Les Tisseurs de rêves, Manon Fargetton

« Tu vois ? La musique est vivante ! Il faut l’aider à déployer ses ailes, pas l’enfermer dans une prison trop étroite ! »

Manel est une Tisseur de rêves.

Grâce à son violon, elle modifie la réalité.

Mais son pouvoir suffira-t-il à repousser les cauchemars qui déferlent sur l’école ?


Aujourd’hui j’avais envie de vous parler d’un très sympathique roman fantastique jeunesse écrit par Manon Fargetton, que je connais principalement pour ses romans Fantasy adulte.

Nous suivons dans ce premier tome, Manel, petite fille violoniste et perfectionniste qui, accompagnée de ses amis, doit lutter contre les cauchemars qui s’abattent sur son école. Manel est un personnage très attachant, une petite fille qui subit une grande pression, ce qui permet un aperçu d’une relation intrafamiliale assez rare en littérature jeunesse mais très juste et réaliste, que j’ai trouvée très bien exploitée. C’est un roman court, que j’ai dévoré avec beaucoup de joie, captivé par les aventures rocambolesques de ce quatuor d’amis. Les différents pouvoirs sont originaux et correspondent aux personnalités de chaque personnage.

Donc si vous cherchez une lecture jeunesse sympathique à lire d’une traite, ce livre est fait pour vous !

Temps Mort, Ariel Holzl

« J’ai passé l’été de mes dix-sept ans à mourir. Plus exactement à me faire tuer. »

Un roman fantastique de haute volée qui vous plonge dans les ténèbres de la ville lumière.

 

Sur les traces de son grand-oncle Théobald, Léo, 17 ans, bascule dans une fontaine des catacombes et se retrouve projeté dans une réplique négative de Paris. Auréolé d’un soleil noir, le Périmonde est un territoire où le temps n’a pas de prise et où règnent des clans aux pouvoirs puissants. Léo n’a d’autre choix que de les affronter lors de la Chasse Sauvage, une course contre la montre où tous les coups sont permis. Heureusement, l’énigmatique Alma est là pour l’aider… mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

Encore une sortie d’Ariel Holzl que je ne pouvais pas rater, je me suis plongée dans Temps Mort avec grande joie et impatience !

Sans surprise aucune, c’est une lecture que j’ai beaucoup aimée, que ce soit pour son intrigue, son univers, ses personnages et même la plume toujours aussi drôle et innovante de l’auteur. Rien que la première page envoie du lourd avec une narration à la fois drôle et intrigante. Léo est un personnage attachant, que l’on suit avec plaisir dans ses aventures au cœur de Périmonde. J’ai beaucoup aimé sa personnalité et son histoire. Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants, notamment Alma que j’ai apprécié.

L’univers est fascinant, j’ai aimé ce concept de monde en dehors du temps et peuplé d’êtres nous protégeant des abîmes, tout comme l’idée de maisons aux pouvoirs particuliers.

Dernier petit plus à cette histoire : la présence des langues anciennes !! En tant que Lettres Classiques, j’ai été heureuse de découvrir du latin et du grec ancien dans ce roman (et justement exploitée en plus !).

Pour conclure, c’est encore une très belle lecture passée en compagnie de la plume d’Ariel Holzl et de ses personnages si particuliers. Je recommande encore et toujours !

Bouddica, Jean Laurent Del Socorro

« Je préfère encore ma folie qui nous rêve la tête haute à ta raisonnable soumission qui nous courbe l’échine « 

Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ?

À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

Après Royaume de vent et de colères, premier roman très remarqué qui a reçu le prix Elbakin.net 2015, Jean-Laurent Del Socorro fait son retour avec une héroïne symbole d’insoumission…

Bouddica, parfois connue sous le nom de Bodiacé, est la reine des Icènes à l’époque de l’empereur romain Claude. Dans ce roman, on découvre cette femme depuis sa jeunesse, partant de fille du roi Antédios et des deux Andrastes à Reine des Icènes, grande et insoumise. On la suit à travers son combat contre les Aigles, à savoir les Romains, pour la liberté de son peuple.

