L’Île au Trésor, Robert Louis Stevenson

« Nous étions quinze sur le coffre à l’homme mort,

Yo-ho-ho ! et une bouteille de rhum !

La boisson et le diable ont emporté les autres,

Yo-ho-ho ! et une bouteille de rhum ! »

Tout va changer dans la vie du jeune Jim Hawkins le jour où le « capitaine », un vieux marin balafré et taciturne, s’installe dans l’auberge de ses parents, à L’Amiral Benbow. Jim comprend vite que ce boucanier, malgré ses chansons et son goût immodéré pour le rhum, ne veut pas dire son nom, qu’il n’est pas un client ordinaire et qu’une terrible menace pèse sur lui. En effet, lorsqu’un aveugle effrayant frappe à la porte de l’auberge isolée, apportant au marin la tache noire symbole des pirates et synonyme de mort, la chasse au trésor a déjà commencé…

Jim Hawkins, jeune garçon courageux, s’embarque sur un navire à la recherche d’un trésor enfoui sur une île déserte. Il se trouve alors aux prises avec des pirates patibulaires, dont un certain Long John Silver doté d’une jambe de bois. Cette aventure incroyable nous plonge dans un monde de pirates sanguinaires, plus vrais que nature, qui s’entre-déchirent sur une île brûlée par le soleil. L’affrontement sera sans merci …

Très grande fan du Disney La Planète au Trésor et des pirates en général, je ne pouvais pas passer à côté de l’œuvre de Stevenson. J’ai donc profité d’un passage à la bibliothèque de mon quartier pour chaparder l’œuvre et je l’ai dévoré en quelques heures !

Ma première rencontre avec Jim Hawking et sa chasse au trésor s’est faite à travers l’adaptation de Disney. Ma tête était donc pleine d’un univers steampunk et d’un ado qui ne trouve pas sa place dans la société quand j’ai ouvert ce livre. Le changement fut un peu surprenant, me retrouvant dans une époque anglaise tout ce qu’il y a de plus classique et face à un petit garçon adorable. Mais cela ne m’a pas empêché de m’attacher à ce petit Jim qui se retrouve malgré lui embarquer dans une aventure de pirates à la recherche du fameux trésor du capitaine Flint.

J’ai beaucoup aimé le rythme et l’ambiance mais aussi la plume de l’auteur que je trouve très agréable à lire. Les personnages sont attachants et bien construits, j’ai apprécié redécouvrir Long John Silver que j’aimais déjà beaucoup dans la version Disney, ou encore Ben qui s’avère très loin du robot loufoque que j’ai tout d’abord connu !

L’intrigue change également selon plusieurs aspects ce qui m’a réservé de très belles surprises et a permis que je ne m’ennuie pas un seul instant. 

Ce fut donc une très belle redécouverte, un retour à l’histoire d’origine que j’ai adoré lire !

Radio Silence, Alice Oseman

“Hello.

I hope somebody is listening.”

What if everything you set yourself up to be was wrong?

Frances has been a study machine with one goal. Nothing will stand in her way; not friends, not a guilty secret – not even the person she is on the inside. Then Frances meets Aled, and for the first time she’s unafraid to be herself.


So when the fragile trust between them is broken, Frances is caught between who she was and who she longs to be. Now Frances knows that she has to confront her past. To confess why Carys disappeared…


Frances is going to need every bit of courage she has.

Après moult incitations de la part d’Amélie (De Poudlard à Anima) pour lire les romans d’Alice Oseman, j’ai profité de l’offre de Scribd qui propose un mois gratuit de livres numériques et audio pour me plonger dans le roman Radio Silence. Et comme il était proposé en numérique et audio eh bien… J’ai fait les deux !

Des personnages émouvants

Alice Oseman a beaucoup de points forts et le premier réside dans ses personnages. Dès le départ, je me suis prise d’affection pour Frances, une élève modèle à l’avenir brillant tout tracé à l’extérieur et une fan d’un podcast de science-fiction, Universe City, dont elle a dessiné de nombreux fanarts une fois qu’elle est enfermée dans sa chambre. C’est une jeune fille qui ne sait pas trop qui elle est réellement, tiraillée entre ce qu’elle montre et ce qu’elle est au fond d’elle-même. Mais dans cette façon de se créer un personnage à l’extérieur, elle devient très franche et authentique pour le lecteur et cela permet de très vite s’attacher à elle.

De l’autre côté de la rue se trouve Aled, un jeune introverti qui ne trouve sa place nulle part hormis dans son histoire, Universe City. J’ai eu un coup de cœur phénoménal pour ce personnage si beau dans sa vulnérabilité, son silence, sa tendresse… J’ai été profondément bouleversée par son histoire et son vécu.

