de mes dix-sept ans à mourir. Plus exactement à me faire tuer. »

Un roman fantastique de haute volée qui vous plonge dans les ténèbres de la ville lumière.

 

Sur les traces de son grand-oncle Théobald, Léo, 17 ans, bascule dans une fontaine des catacombes et se retrouve projeté dans une réplique négative de Paris. Auréolé d’un soleil noir, le Périmonde est un territoire où le temps n’a pas de prise et où règnent des clans aux pouvoirs puissants. Léo n’a d’autre choix que de les affronter lors de la Chasse Sauvage, une course contre la montre où tous les coups sont permis. Heureusement, l’énigmatique Alma est là pour l’aider… mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

Encore une sortie d’Ariel Holzl que je ne pouvais pas rater, je me suis plongée dans Temps Mort avec grande joie et impatience !

Sans surprise aucune, c’est une lecture que j’ai beaucoup aimée, que ce soit pour son intrigue, son univers, ses personnages et même la plume toujours aussi drôle et innovante de l’auteur. Rien que la première page envoie du lourd avec une narration à la fois drôle et intrigante. Léo est un personnage attachant, que l’on suit avec plaisir dans ses aventures au cœur de Périmonde. J’ai beaucoup aimé sa personnalité et son histoire. Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants, notamment Alma que j’ai apprécié.

L’univers est fascinant, j’ai aimé ce concept de monde en dehors du temps et peuplé d’êtres nous protégeant des abîmes, tout comme l’idée de maisons aux pouvoirs particuliers.

Dernier petit plus à cette histoire : la présence des langues anciennes !! En tant que Lettres Classiques, j’ai été heureuse de découvrir du latin et du grec ancien dans ce roman (et justement exploitée en plus !).

Pour conclure, c’est encore une très belle lecture passée en compagnie de la plume d’Ariel Holzl et de ses personnages si particuliers. Je recommande encore et toujours !

Bouddica, Jean Laurent Del Socorro

« Je préfère encore ma folie qui nous rêve la tête haute à ta raisonnable soumission qui nous courbe l’échine « 

Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ?

À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

Après Royaume de vent et de colères, premier roman très remarqué qui a reçu le prix Elbakin.net 2015, Jean-Laurent Del Socorro fait son retour avec une héroïne symbole d’insoumission…

Bouddica, parfois connue sous le nom de Bodiacé, est la reine des Icènes à l’époque de l’empereur romain Claude. Dans ce roman, on découvre cette femme depuis sa jeunesse, partant de fille du roi Antédios et des deux Andrastes à Reine des Icènes, grande et insoumise. On la suit à travers son combat contre les Aigles, à savoir les Romains, pour la liberté de son peuple.

J’ai énormément apprécié ce beau personnage qu’est Boudicca. C’est une femme valeureuse, qui impose le respect de par sa simple présence. Elle a de la prestance et intimide un peu, une figure héroïque dans toute sa splendeur. Mais plus que cela également : c’est une guerrière, une princesse, une épouse, une mère, une reine… Elle représente à elle seule plusieurs facettes de la femme, ne se cantonnant pas à une seule image fixe et c’est ce que j’ai beaucoup apprécié chez elle. Mais ce que j’admire le plus, c’est son courage, sa force et sa fierté : la femme celte qui n’a pas courbé l’échine face aux Aigles. La femme qui a relevé la tête et son bouclier, qui s’est affirmée et qui a défendu ses terres et son peuple quand tout le monde se soumettait peu à peu à l’hégémonie romaine.

La plume de l’auteur crée une ambiance qui navigue entre Histoire et mythe. C’est fluide, c’est mystique, poétique… J’ai été captivée tout du long. En tant qu’étudiante en Lettres Classiques, cela m’a fait énormément plaisir de retrouver cette époque et de découvrir une figure que je ne connaissais alors que de nom.

J’ai trouvé le récit assez court étant donné le fait que l’on retrace toute sa vie, j’aurais voulu en savoir plus. Mais finalement, l’auteur construit tellement bien sa narration que cela m’a semblé juste. Il y avait tout ce qu’il fallait, ni plus ni moins. La conclusion est magnifique quoiqu’un peu triste.

En conclusion, j’ai adoré découvrir l’histoire de Bouddica, grande reine des Icènes. Si vous ne la connaissez pas encore, c’est le moment.