J’ai énormément apprécié ce beau personnage qu’est Boudicca. C’est une femme valeureuse, qui impose le respect de par sa simple présence. Elle a de la prestance et intimide un peu, une figure héroïque dans toute sa splendeur. Mais plus que cela également : c’est une guerrière, une princesse, une épouse, une mère, une reine… Elle représente à elle seule plusieurs facettes de la femme, ne se cantonnant pas à une seule image fixe et c’est ce que j’ai beaucoup apprécié chez elle. Mais ce que j’admire le plus, c’est son courage, sa force et sa fierté : la femme celte qui n’a pas courbé l’échine face aux Aigles. La femme qui a relevé la tête et son bouclier, qui s’est affirmée et qui a défendu ses terres et son peuple quand tout le monde se soumettait peu à peu à l’hégémonie romaine.

La plume de l’auteur crée une ambiance qui navigue entre Histoire et mythe. C’est fluide, c’est mystique, poétique… J’ai été captivée tout du long. En tant qu’étudiante en Lettres Classiques, cela m’a fait énormément plaisir de retrouver cette époque et de découvrir une figure que je ne connaissais alors que de nom.

J’ai trouvé le récit assez court étant donné le fait que l’on retrace toute sa vie, j’aurais voulu en savoir plus. Mais finalement, l’auteur construit tellement bien sa narration que cela m’a semblé juste. Il y avait tout ce qu’il fallait, ni plus ni moins. La conclusion est magnifique quoiqu’un peu triste.

En conclusion, j’ai adoré découvrir l’histoire de Bouddica, grande reine des Icènes. Si vous ne la connaissez pas encore, c’est le moment.

Cassidy Blake, tome 2 : Plongée dans les Catacombes, V.E. Schwab

« Appeler les Tuileries un jardin, c’est comme appeler Poudlard une école. Techniquement, les termes sont corrects, mais ils ne leur rendent pas du tout justice. »

Cassidy, accompagnée de son meilleur ami Jacob, fantôme de son état, a quitté Édimbourg pour se rendre sur le prochain lieu de tournage de l’émission télévisée de ses parents : Paris ! Entre deux dégustations de viennoiseries au chocolat et de délicieux macarons, la jeune fille visite les lieux les plus emblématiques de la capitale française. Et surtout, bien sûr, les plus inquiétants – à commencer par les catacombes ! Le gigantesque cimetière souterrain, qui serpente sous les rues et les parcs de la ville, abrite des milliers d’ossements (rien que ça !) et presque autant d’âmes errantes.

Mais voilà qu’après être remontée des profondeurs de ce macabre sanctuaire, la jeune chasseuse de fantômes éprouve la désagréable impression d’être suivie. Et que penser des accidents de plus en plus fréquents qui mettent Paris sens dessus dessous ? Tout porte à croire que Cassidy a réveillé un puissant esprit frappeur qui prend un malin plaisir à semer le désordre dans le monde des vivants.

L’adolescente et ses amis sauront-ils arrêter ce spectre perturbateur avant qu’il ne sème le chaos dans toute la capitale ? Victoria Schwab poursuit avec brio la série jeunesse Cassidy Blake et s’amuse à nous faire peur en nous entraînant dans les mystérieux souterrains nichés sous les pavés parisiens. Oserez-vous franchir les portes de l’empire de la Mort ?

Je ne m’arrête jamais avec les romans de V.E. Schwab ! Je la présente comme l’une des autrices favorites et je lis assez souvent ses livres. Cette fois, je vais vous parler du tome deux de Cassidy Blake.

Cassidy est une petite fille au premier abord tout à fait normale. Elle a néanmoins la particularité d’avoir frôlé la mort et depuis, de pouvoir traverser ce qu’elle nomme le Voile, sorte de rideau entre notre monde et celui des fantômes. Elle a d’ailleurs pour meilleur ami, Jacob, le fantôme qui lui a sauvé la vie. Tous deux se retrouvent embarqués par les aventures des parents de Cassidy, qui voyagent à travers le monde pour visiter les villes les plus hantées dans le cadre d’une émission tv. Dans ce tome, les voici au cœur de Paris et notamment de ses catacombes où Cassidy va par erreur réveiller un esprit frapper, causant quelques dégâts…

J’ai beaucoup aimé déambuler dans cette ville que je connais bien. Le roman nous offre une belle visite guidée des lieux hantés de Paris. C’est également l’occasion d’en apprendre plus sur le passé de Jacob, véritable mystère depuis le début. Le côté jeunesse est rafraîchissant, cela m’a permis d’avoir un temps de lecture léger et agréable avec pourtant une intrigue et un contexte complexe et bien mené.

En bref, un nouveau coup de cœur Schwab et une furieuse envie de lire le troisième tome !