Ces deux personnages se retrouvent l’un et l’autre au point précis de leur vie où ils ont besoin l’un de l’autre plus que jamais. J’ai adoré cette relation si atypique, si belle, si touchante et si surprenante. Les autres personnages qui gravitent autour d’eux sont tout aussi bien construits et attachants, notamment la mère de Frances qui est un soutien inébranlable pour sa fille ou encore Daniel, cet ami si particulier pour Aled puis par la suite, pour Frances.

“Everyone’s different inside their head.”

Une plume authentique et une expérience audio immersive

J’ai tout de suite été prise dans le récit et impossible de m’en détacher jusqu’à la finL’histoire dans les oreilles et sous les yeux, l’univers de Frances et Aled m’a totalement envahieJ’ai vécu de fortes émotions envers les personnages et les événements de ce livre et cela, c’est grâce à la très belle plume authentique de l’autrice. . Je n’avais qu’une envie, c’était continuer, avoir les réponses à mes questions, savoir comment allaient s’en sortir les personnages… Même en dehors de ma lecture, ma tête était envahie par les personnages et leur histoire.. Une fin qui se trouve d’ailleurs être très forte en émotion donc attention, préparez-vous à en avoir plein les yeux et surtout, plein le cœur ! J’ai passé une bonne partie de la fin à lire avidement, à pleurer et à envoyer des messages de détresse à mon amie, en PLS dans mon lit.

“I wonder- if nobody is listening to my voice, am I making any sound at all?”

Une histoire qui ne laisse pas indifférent

Je suis ressortie de ce livre grandit, changée, avec un regard neuf sur le monde. Cette histoire m’a donc surprise, émue, fait chavirer… J’ai vraiment ressenti de fortes émotions durant ma lecture et après. Alice Oseman a ce don de faire passer de magnifiques messages d’espoir et d’aborder des sujets tabous comme la bisexualité, l’asexualité, le sentiment de jouer un rôle, la solitude, la liberté de choix, la rancœur envers les parents et tant d’autres avec une plume agréable à lire. C’est comme une glace qui vous fond sur la langue.

Je remercie donc Amélie pour cette bouleversante découverte et je vais m’empresser de lire les autres livres de cette autrice si talentueuse que je vous recommande, vivement, chaudement, expressément ! Lisez lisez lisez ♥

#Difference #bisexualité #asexualité #stéréotypes #liberté #solitude #amitié

Heartstopper, Alice Oseman

« You can’t tell whether people are gay by what they look like. And gay or straight aren’t the only two options. Anyway, it’s very rude to speculate about people’s sexuality. »

Ceci est l’histoire de deux lycéens.

Nick, le rugbyman au sourire solaire.

Charlie, le musicien au cœur solitaire.

Parce qu’ils évoluent dans des cercles différents, parce qu’ils n’ont pas le même caractère, leur amitié n’était pas gagnée.

Pourtant, petit à petit, de façon irrésistible, Charlie tombe amoureux.

Même s’il sait que Nick aime les filles. Même s’il sait qu’il n’a aucune chance.

Alors, pour ne pas mettre en péril cette amitié naissante qui compte pour lui plus que tout, Charlie préfère garder le silence…

J’ai énormément entendu parler de Heartstopper dès sa sortie. Uniquement des avis positifs. Contrairement à la plupart du temps où je m’éloigne un peu des livres qui font trop parler d’eux, celui-ci m’a intrigué. Mais ce n’est quand même que bien plus tard que je me suis lancée dans la lecture. Et comment vous dire que je rejoins la liste des avis positifs !

Heartstopper, c’est l’histoire de Nick et Charlie que l’on suit à travers une belle amitié qui devient un peu plus au fur et à mesure.

J’ai beaucoup aimé ce roman graphique, premièrement pour le trait. Les graphismes sont beaux, aérés, et très agréables à suivre. Les personnages sont adorablement bien dessinés, j’ai trouvé ça vraiment beau à regarder. L’anglais est également très abordables, donc si vous voulez le lire en VO, n’hésitez vraiment pas !

Deuxièmement, les thématiques. On y parle des questionnements que soulève l’orientation sexuelle, notamment avec le personnage de Nick qui découvre sa bisexualité, du coming-out mais aussi du harcèlement scolaire, à travers le parcours de Charlie… Le tout est bien traité, plein de justesse et réaliste.