Rouille, Floriane Soulas

« Elle n’avait rien à faire ici, tout son corps le lui hurlait. Chaque jour, chaque caresse des hommes, chaque sourire d’envie qu’on lui adressait la révoltait. Sa place n’était pas dans un bordel. »

Paris, 1897. Les plus grandes puissances européennes se sont lancées à l’assaut de la Lune et de nouveaux matériaux découverts sur le satellite envahissent peu à peu la Terre. Ces grandes avancées scientifiques révolutionnent l’industrie et la médecine, mais pas pour tout le monde. Et dans les faubourgs, loin de l’hyper-centre protégé par le dôme sous lequel vivent les puissants, le petit peuple de Paris survit tant bien que mal. Violante est une prostituée sans mémoire, ignorant jusqu’à son âge réel. Dans un monde où son désir de vérité passe après celui de ses clients et de ses patrons, la jeune fille tente de retrouver la trace de ses origines perdues. Alors qu’une vague de meurtres particulièrement horribles ensanglante la capitale, Satine, son amie et seul soutien, disparaît dans d’étranges circonstances. Violante, elle, se voit offrir une porte de sortie à ce demi-monde violent qui la retient prisonnière, mais décide malgré tout de prendre part aux investigations.

J’ai entendu beaucoup de bien des écrits de Floriane Soulas sans jamais avoir pris le temps de découvrir sa plume. En voyant Rouille dans les rayons le mois dernier, je me suis dit pourquoi pas maintenant.

Je tiens tout d’abord à prévenir que Rouille est un livre sombre et rude. Plongé au cœur de la misère de Paris, on suit Violante, une jeune fille prostituée et amnésique qui voit sa meilleure amie disparaître horriblement. L’univers est cruel, l’intrigue nous embarque dans les pires atrocités dont est capable l’être humain. On nous présente des personnages aussi corrompus les uns que les autres. Personne n’est innocent dans cette histoire. Et c’est ce que j’ai préféré. J’ai énormément apprécié la manière dont l’autrice crée des nuances au sein de l’obscurité humaine, au point où l’on s’attache même parfois à certains personnages que l’on aurait méprisés autrement. Tout cela est abordé au moyen de nombreuses thématiques : drogues, prostitutions, expériences scientifiques, gangs, différence de classe sociale… Le tout permet de dresser différents portraits tous aussi intéressants les uns que les autres.

J’ai aimé le personnage de Violante, jeune fille ayant grandi bien trop vite. Elle nous change des héroïnes adolescentes que l’on peut généralement trouver dans un roman. Elle est animée par la colère et la détermination et navigue entre deux personnalités pour tenter de survivre et découvrir qui elle est réellement. J’ai trouvé sa quête d’identité intéressante, la manière dont elle est abordée mais surtout la manière dont elle se termine. J’aurais aimé un peu plus d’approfondissement de ce côté mais l’intrigue principale étant déjà bien complexe, cela aurait sans doute été un peu trop.

Petite mention spéciale pour l’ambiance steampunk que j’ai beaucoup aimée et que j’ai trouvé bien exploité ainsi que le personnage de Jules auquel je me suis attachée.

Pour conclure, ce fut une très bonne lecture, qui m’a glacé et captivé, avec des personnages intéressants et nuancés, nous offrant un tableau noir et rude de la survie.

Cassidy Blake, tome 2 : Plongée dans les Catacombes, V.E. Schwab

« Appeler les Tuileries un jardin, c’est comme appeler Poudlard une école. Techniquement, les termes sont corrects, mais ils ne leur rendent pas du tout justice. »

Cassidy, accompagnée de son meilleur ami Jacob, fantôme de son état, a quitté Édimbourg pour se rendre sur le prochain lieu de tournage de l’émission télévisée de ses parents : Paris ! Entre deux dégustations de viennoiseries au chocolat et de délicieux macarons, la jeune fille visite les lieux les plus emblématiques de la capitale française. Et surtout, bien sûr, les plus inquiétants – à commencer par les catacombes ! Le gigantesque cimetière souterrain, qui serpente sous les rues et les parcs de la ville, abrite des milliers d’ossements (rien que ça !) et presque autant d’âmes errantes.

Mais voilà qu’après être remontée des profondeurs de ce macabre sanctuaire, la jeune chasseuse de fantômes éprouve la désagréable impression d’être suivie. Et que penser des accidents de plus en plus fréquents qui mettent Paris sens dessus dessous ? Tout porte à croire que Cassidy a réveillé un puissant esprit frappeur qui prend un malin plaisir à semer le désordre dans le monde des vivants.