Un reflet de lune, Estelle Faye

« Sais-tu pourquoi nous racontons des histoires ? Pourquoi nous continuons, jour après jour ? Parce que les mots nous forgent et nous réconfortent, parce que les histoires nous aident à ne pas oublier nos forces. Et nos erreurs, aussi. »

Quand j’ai vu la couverture du roman sur les réseaux sociaux d’ActuSF, cela a été le coup de foudre. J’ai adoré la couleur et l’illustration de la couverture et j’ai trouvé le titre poétique. Puis j’ai lu le résumé qui m’a vendu une histoire post-apo au cœur de Paris et j’ai été définitivement hypée par ce livre.

J’ai tout de suite été attachée au personnage de Chet/Thaïs. Il est atypique, en plus de représenter la communauté transgenre, et attachant. Je pense que le mot qui le décrit le mieux serait fluide. Un personnage fluide. Fluide dans son genre, dans son orientation sexuelle, dans son errance à travers sa ville et dans son esprit… La plume de l’autrice a réussi à mimer sa personnalité très particulière et j’ai beaucoup aimé cela.

C’est également un héros de roman assez atypique dans le sens où il n’est pas proactif. Contrairement à la majorité des personnages principaux, il réagit plutôt qu’il n’agit, voyant s’abattre sur lui toutes sortes d’événements et n’ayant que rarement les moyens de s’en sortir tout seul. C’est un personnage qui se laisse emporter par le courant et je l’ai trouvé très intéressant pour cela.

Malheureusement, cela crée un petit souci vis-à-vis de l’intrigue que j’ai eu du mal à comprendre et à suivre. Peu familière avec cet univers car je n’ai pas lu Un éclat de givre, ni avec le style de l’autrice, j’ai été parfois un peu perdue et j’ai senti m’échapper des références. J’ai eu du mal à comprendre comment les différentes branches de l’intrigue s’articulaient et donc trouvé la fin un peu précipitée à mon goût. C’est, je pense, ce qui m’a le plus dérangé : ne pas être capable de suivre l’enquête, de rassembler les différents fils pour comprendre le tableau général.

Cela est tout de même resté une lecture poétique et intéressant pour la construction des différents personnages et plus particulièrement celui de Chet/ Thaïs.

Pour conclure, ce fut une lecture intéressante, principalement pour les personnages et l’univers mais un peu perturbant au niveau de l’intrigue. Je conseillerai de lire Un éclat de givre avant, même s’ils sont indépendants l’un de l’autre.

La Princesse au visage de nuit, David Bry

« Dans les bois vit

La princesse au visage de nuit,

Ses yeux sont étoiles,

Ses cheveux l’obscur.

Dans les bois gît

La princesse au visage de nuit,

Dans sa main pâle,

Meurent les cœurs purs. »

Vingt ans après avoir quitté son village natal, vingt ans après avoir essayé de trouver – en vain – la princesse au visage de nuit pour qu’elle le sauve de ses parents, Hugo revient sur les traces de son enfance.

Un étrange accident de voiture, l’orage qui gronde sans cesse, des noms d’enfants dans le vent, une mystérieuse présence dans les bois et les lucioles qui volettent, toujours. Comme avant, au temps de la princesse au visage de nuit.

Devenu adulte, Hugo ira-t-il jusqu’à la trouver ?

Il se souvient, maintenant. La tristesse de Sophie, la détresse de Pierre, les jeux dans les champs, près de la rivière, leurs rires le soir alors que la nuit tombait et menaçait de les engloutir. Il se rappelle les promesses d’enfant, le serment dans la clairière, la course dans les bois, les lucioles autour d’eux, la grotte immense et l’ombre plus grande encore ; la magie qui devait les protéger puisque rien d’autre, rien d’autre ne le pouvait.

C’est sans doute le livre que j’attendais le plus en 2020 et je remercie les éditions HSN d’avoir bien voulu me l’envoyer. Depuis ma première lecture et mon premier coup de cœur pour Que Passe l’Hiver, j’attends toujours avec impatience les sorties des romans de David Bry. Et comment vous dire que ce livre m’a littéralement hanté.

Un roman qui m’a conquis

Ce n’est généralement pas le genre de livres que j’apprécie. Les histoires qui font peur n’ont jamais été ma tasse de thé, ça me met mal à l’aise et je ne retire aucun plaisir dans le frisson de peur que certains aiment avoir devant un film d’horreur ou un livre qui fait peur. Mais là, les personnages, l’ambiance, la plume… tout était parfait. J’ai été prise dans le récit dès les premières lignes et j’ai eu beaucoup de mal à m’en détacher pour dormir ou travailler, grappillant quelques minutes entre deux cours pour lire ne serait-ce qu’un petit passage.