Troisièmement, les personnages. Je me suis très vite attachée à Nick et Charlie, qui sont deux personnages adorables, autant séparément qu’ensemble. J’ai été très contente de retrouver Aled également, personnage principal dans le roman Radio Silence de la même autrice, même si ce n’était qu’occasionnel. Tori, la sœur de Charlie est également attachante, ainsi que l’entourage de celui-ci de manière générale. J’ai beaucoup aimé l’évolution des personnages et des relations au fur et à mesure des trois tomes. C’est subtil, c’est juste, c’est beau. J’ai enchaîné les trois tomes à la suite et c’était un vrai plaisir.

Ce fut donc une jolie lecture en compagnie de personnages attendrissants qui mettent en lumière beaucoup de thématiques abordées avec justesse. Vivement la sortie du tome 4 !

Un reflet de lune, Estelle Faye

« Sais-tu pourquoi nous racontons des histoires ? Pourquoi nous continuons, jour après jour ? Parce que les mots nous forgent et nous réconfortent, parce que les histoires nous aident à ne pas oublier nos forces. Et nos erreurs, aussi. »

Quand j’ai vu la couverture du roman sur les réseaux sociaux d’ActuSF, cela a été le coup de foudre. J’ai adoré la couleur et l’illustration de la couverture et j’ai trouvé le titre poétique. Puis j’ai lu le résumé qui m’a vendu une histoire post-apo au cœur de Paris et j’ai été définitivement hypée par ce livre.

J’ai tout de suite été attachée au personnage de Chet/Thaïs. Il est atypique, en plus de représenter la communauté transgenre, et attachant. Je pense que le mot qui le décrit le mieux serait fluide. Un personnage fluide. Fluide dans son genre, dans son orientation sexuelle, dans son errance à travers sa ville et dans son esprit… La plume de l’autrice a réussi à mimer sa personnalité très particulière et j’ai beaucoup aimé cela.

C’est également un héros de roman assez atypique dans le sens où il n’est pas proactif. Contrairement à la majorité des personnages principaux, il réagit plutôt qu’il n’agit, voyant s’abattre sur lui toutes sortes d’événements et n’ayant que rarement les moyens de s’en sortir tout seul. C’est un personnage qui se laisse emporter par le courant et je l’ai trouvé très intéressant pour cela.

Malheureusement, cela crée un petit souci vis-à-vis de l’intrigue que j’ai eu du mal à comprendre et à suivre. Peu familière avec cet univers car je n’ai pas lu Un éclat de givre, ni avec le style de l’autrice, j’ai été parfois un peu perdue et j’ai senti m’échapper des références. J’ai eu du mal à comprendre comment les différentes branches de l’intrigue s’articulaient et donc trouvé la fin un peu précipitée à mon goût. C’est, je pense, ce qui m’a le plus dérangé : ne pas être capable de suivre l’enquête, de rassembler les différents fils pour comprendre le tableau général.

Cela est tout de même resté une lecture poétique et intéressant pour la construction des différents personnages et plus particulièrement celui de Chet/ Thaïs.

Pour conclure, ce fut une lecture intéressante, principalement pour les personnages et l’univers mais un peu perturbant au niveau de l’intrigue. Je conseillerai de lire Un éclat de givre avant, même s’ils sont indépendants l’un de l’autre.

The Near Witch, V.E. Schwab

“Maybe one day the words will pour out like so many others, easy and smooth and on their own. Right now they take pieces of me with them.”

The Near Witch is only an old story told to frighten children.

If the wind calls at night, you must not listen. The wind is lonely, and always looking for company.

And there are no strangers in the town of Near.

These are the truths that Lexi has heard all her life.

But when an actual stranger—a boy who seems to fade like smoke—appears outside her home on the moor at night, she knows that at least one of these sayings is no longer true.

The next night, the children of Near start disappearing from their beds, and the mysterious boy falls under suspicion. Still, he insists on helping Lexi search for them. Something tells her she can trust him.

As the hunt for the children intensifies, so does Lexi’s need to know—about the witch that just might be more than a bedtime story, about the wind that seems to speak through the walls at night, and about the history of this nameless boy.

Je suis tombée amoureuse de chaque roman de V.E. Schwab. Que ce soit sa fantasy, son fantastique, du YA, de l’adulte, de la jeunesse ou alors sa plume en VO ou la traduction en VF, rien ne m’a jamais déçue. J’ai donc voulu découvrir son tout premier roman : The Near Witch. J’étais préparé à être un peu moins emportée que les autres, à le trouver un peu moins bien. Eh bien laissez-moi vous dire qu’il n’en a rien été.