L’adolescente et ses amis sauront-ils arrêter ce spectre perturbateur avant qu’il ne sème le chaos dans toute la capitale ? Victoria Schwab poursuit avec brio la série jeunesse Cassidy Blake et s’amuse à nous faire peur en nous entraînant dans les mystérieux souterrains nichés sous les pavés parisiens. Oserez-vous franchir les portes de l’empire de la Mort ?

Je ne m’arrête jamais avec les romans de V.E. Schwab ! Je la présente comme l’une des autrices favorites et je lis assez souvent ses livres. Cette fois, je vais vous parler du tome deux de Cassidy Blake.

Cassidy est une petite fille au premier abord tout à fait normale. Elle a néanmoins la particularité d’avoir frôlé la mort et depuis, de pouvoir traverser ce qu’elle nomme le Voile, sorte de rideau entre notre monde et celui des fantômes. Elle a d’ailleurs pour meilleur ami, Jacob, le fantôme qui lui a sauvé la vie. Tous deux se retrouvent embarqués par les aventures des parents de Cassidy, qui voyagent à travers le monde pour visiter les villes les plus hantées dans le cadre d’une émission tv. Dans ce tome, les voici au cœur de Paris et notamment de ses catacombes où Cassidy va par erreur réveiller un esprit frapper, causant quelques dégâts…

J’ai beaucoup aimé déambuler dans cette ville que je connais bien. Le roman nous offre une belle visite guidée des lieux hantés de Paris. C’est également l’occasion d’en apprendre plus sur le passé de Jacob, véritable mystère depuis le début. Le côté jeunesse est rafraîchissant, cela m’a permis d’avoir un temps de lecture léger et agréable avec pourtant une intrigue et un contexte complexe et bien mené.

En bref, un nouveau coup de cœur Schwab et une furieuse envie de lire le troisième tome !

La Vie Invisible d’Addie Larue, V.E. Schwab

« Les anciens dieux sont puissants, mais ils ne sont pas bienveillants ni indulgents. Ils sont capricieux, aussi instable que le reflet de la lune à la surface de l’eau ou les ombres au sol par temps d’ orage. Si tu persiste à vouloir les invoquer, soit prudente: prends garde à ce que tu leur demandes et sois prête à en payer le prix. »

Une nuit de 1714, dans un moment de désespoir, une jeune femme avide de liberté scelle un pacte avec le diable. Mais si elle obtient le droit de vivre éternellement, en échange, personne ne pourra jamais plus se rappeler ni son nom ni son visage. La voilà condamnée à traverser les âges comme un fantôme, incapable de raconter son histoire, aussitôt effacée de la mémoire de tous ceux qui croisent sa route.

Ainsi commence une vie extraordinaire, faite de découvertes et d’aventures stupéfiantes, qui la mènent pendant plusieurs siècles de rencontres en rencontres, toujours éphémères, dans plusieurs pays d’Europe d’abord, puis dans le monde entier. Jusqu’au jour où elle pénètre dans une petite librairie à New York : et là, pour la première fois en trois cents ans, l’homme derrière le comptoir la reconnaît. Quelle peut donc bien être la raison de ce miracle ? Est-ce un piège ou un incroyable coup de chance ?

Embarquée dans un voyage à travers les époques et les continents, poursuivie par un démon lui-même fasciné par sa proie… jusqu’où Addie ira-t-elle pour laisser sa marque, enfin, sur le monde ?

Deux jours après avoir terminé cette lecture, j’ai encore du mal à mettre les mots dessus. Coup de foudre. Magique. Mature. Mélancolique. Puissant. Des mots me viennent sans pour autant former de propos cohérents et construits. Mais je vais tout de même essayer.

En débutant ce roman, je savais qu’il allait me plaire. Ce n’est un secret pour personne, j’aime énormément les écrits de V.E. Schwab et j’ai attendu avec beaucoup d’impatience celui-ci, sachant qu’elle y avait mis une part plus importante d’elle-même que dans ses précédents romans. Mais je ne pensais pas qu’il allait me faire un tel effet.