J’ai été bouleversé par l’histoire de Hugo. Ce passé si lourd et horrible d’enfant battu qu’il traîne avec lui, cette nuit où tout a basculé, dont il ne se souvient pas mais qui le hante, à la limite de sa conscience, m’a fait ressentir un élan de compassion et de tendresse pour ce personnage brisé. On le suit alors que son passé refait surface malgré lui, l’obligeant à y faire face, à se rappeler ses parents qui le maltraitaient, l’énigmatique et effrayante princesse au visage de nuit mais aussi la jolie petite Sophie et l’adorable petit Pierre, ses deux compagnons d’enfance sans qui il est revenu ce sinistre jour.

Un récit de légende

J’ai retrouvé cette ingéniosité dans la construction du récit qui était déjà présente dans Que Passe l’Hiver et qui m’avait conquise. L’auteur joue avec la chronologie, comme des pièces de puzzle qui s’emboîtent au fur et à mesure que l’orage gronde. Le passé et le présent se mêlent, des zones d’ombre s’éclairent à la lumière des lucioles pour ensuite s’obscurcir à l’arrivée de sombres nuages, nous plongeant dans une soif de savoir, de comprendre ce qui s’est passé cette fameuse nuit où trois petits enfants sont entrés dans la forêt et dont un seul en est ressorti.

J’ai adoré suivre l’enquête de la mort intrigante des parents de Hugo tout comme tous les événements étranges qui se sont passés avant et après ce moment et qui semble lié à la mystérieuse légende de la princesse au visage de nuit. Saint-Cyr n’est pas un village comme les autres, plongé dans une sphère de mystère et de danger mais surtout, de silence, où tout le monde comprend que quelque chose ne va pas mais dont personne n’ose parler. Personne mise à part la vieille sorcière Lisenne qui ne répond à nos questions que pour engendrer d’autres questions encore : simple légende, réalité ? Souvenir, véritable fantôme ? Accident, meurtre ? Toutes ces questions hante nos personnages et nos propres cœurs à mesure que l’intrigue suit fatalement son cours.

Des personnages à se briser le cœur

Les personnages sont brisés, désœuvrés, s’accrochant les uns aux autres avec la force du désespoir. Désespoir qui s’abat sur tout le monde comme la pluie sur tout le village. Personne n’est heureux, adultes comme enfants, ils ont tous leur casserole, leur fardeau à porter. Mais les enfants sont ceux qui m’ont le plus touché. L’indignation, la colère ne m’ont pas quitté face à chacune de leur histoire tragique. La détresse de Sophie, la tristesse de Pierre, la culpabilité et la perte que subit Anne… Tout cela m’a brisé le cœur. Heureusement, l’auteur offre une petite brise, un petit rayon de soleil d’espoir qui traverse les sombres nuages de tristesse et de désespoir, montrant qu’il est possible d’avancer, d’aller de l’avant malgré tout.

Pour conclure, ce fut un véritable coup de cœur. Ni plus ni moins. J’ai adoré la plume toujours aussi poétique de l’auteur, ces personnages aux blessures profondes, ce récit navigant entre réalité et magie… C’est à lire de toute urgence. Merci David Bry pour cette histoire.

Cuits à point, Élodie Serrano

« Sa blessure à la cuisse n’était probablement que la première d’une collection qu’elle espérait longue. »

Gauthier Guillet et Anna Cargali parcourent la France pour résoudre des mystères qui relèvent plus souvent d’arnaques que de véritables phénomènes surnaturels. Mais leur nouvelle affaire est d’un tout autre calibre : pourquoi la ville de Londres subit-elle une véritable canicule alors qu’on est en plein hiver et que le reste de l’Angleterre ploie sous la neige ? Se pourrait-il que cette fois des forces inexpliquées soient vraiment en jeu ?

Un roman fantastique dans un Londres victorien, je dis oui tout de suite ! C’est donc plein d’enthousiasme que j’ai attendu Cuits à Point dans ma boîte aux lettres et je l’ai entamé avec grand plaisir.