Une histoire de sorcière

La première chose que j’ai aimée dans ce roman : son ambiance. J’adore les histoires de sorcières, de légendes qui traversent les âges, des éléments qui transportent les secrets à travers les landes jusqu’aux limites de notre conscience et de notre compréhension. Cette ambiance brumeuse, mystérieuse, nous suit tout au long d’une enquête qui fait renaître la légende de la Near Witch.

J’ai adoré suivre Lexi tout au long de sa traque de la vérité, suivant son instinct et gardant l’esprit ouvert, à l’affût du moindre indice la menant aux enfants disparus dans la nuit. La tension monte nuit après nuit, tout autant que l’angoisse et l’effroi de voir les enfants disparaître un à un. Le rythme monte crescendo et le suspense est à son comble jusqu’à la fin.

Des thèmes parcourant la lande

Le village de Near et ses villageois permettent d’aborder beaucoup de thématique, notamment celle de la différence et de la superstition. La peur de l’inconnu, de l’étranger est très bien abordée, notamment à travers les hommes du village. J’ai remarqué avec une petite pointe de plaisir que ce sont les femmes qui sont les plus perspicaces et sages dans le village, contrairement à la figure habituelle des mères empruntent d’angoisse et laissant libre cours à leurs émotions. Dans ce roman, nous avons des personnages féminins forts et intelligents, des femmes qui gardent la tête froide et agissent en conséquence.

Des personnages très complexes

Le travail des personnages est encore et toujours un point fort de l’imaginaire de l’autrice. Lexi est une jeune femme forte, courageuse et intelligente, douée pour la traque et rien ne l’arrête. Sa relation avec sa famille est forte et très touchante. J’ai aimé le lien qui la lie à son père, la complexité qu’elle a construite avec sa sœur et la manière dont sa mère et elle se comprennent malgré leur éloignement à la mort de son père. Sa relation avec son oncle est plus tendue, houleuse mais l’amour qu’ils partagent n’est pas à douter.

Le lien qu’entretiennent les sœurs Thorne avec le père de Lexi puis celle-ci est également très intéressant. Un lien fait de silence et de mystère mais un lien fort, construit sur la complicité, le respect et la confiance.

Enfin, la relation que j’ai beaucoup appréciée, est celle entre Lexi et Cole. Plus qu’une romance, c’est avant tout un partenariat qui se naît. Ils apprennent à se faire confiance et à travailler ensemble pour sauver les enfants disparus.

Pour conclure, j’ai beaucoup aimé ma lecture, malgré le temps que j’ai mis à le lire, l’histoire est captivante, l’ambiance est mystique et les personnages attachants. Encore une fois, je suis convaincue par le talent de V.E. Schwab.

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

« Mon cheminement n’est pas terminé. Je suis en cours de réparation, il me reste quelques impacts et c’est seule que je compte m’en occuper. Quand j’aurai terminé, j’espère être assez solide pour reprendre la route en n’ayant plus peur de ce qui m’attend. »

Après l’énorme coup de cœur que j’ai eu pour Quand nos souvenirs viendront danser, j’ai voulu découvrir un peu plus la plume de Virginie Grimaldi. J’ai donc tenté Tu comprendras quand tu seras plus grande, qui partage le thème des personnes âgées avec le premier.

Si j’ai retrouvé une plume drôle et émouvante ainsi que des thématiques liées à la vieillesse, ce ne fut pas un coup de cœur comme Quand nos souvenirs viendront danser. J’ai eu du mal à m’attacher au personnage principal, Julia, avec qui pourtant je partage l’intérêt pour la psychologie. Je l’ai trouvé assez pessimiste, parfois même égoïste et dans le jugement. Ses préjugés envers les personnes âgées m’ont un peu dérangé par moments, même si j’ai apprécié l’évolution qu’elle fait de ce point de vue-là au fur et à mesure du roman.

Les personnages secondaires sont par contre attachants. J’ai aimé découvrir la personnalité des résidents des Tamaris, leur histoire, leur vision de la vie… J’en ai autant appris que Julia au contact de ces personnages qui sont sur la fin de leur vie et qui voit le monde d’un œil différend. J’ai également bien aimé le personnel, notamment Marine et Greg que je trouve adorable et drôle.

La romance est assez prévisible malheureusement même si elle reste mignonne et attendrissante. Julia apprend à faire le deuil de sa longue relation avec Marc, relation nuancée au départ, qui permet d’aborder des thèmes intéressants comme l’importance de la présence de l’autre, du soutien accordé… Cette rupture permet à Julia de se recentrer sur elle-même, de faire son deuil à son rythme, à sa manière et de faire le point sur sa vie. J’ai bien aimé cette remise en question qui touche pas mal de sphères différentes dans sa vie (amitié, travail, famille…).