Si Shades of Magic a été un coup de cœur dès le début, celui-ci a été un coup de foudre. Je ne saurais pas vous expliquer la différence mais je vous dirais ceci : les personnages de Shades of Magic m’ont fait rêver et sont ce que j’aspire à être. Les personnages de la Vie Invisible d’Addie Larue sont des personnages dans lesquels je me vois reflétée. Je me retrouve dans le besoin de liberté et d’indépendance d’Addie, je me retrouve dans la mélancolie d’Henry.

Tout au long du roman, je me suis retrouvée dans une petite bulle, au fin fond de mon lit, Florence + The Machine dans les oreilles, coupée du monde et du temps. J’ai parcouru les siècles et les rues de New York et de Paris en compagnie d’Addie, j’ai suivi son histoire invisible aux yeux du monde. Si certains ont eu du mal à s’attacher aux personnages et à l’intrigue de ce roman contemplatif, j’ai personnellement été engloutie par lui. J’ai été plongée au cœur du récit, happée par l’histoire. Il n’y a certes pas d’actions héroïques comme on peut le voir dans ses autres romans mais cela ne m’a absolument pas gêné car cela a laisser la place aux personnages de grandir et de briller. Tout repose sur Addie, Henry et Luc. Sur leur histoire, leurs relations, leurs émotions, leur évolution… Ces trois personnages sont le socle de ce roman dont je suis tombée amoureuse.

L’ambiance, plongée au cœur de l’art sous toutes ses formes m’a énormément plu. Quel plaisir de voir un personnage lire le latin et le grec ancien ! L’univers fait d’anciens et de nouveaux dieux, de démons dans la nuit qui exaucent vos prières a été particulièrement intéressant à lire et permet un moment de réflexion sur les mythes mais aussi sur soi-même.

Pour conclure, cette histoire et ces personnages me hanteront encore très longtemps. C’est définitivement un livre que je compte relire encore et encore car il y a tant à en tirer… Je me souviens de toi, Addie Larue.

La Trilogie de Hurle, tome 2 : Le Château des Nuages, Diana Wynne Jones

« Très loin au sud du pays d’Ingary, dans la ville de Zanzib, du sultanat de Rajput, vivait un jeune marchand de tapis prénommé Abdullah. »

Abdullah mène une vie tranquille dans le sultanat de Rajput jusqu’au jour où il achète à un mystérieux étranger un tapis magique qui le transporte dans un jardin merveilleux. Il y rencontre la princesse de ses rêves, Fleur-de-la-Nuit. Mais, peu après, celle-ci va être enlevée par un effroyable djinn… Pour retrouver sa bien-aimée, Abdullah est prêt à tout dans sa quête, il croise un vieux soldat, un génie dans sa bouteille, un château volant rempli de princesses, des chats et des chiens aux pouvoirs étranges, qui tous réservent bien des surprises… car rien n’est en réalité ce qu’il semble être !

Quelle joie de voir que les éditions Ynnis allait publier la suite de la trilogie de Hurle ! C’est donc avec beaucoup d’impatience que je l’ai gardé pour pouvoir l’emmener avec moi en vacances au bord de la mer. Et c’est une expérience que je recommande.

Ce deuxième tome n’a pas été un coup de cœur comme le premier. J’y ai trouvé quelques défauts, notamment un peu de longueur vers le milieu du roman mais j’ai trouvé le débit divertissant et j’ai beaucoup aimé la fin.

L’histoire reprend le style d’un conte comme dans le premier tome. Dans un univers arabe, l’ambiance est très proche des Mille et Une Nuits. Quoique très caricatural et n’ayant pas réussi à m’attacher aux personnages, j’ai trouvé cela divertissant et sympathique. Je pointerai tout de même du doigt le passage grossophobe sur les cousines d’Abdallah qui n’est pas passé avec moi…

Le milieu a été un peu plus compliqué à lire car j’ai commencé à trouver cela long. Le voyage d’Abdallah au secours de sa princesse Fleur-dans-la-Nuit est laborieux, on a parfois l’impression de tourner un peu en rond et on aimerait arriver à la fin. Personnellement, j’avais surtout très hâte de retrouver au moins le personnage de Hurle et j’ai même commencé à douter de sa venue. Mais il est finalement apparu et je me suis rendu compte que j’étais passée à côté de bien des indices. Cela m’a fait très plaisir et je pense d’ailleurs le relire pour cette raison. Les pièces du puzzle se rassemblent et la fin est beaucoup plus dynamique.

Pour conclure, ce fut une lecture divertissante, pas aussi géniale que le premier tome mais agréable tout de même.