J’ai tout de suite apprécié le personnage d’Anna, une Italienne au sang chaud et au caractère affirmé. C’est un personnage très libre dans une société où cela n’est pas courant pour les femmes mais également quelqu’un d’intelligent, une femme de savoir et de science. J’ai donc beaucoup aimé cette touche de féminisme, cette manière dont Anna, veuve, reprend en main sa vie en se lançant dans la résolution des mystères “surnaturels” (ou plutôt d’arnaques) aux côtés de Gauthier, un démystificateur français bougon.

Le duo possède d’ailleurs une bonne dynamique. L’un à l’opposé de l’autre, leur scepticisme et leur caractère borné est ce qui les rapproche. J’ai aimé l’amitié sans ambiguïté empreinte de respect entre les deux personnages, même si Gauthier ne le montre pas toujours.

Pour ce qui est de l’intrigue, on est plongé au cœur d’une enquête pour déterminer ce qui cause une chaleur extraordinaire dans la ville de Londres, en plein milieu de l’hiver, avec pour guide et compagnon, Anton Lloyd, un confrère british qui, lui, croit dur comme fer au surnaturel. Leurs opinions divergentes les poussent à mener l’enquête en cherchant à la fois une cause scientifique et une cause surnaturelle. Mysticisme et science s’affrontent donc au fil du roman, ce que j’ai beaucoup aimé. En tant que lecteur, on ne sait qui croire et on se retrouve à enquête de concert avec cette équipe peu commune.

Si le roman est court, je n’en ai néanmoins ressenti aucun sentiment de précipitation. L’histoire et l’univers sont développés, tout comme les personnages, qui reposent certes sur des stéréotypes, mais amener avec tellement d’humour et pointé d’ironie que cela ne m’a pas beaucoup dérangé, même si j’aurais aimé un peu plus de nuances concernant les personnages ou encore un peu plus d’aperçu de leur passé.

Ce fut donc un très bon moment de lecture, divertissante et captivante, même si cela aurait mérité un peu plus d’approfondissement au niveau des personnages et de leur histoire personnelle.

Cassidy Blake, Tome 1 : Chasseuse de fantômes, V.E. Schwab

« Si je dois retenir une leçon de cette journée, c’est qu’il me reste beaucoup à apprendre. Le monde est peut-être encore plus étrange que je ne le pensais. »

Levez le voile… Le monde des fantômes vous attend de l’autre côté !

Depuis que Cassidy a failli se noyer (bon, d’accord, en fait elle s’est vraiment noyée – mais elle n’aime pas y penser), elle a le pouvoir de soulever le voile qui sépare le monde des vivants de celui des morts, et de s’y aventurer. Son meilleur ami est d’ailleurs… un jeune fantôme, Jacob. On peut donc le dire : elle vit environnée de choses étranges. Mais ce n’est que le début !

Car, quand ses parents se voient confier le tournage et la présentation d’une émission télévisée sur les villes les plus hantées du monde, toute la famille prend pour l’été la direction d’Édimbourg, en Écosse. Caves, châteaux et passages secrets, la ville semble regorger de fantômes à chaque coin de rue ! Mais, pour la première fois, Cassidy rencontre une fille qui possède le même don qu’elle… et comprend peu à peu qu’elle a beaucoup à découvrir sur son étrange capacité.

Saura-t-elle démêler le mystère de ses pouvoirs avant de croiser le chemin d’un spectre mal intentionné ? Victoria Schwab, auteur prodige, imagine, avec l’originalité et le talent qu’on lui connaît, la plongée d’une petite équipe de héros atypiques dans les mystères d’une ville fascinante, et se délecte à nous donner la chair de poule !

C’est toujours avec beaucoup de joie et d’enthousiasme que j’attends un livre de V.E. Schwab. Cassidy Blake n’a donc pas fait exception, surtout que c’est le premier roman jeunesse de l’autrice que je découvre. Et laissez moi vous dire qu’il est tout aussi cool que ses romans adultes !

Cassidy Blake, la chasseuse de fantômes

« Au bout du compte, je pense que ma mère a raison.

J’ai un pied en hiver et l’autre au printemps.


Un pied chez les vivants et l’autre chez les morts. »

Cassidy n’est pas une fille comme les autres. Un appareil photo toujours à la main, solitaire, peu bavarde, cette petite fille sort du commun. À cette personnalité particulière, à laquelle je me suis beaucoup attachée (sa passion pour Harry Potter n’y est sans doute pas pour rien !) s’ajoute un don très particulier : traverser le voile entre notre monde et celui des fantômes. Depuis le jour où elle frôla la mort, elle acquit l’habileté de voir et de communiquer avec eux. Son meilleur ami, Jacob, est d’ailleurs lui-même un fantôme. À eux deux, ils forment une belle amitié qui m’a touché et que j’ai adoré suivre dans ces aventures, enveloppé de mystères et d’une bonne dose d’humour.