La fin en revanche ne m’a pas plu. Je n’ai pratiquement rien compris au plot twist, cela m’a beaucoup perturbé dans ma lecture et une fois que j’ai fini par comprendre ce qui se passait, l’idée ne m’a pas plu. La toute fin est également assez prévisible et c’est donc sur une note un peu décevante que j’ai refermé le livre.

Pour conclure, ce livre ne fut pas à la hauteur de mes attentes après le gros coup de cœur pour Quand nos souvenirs viendront danser, mais il reste néanmoins une agréable lecture. J’ai aimé rencontrer les résidents des Tamaris et accompagner Julia dans sa reconstruction d’elle-même, même si quelques points m’ont un peu dérangé et que la fin n’a pas été à mon goût.

La Princesse au visage de nuit, David Bry

« Dans les bois vit

La princesse au visage de nuit,

Ses yeux sont étoiles,

Ses cheveux l’obscur.

Dans les bois gît

La princesse au visage de nuit,

Dans sa main pâle,

Meurent les cœurs purs. »

Vingt ans après avoir quitté son village natal, vingt ans après avoir essayé de trouver – en vain – la princesse au visage de nuit pour qu’elle le sauve de ses parents, Hugo revient sur les traces de son enfance.

Un étrange accident de voiture, l’orage qui gronde sans cesse, des noms d’enfants dans le vent, une mystérieuse présence dans les bois et les lucioles qui volettent, toujours. Comme avant, au temps de la princesse au visage de nuit.

Devenu adulte, Hugo ira-t-il jusqu’à la trouver ?

Il se souvient, maintenant. La tristesse de Sophie, la détresse de Pierre, les jeux dans les champs, près de la rivière, leurs rires le soir alors que la nuit tombait et menaçait de les engloutir. Il se rappelle les promesses d’enfant, le serment dans la clairière, la course dans les bois, les lucioles autour d’eux, la grotte immense et l’ombre plus grande encore ; la magie qui devait les protéger puisque rien d’autre, rien d’autre ne le pouvait.

C’est sans doute le livre que j’attendais le plus en 2020 et je remercie les éditions HSN d’avoir bien voulu me l’envoyer. Depuis ma première lecture et mon premier coup de cœur pour Que Passe l’Hiver, j’attends toujours avec impatience les sorties des romans de David Bry. Et comment vous dire que ce livre m’a littéralement hanté.

Un roman qui m’a conquis

Ce n’est généralement pas le genre de livres que j’apprécie. Les histoires qui font peur n’ont jamais été ma tasse de thé, ça me met mal à l’aise et je ne retire aucun plaisir dans le frisson de peur que certains aiment avoir devant un film d’horreur ou un livre qui fait peur. Mais là, les personnages, l’ambiance, la plume… tout était parfait. J’ai été prise dans le récit dès les premières lignes et j’ai eu beaucoup de mal à m’en détacher pour dormir ou travailler, grappillant quelques minutes entre deux cours pour lire ne serait-ce qu’un petit passage.

J’ai été bouleversé par l’histoire de Hugo. Ce passé si lourd et horrible d’enfant battu qu’il traîne avec lui, cette nuit où tout a basculé, dont il ne se souvient pas mais qui le hante, à la limite de sa conscience, m’a fait ressentir un élan de compassion et de tendresse pour ce personnage brisé. On le suit alors que son passé refait surface malgré lui, l’obligeant à y faire face, à se rappeler ses parents qui le maltraitaient, l’énigmatique et effrayante princesse au visage de nuit mais aussi la jolie petite Sophie et l’adorable petit Pierre, ses deux compagnons d’enfance sans qui il est revenu ce sinistre jour.

Un récit de légende

J’ai retrouvé cette ingéniosité dans la construction du récit qui était déjà présente dans Que Passe l’Hiver et qui m’avait conquise. L’auteur joue avec la chronologie, comme des pièces de puzzle qui s’emboîtent au fur et à mesure que l’orage gronde. Le passé et le présent se mêlent, des zones d’ombre s’éclairent à la lumière des lucioles pour ensuite s’obscurcir à l’arrivée de sombres nuages, nous plongeant dans une soif de savoir, de comprendre ce qui s’est passé cette fameuse nuit où trois petits enfants sont entrés dans la forêt et dont un seul en est ressorti.

J’ai adoré suivre l’enquête de la mort intrigante des parents de Hugo tout comme tous les événements étranges qui se sont passés avant et après ce moment et qui semble lié à la mystérieuse légende de la princesse au visage de nuit. Saint-Cyr n’est pas un village comme les autres, plongé dans une sphère de mystère et de danger mais surtout, de silence, où tout le monde comprend que quelque chose ne va pas mais dont personne n’ose parler. Personne mise à part la vieille sorcière Lisenne qui ne répond à nos questions que pour engendrer d’autres questions encore : simple légende, réalité ? Souvenir, véritable fantôme ? Accident, meurtre ? Toutes ces questions hante nos personnages et nos propres cœurs à mesure que l’intrigue suit fatalement son cours.

Des personnages à se briser le cœur

Les personnages sont brisés, désœuvrés, s’accrochant les uns aux autres avec la force du désespoir. Désespoir qui s’abat sur tout le monde comme la pluie sur tout le village. Personne n’est heureux, adultes comme enfants, ils ont tous leur casserole, leur fardeau à porter. Mais les enfants sont ceux qui m’ont le plus touché. L’indignation, la colère ne m’ont pas quitté face à chacune de leur histoire tragique. La détresse de Sophie, la tristesse de Pierre, la culpabilité et la perte que subit Anne… Tout cela m’a brisé le cœur. Heureusement, l’auteur offre une petite brise, un petit rayon de soleil d’espoir qui traverse les sombres nuages de tristesse et de désespoir, montrant qu’il est possible d’avancer, d’aller de l’avant malgré tout.

Pour conclure, ce fut un véritable coup de cœur. Ni plus ni moins. J’ai adoré la plume toujours aussi poétique de l’auteur, ces personnages aux blessures profondes, ce récit navigant entre réalité et magie… C’est à lire de toute urgence. Merci David Bry pour cette histoire.

Liavek, Megan Lindholm, Steven Brust et Gregory Frost

« Ce qui caractérise un individu, ce sont les choses qui le rendent unique, intéressant et digne des attentions de ses amis, ennemis, amoureux et relations d’affaires. Mais quand il s’agit d’un cadavre… seuls les embaumeurs se soucient de ce qui le rend unique, intéressant et digne d’attention. Ne lui ressemble pas trop, Kaloo. Ne te persuade pas que tu hais alors que tu ne veux qu’aimer. Et, écoute-moi. Je me fiche qui tu veux aimer. Même s’il s’agit de lui. Mais ne t’avise pas de te fourvoyer comme ta mère l’a fait. Ne t’en avise pas, ma fille ! »

Dans la majestueuse cité portuaire de Liavek, les habitants reçoivent une dose de « chance » chaque année, le jour de leur anniversaire. La plupart des gens ne peuvent utiliser ce pouvoir, seuls les sorciers ont appris à le manipuler, souvent à leur propre profit. Kaloo, une jeune orpheline, sent qu’elle pourrait apprivoiser et développer sa « chance », mais comment faire alors qu’elle ignore sa date de naissance ? Taraudée par cette question, elle consulte un mage pour tenter de lever le voile sur ses origines. Commence pour elle une quête initiatique qui l’emmènera sur des sentiers dangereux. Certains mystères devraient rester dans l’ombre…

Évidemment, qui dit Megan Lindholm (Robin Hobb) qui un oui immédiat pour moi ! C’est donc ce que j’ai répondu aux éditions ActuSF quand Liavek est apparu dans ma liste de choix.

Liavek est une ville portuaire apparemment assez connue dans le monde de la Fantasy, inventée par Emma Bull et Will Shetterly, et reprise par la suite par d’autres auteurs, dont Megan Lindholm, Steven Brust et Gregory Frost dans ce recueil de nouvelles. Je ne connais personnellement aucun autre écrit sur Liavek et c’est avec ce recueil que j’ai plongé pour la première fois dans cet univers.

Dans cette ville, on voit évoluer deux personnages à travers un dialogue de nouvelles : Kaloo et le Comte Dashif.

J’ai eu une nette préférence pour le personnage de Kaloo ainsi que ses nouvelles en général. La plume de Megan Lindholm m’a de nouveau conquise, tout comme son personnage plein d’ambition et d’une volonté de fer. En effet, malgré la réticence de ses parents adoptifs à s’approcher de la magie, malgré le fait qu’elle ne connaisse pas sa date de naissance, cela ne l’empêche pas de se lancer à la recherche de sa dose de « chance » et d’essayer de s’en servir.

Les nouvelles dont le comte Dashif est le personnage central ont été une lecture un peu plus compliquée pour moi. Je n’ai pas trop accroché au style de l’auteur qui m’a souvent perdu dans l’action qui se déroulait. J’ai souvent eu l’impression que des choses m’échappaient, je suis revenu parfois en arrière, relisant certains passages pour tenter de mieux comprendre, ce qui coupe l’immersion dans le récit. De plus, le comte Dashif est un personnage qui m’a été antipathique. Ses manières manipulatrices, calculatrice m’ont dérangé, ce qui est un effet recherché par l’auteur je pense et donc très réussi.