Édimbourg, la ville aux mille fantômes

« On s’imagine souvent que les fantômes ne sortent que la nuit, ou le soir de Halloween, quand il fait sombre et que la séparation entre les mondes s’amenuise. C’est faux. En réalité, ils sont partout : à la boulangerie, dans le jardin de votre grand-mère, assis à l’avait du bus …

Certes, on ne les voit pas, mais ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas là. »

On suit donc ce duo très touchant à Édimbourg, où les parents de Cassidy tournent leur premier épisode de leur émission sur le paranormal. Le sujet est ironique, au vu des capacités que leur fille cache. J’ai adoré la ville d’Édimbourg, elle possède une aura très particulière, captivante. J’ai aimé découvrir les différents lieux et les histoires qui s’y rattachent.L’histoire est prenante, on se laisse porter par la découverte de la ville à la suite de Cassidy et Jacob mais aussi par toutes les mésaventures qui leur arrivent, qui concernent notamment une certaine Corneille Écarlate… Mais surtout, c’est l’occasion pour Cassidy de découvrir ce qu’elle est réellement et les implications de son étrange pouvoir. J’ai beaucoup aimé la mythologie et la magie créées par V.E. Schwab. Elle reprend ici une magie ancienne, des créatures anciennes dans une ville tout aussi ancienne et cela donne un mélange formidablement étrange.

Ce fut donc une lecture que j’ai adoré dévorer. Les personnages sont attachants, le décor est magnifique et l’intrigue magique ! V.E. Schwab ne me déçoit encore une fois pas et avec impatience que j’attends le deuxième tome.

#fantome #Mystère #histoire #VESchwab #LumenEdition

Skin Trade, G.R.R. Martin

« Nous avons bâti cette cité en partant de rien. Le sang et le fer ont formé les fondations de cette cité : le sang et le fer l’ont nourrie, ainsi que ces habitants Les vieilles familles connaissaient le pouvoir, et elles savaient comment faire la grandeur de cette ville. Nous sommes tombés bien bas. Nous devons nous souvenir de nos origines. Le fer noir et le sang rouge. »

Il fût un temps où cette ville était au centre du monde. Un temps où sa puissance se nourrissait du sang et du fer. Mais aujourd’hui elle n’est plus que rouille et elle attend la ruine. C’est un territoire parfait pour Willie Flambeaux et Randi Wade. Lui est agent de recouvrement, elle, détective. Mais lorsqu’une série de meurtres particulièrement atroces ensanglante cette ville qu’ils croyaient si bien connaitre, ce n’est plus dans le labyrinthe des rues qu’ils auront à mener l’enquête, mais dans les recoins les plus sombres de leurs propres passés. Là où se cachent leurs plus grandes peurs.

G.R.R. Martin et moi sommes partis d’un mauvais pied. Je l’ai connu, comme une bonne majorité, grâce à la série Game of Thrones dont j’ai adoré les premières saisons. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je m’étais plongée dans le premier intégrale de cette série. Mais j’en suis ressortie mitigée, un peu déçue par la lourdeur du style et par certains personnages (si vous voulez plus de détails, je vous mets ICI ma chronique sur ce premier intégrale). Ensuite, j’ai tenté un de ses livres de SF, L’Agonie de la Lumière, et cela a été un vrai flop. Je n’ai pas du tout aimé l’ambiance ni l’univers et l’histoire m’a laissé indifférente. Alors quand les éditions ActuSF (que je remercie !) m’ont proposé Skin Trade, j’ai beaucoup hésité. Finalement, le côté un peu bit-lit avec des loups-garou a fini par me convaincre.

Skin Trade est l’histoire de Willie, un loup-garou, qui voit les gens de sa meute mourir de manière atroce les uns après les autres. Sachant qu’il est le prochain, il demande de l’aide à Randi, détective humaine, pour comprendre ce qui se passe.