Concernant l’intrigue, de par la lecture un peu compliquée des nouvelles du comte Dashif, elle m’a paru difficile à suivre. C’est sans doute également dû au fait que je ne connais pas tout à fait l’univers et j’ai sans doute raté quelques références et subtilités. Les nouvelles de Kaloo m’ont par contre embarqué dans l’aventure de la jeune fille et j’ai pu apprécier le déroulé de l’intrigue à travers ses yeux ainsi que l’évolution de sa relation avec le Comte, que j’ai trouvé très intéressante et bien mené des deux points de vue.

Pour conclure, ce fut une lecture en demie teinte mais tout de même globalement plaisante. Les personnages sont intéressants, bien construits et profonds. La structure des nouvelles fait l’effet à la fois d’un dialogue et d’une confrontation entre deux personnages au caractère fort dont on prend plaisir à découvrir les aventures.

La Dernière Geste, Premier Chant : Dans l’ombre de Paris, Morgan Of Glencoe

« C’était pour elle comme un rappel : les fées n’étaient pas des humains. Mais si des enfants de fées et d’humains pouvaient jouer ensemble, pourquoi les adultes ne pourraient-ils pas vivre côte à côte ? »

Depuis des siècles, les humains traitent les fées, dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.

Lorsque la princesse Yuri reçoit une lettre de son père lui enjoignant de quitter le Japon pour le rejoindre, elle s’empresse d’obéir. Mais à son arrivée, elle découvre avec stupeur qu’elle a été promise à l’héritier du trône de France ! Dès lors, sa vie semble toute tracée… jusqu’à ce qu’une femme lui propose un choix : rester et devenir ce que la société attend d’elle ou partir avec cette seule promesse : « on vous trouvera, et on vous aidera. »

Et si ce « on » était la dernière personne que Yuri pouvait imaginer ? »

C’est sous les conseils d’Énora (Les Dream-dream d’une bouquineuse) que j’ai choisi cette lecture dans les propositions qu’ActuSF m’a faite au mois de septembre à l’occasion de la sortie du second tome (et que je remercie encore une fois !). Cela a d’ailleurs été l’occasion d’entamer une lecture commune avec elle qui s’est achevé de manière assez comique : je suis à peine arrivée à la moitié du premier tome qu’elle avait fini le second !

Une histoire captivante

On débute l’histoire de manière assez originale, avec un combat d’arène entre fées auquel assiste une princesse Yuri enfant, âgée de douze ans. Ce prélude a tout de suite attisé ma curiosité. Les descriptions de l’action mais surtout du comportement de cette petite princesse japonaise m’ont tout de suite plu et hapé. Le tout est narré avec talent et subtilité, qui rend le récit tout de suite très prenant. On entre dans un monde aristocratique, où les fées sont plus méprisées encore que les gens de basse naissance.

La suite de l’histoire est entrecroisée par le destin de Yuri, troisième dame du Japon et future reine de France, et l’histoire des fées, sur le Rail à bord de l’Orient Express comme dans les égouts de Paris. Si de prime abord, ils n’ont aucun point commun, l’autrice réussi à nous conter une histoire de liberté, de résistance, de tolérance, de féminisme… Toutes ces valeurs qui font écho en moi.

Un univers diversifié

J’ai adoré l’univers. Si je devais n’utiliser qu’un mot pour le décrire, ce serait le mélange. Mélange d’époques, de cultures, de langues, de légendes, d’idéologies… L’autrice utilise l’uchronie pour recréer notre monde à sa manière, intégrant une technologie moderne dans un monde de la Renaissance, le tout placé au 20e siècle. Et ce fut un résultat réussi. J‘ai adoré cette manière de réinventer, de diversifier, de faire se rencontrer, se confronter à peu près tout et n’importe quoi et de lui donner un sens nouveau.

Une plume envoûtante

Et cette plume. Mais quelle plume ! C’était beau, poétique, onirique, glaçant, émouvant… Diversifiant aussi avec un mélange de français, d’anglais et de japonais qui, en contact, rendent une parfaite harmonie.

« Une musique bleue pleuvait en parfums de lune un peu partout sur le vent, et dans les brumes transparentes dansaient des lueurs sucrées d’acier soyeux. En tout cas, se dit-il, c’était un endroit agréable. Il le connaissait sans doute depuis toujours, cet endroit secret, et il le découvrait pour la première fois à l’instant, ce qui n’avait pas vraiment d’importance, car cet instant était toujours. »

Des personnages forts et percutants

Les personnages sont également un point fort de ce roman, avec des hommes et des femmes, fées ou humains, qui possède une profondeur émouvante (énorme coup de cœur pour Ren ♥), qui évoluent, lentement mais surement, vers la lumière comme vers l’obscurité. J’ai beaucoup aimé découvrir chacun d’entre eux, leur personnalité, leur histoire. Ils ont tous quelque chose à apporter à cette histoire si riche et captivante.

La vie dans les égouts m’a énormément plu. J’aime l’idéologie de partage, d’égalité et de tolérance qui s’en dégage. Je ne vous en dis pas plus afin de ne pas trop vous en révéler mais vraiment, c’était juste incroyable de rencontrer une telle communauté.

La fin de ce roman a été à la fois un véritable crève cœur et une merveille. On sent la catastrophe arrivé (on a été notamment prévenu, n’est-ce pas Énora ?) et pourtant, on ne peut s’empêcher d’espérer jusqu’à la fin que tout va bien se passer, que les personnages que l’on aime tant vont s’en sortir, qu’une solution va finir par surgir… Et je vous laisse voir par vous-même si l’espoir est vain ou non.

Pour conclure, je suis bien contente d’avoir écouté les conseils à propos de ce petit bijou qui s’est installé à la fois dans ma bibliothèque et dans mon cœur. L’histoire et les personnages sont tout simplement magiques, me faisant passer des rires aux larmes, m’ayant captivé de la première à la dernière page par une intrigue fascinante, des messages et des thématiques tout aussi bouleversants, le tout enrobé dans une plume poétique et riche.

Les Énigmes de l’Aube, tome 1 : Premier souffle, Thomas C. Durand

« C’est un fait. Un barrage sur un fleuve a toujours été la réponse à toutes sortes de problèmes. Quand on noie ses problèmes sous quelques millions de litres d’eau, ils la ramènent moins, et l’on a le temps de les oublier avant qu’ils réussissent à faire surface. »

« Bonjour, c’est ici pour apprendre la magie ? »

Anyelle a un don. Un sacré don même ! Elle peut renforcer la magie de ceux qu’elle touche. Mais pour maîtriser cette aptitude et apprendre, elle doit quitter la forêt qui l’a vue naître… La voilà en route, joyeuse, insouciante et un peu maladroite pour une école prestigieuse de magie… qui n’aime malheureusement pour elle, ni les filles ni les pauvres…

Avec ce premier roman d’une série hilarante, Thomas C. Durand, cofondateur de la chaîne YouTube La Tronche en biais, nous offre un récit de fantasy humoristique de haute volée et une héroïne très attachante.

Étant toujours un peu dans une phrase littéraire creuse, j’ai eu envie de me plonger dans un roman jeunesse et drôle. Les Énigmes de l’Aube s’est naturellement imposé à mon esprit, ce qui tombait bien car il fait partie des SP qu’il me tarde de lire depuis septembre.

Les Énigmes de l’Aube est un très bon roman de Fantasy jeunesse. On y suit une petite fille, Anyelle, pleine de vie, de curiosité et qui n’a surtout pas sa langue dans sa poche, dans son aventure au sein d’une école de magie qui n’accueille… que des hommes. Petite fille dynamique et au fort caractère, venue du fin fond de la forêt, la voilà qui débarque dans une école qui ne veut pas d’elle pour apprendre à maîtriser son don de Renfort. Elle y fait la rencontre du jeune Naxu, adorable garçon à la timidité maladive et à l’attitude craintive s’opposant radicalement au bout en train qu’est Anyelle, avec qui elle développe une sincère et authentique amitié. À deux contre le reste du monde (l’école donc), ils tentent tant bien que mal de survivre à cette année scolaire assez rocambolesque.

Mais plus qu’une petite histoire d’une fille à l’école de magie, ce roman aborde des thématiques diverses comme le féminisme, la critique de l’éducation, l’écologie, l’élitisme… Le tout arrosé d’une bonne dose d’humour, de dérision et de sarcasme. Vous y trouverez des anecdotes en bas de page, des dons plus fous (et ridicules) les uns que les autres, des coutumes sans queue ni tête, en bref, tout un univers et une construction rocambolesque qui donne une dynamique toute particulière à ce roman et qui entraîne, malgré la fatigue et la déprime, dans une ambiance drôle et excitante.

Pour conclure, ce fut une très belle lecture qui m’a tenu bonne compagnie malgré une baisse de moral et qui a su me tirer de nombreux sourires, suivant Anyelle avec plaisir. Hâte de lire la suite !