L’histoire est donc très intrigante et sombre, comme on peut s’y attendre de la part de l’auteur. J’ai beaucoup aimé suivre l’enquête qui tient en haleine. Les personnages sont également attachants, notamment Randi. J’ai eu un peu plus de mal avec Willie, trouvant son humour et ses blagues sexuelles un peu lourdes à la longue. Néanmoins, il reste un personnage très atypique, un loup-garou asthmatique et un peu misérable, qui fait assez pâle figure devant la personnalité forte de Randi. Ce duo improbable possède tout de même une bonne dynamique et s’engage dans une enquête sanglante et glauque.

J’ai été totalement prise par la plume de Martin cette fois, la trouvant agréable et parfaite pour ce format de novella à la mythologie réinventée et innovante.

Pour conclure, Skin Trade fut une lecture qui m’a réconcilié avec la plume de G.R.R. Martin et qui prouve son talent d’auteur. Je me plongerais donc avec confiance dans la suite du Trône de Fer et dans ses autres romans du même genre de Skin Trade.

#vengeance #monstre #surnaturelle #survie #GRRMartin #magie #Mystère #ActuSF

Evil, tome 2 : Vengeful, V.E. Schwab

« Au cours des dix années précédentes, la vengeance avait obsédé Victor. Il n’avait jamais vraiment songé à l’« après ». Or, voilà qu’il avait atteint son objectif : Eli croupissait dans une cellule et lui-même était encore là. Toujours en vie. Cette quête l’avait absorbé tout entier, si bien que son absence le laissait à présent mal à l’aise, insatisfait.
Et maintenant ? »

Le combat du mal contre le mal absolu

C’est la deuxième fois que Victor Vale revient à la vie – et, il faut bien le dire, ce n’est pas le genre de chose qui devient plus facile avec le temps…

Terrible ironie du sort : cinq ans après le féroce affrontement qui a opposé les EO les plus puissants que Merit ait jamais connus, les rôles se sont totalement inversés. C’est le tour d’Eli de croupir en prison quand Victor, lui, trace son chemin macabre de ville en ville, entraînant dans son sillage sa petite famille de fortune. Et, le moins qu’on puisse dire, c’est que le prix à payer pour revenir à la vie est particulièrement élevé quand on est un EO…

Mais tandis que les deux ennemis jurés se débattent, en proie à leurs démons, émerge à Merit un nouveau maître du jeu – une maîtresse, en l’occurrence. Épouse d’un membre éminent de la mafia, Marcella Riggins n’était déjà pas une tendre avant sa mort et les conditions pour le moins contrariantes de sa disparition n’ont rien fait pour améliorer son tempérament. Car si elle n’a rien contre le meurtre, elle tolère beaucoup moins d’en être la victime. Armée de ses nouveaux pouvoirs, elle n’a désormais plus qu’une idée en tête, semer le chaos et la destruction afin de mettre la ville tout entière à ses pieds…

Le premier tome de cette série m’avait déjà conquise. C’est donc pleine d’enthousiasme et de curiosité que je me suis lancée à la suite des aventures de Victor et Ellie et surtout, à la rencontre de Marcella Riggins.

Les personnages : la virtuosité de V.E. Schwab

L’intrigue a beau être captivante, la plume excellente, les thématiques incroyables… Le point fort de ce livre réside dans les personnages. J’ai rarement vu un livre qui montre un tel panel de mauvaises personnes mais toutes dans des nuances qui nous empêchent de radicalement les condamner. On ne peut s’empêcher de compatir pour certains, d’avoir peur pour d’autres, au point de se rendre compte qu’on n’est absolument pas du côté des gentils et de la justice. Ce livre m’a donc fait me remettre en question sur beaucoup de points et cela principalement grâce aux personnages.

Victor Vale, l’homme condamné

Quelle joie de retrouver ce personnage ! Je m’étais énormément attachée à Victor durant le premier tome et c’est avec beaucoup de joie que j’ai retrouvé son point de vue. Malheureusement, si dans le premier il prenait de plus en plus d’assurance, montant en puissance au fil des pages, c’est ici une véritable descente aux enfers. Il perd peu à peu le contrôle de lui-même, de son pouvoir et on le voit se rapprocher de la mort seconde après seconde. Un sentiment d’angoisse et d’appréhension m’a suivi tout au long de ce tome concernant Victor, je n’avais qu’un souhait : qu’il s’en sorte. Cet homme est mauvais, c’est un assassin, un criminel mais j’ai voulu qu’il s’en sorte.

Eli Cardale, la perte de la foi

Si dans le premier tome, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à Eli, j’ai eu un peu plus d’affection pour lui dans celui-ci. Sans oublier tout ce qu’il a fait, on ne peut que compatir à son sort actuel. Enfermé et torturé, il perd toute liberté, tout repère jusqu’à douter de sa foi qui le caractérise tant.

J’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur son passé, son enfance. Cela lui donne une certaine nuance qui n’était pas forcément très présente dans le tome précédent. Cela permet de mieux appréhender son évolution qui particulièrement intéressante. Je ne vous en dis pas plus car cela perdrait un peu de son charme mais vraiment, ce personnage est incroyablement bien construit. C’est quelqu’un qui me met mal à l’aise, quelqu’un dont on sait qu’il faut se méfier mais dont on ne peut s’empêcher de compatir avec. Victoria Schwab a fait un excellent travail sur ses personnages et Eli est l’un des plus beaux exemples.

Sydney Clarke, une puissance endormie

J’ai été super contente de retrouver Sydney ! Elle m’avait plu dès sa première apparition dans le premier tome et mon amour pour elle s’est accrut au fil des tomes. Je me suis d’ailleurs beaucoup retrouvée en elle dans ce tome. C’est une jeune femme qui grandit dans sa tête mais son corps reste le même. Elle reste donc aux yeux du reste du monde une petite fille de 13 ou 14 ans qui n’est prise au sérieux par personne. Même Mitch et Victor n’arrivent pas à la considérer autrement qu’une jeune fille à protéger. Or, Sydney grandit, non seulement en année mais aussi en puissance. Peu à peu, elle apprend à améliorer son pouvoir et va de plus en plus loin. J’ai beaucoup aimé la manière dont elle apprend, ses essais, ses doutes, ses ratés mais aussi ses réussites qui ne sont pas des moindres. Ses nombreux doutes et questionnements lui donnent une profondeur qui nous pousse à nous attacher à elle. Je ne sais pas si l’autrice compte faire un troisième tome mais si c’est le cas, j’ai hâte de voir où Sydney va s’envoler avec les ailes qu’elle déploie dans ce tome.

Marcella Riggins, la prise du pouvoir

Comme tous les autres personnages, Marcella est également très intéressante et très bien construite. Nous avons la joie et surtout, la grande surprise, de la rencontrer dans ce tome. Personnellement, j’ai eu beau lire ce roman un peu après tout le monde et avoir été prévenue, je ne m’attendais absolument pas à cela.

Par de nombreux aspects, Marcella m’a rappelé Médée. Cette force qu’elle a et qu’elle exploite pour nourrir ses ambitions. Cet homme qu’elle assiste par amour mais aussi par ambition et qui finit par la trahir mais qui s’en mord les doigts par la suite… Marcella n’hésite pas à prendre le pouvoir qu’elle estime lui revenir de droit et elle s’en sert avec intelligence.

J’ai d’ailleurs trouvé son pouvoir original et intéressant. C’est un pouvoir qui, au final, la reflète bien.

Je pourrais continuer avec tous les autres personnages tels que Mitch, June, Dominic ou encore Stell. Tous ont quelque chose de singulier qui mériterait qu’on s’attarde sur eux mais la chronique deviendrait beaucoup trop longue !

« Elle en avait sa claque de suivre des règles édictées par d’autres. Assez de se cacher. Quand on vivait dans l’ombre, on mourait dans l’ombre, En revanche, lorsqu’on se tenait dans la lumière, il devenait bien plus difficile de vous faire disparaître.

Et Marcella Renne Morgan entendait bien rester sous le feu des projecteurs. »

La thématique du contôle

L’autrice, dans une rencontre, parlait de la série Evil comme d’un livre qui parle du contrôle. Dans le premier tome, Victor et Elli prennent le contrôle, gagne du pouvoir. Dans ce second tome, ils commencent à le perdre. Et tandis qu’ils le perdent, les femmes – Marcella, Sydney, June – le reprennent. Et c’est exactement comme cela que j’ai perçu ce roman et c’est cela qui m’a fait adorer ce livre. La manière dont le contrôle, représenté par le pouvoir qu’il soit magique ou non, est acquis chez certains pour ensuite être perdue, la manière dont il fluctue, qu’il échappe au contrôle de l’un pour atterrir dans les mains de l’autre… C’est ce qui permet de tenir en haleine le lecteur tout au long de sa lecture. Impossible de s’arrêter de lire, d’être témoin de la descente aux enfers de Victor et Éli tout en étant témoin de l’ascension de Marcella et l’évolution de Sydney.

Pour conclure, ce second tome est l’apothéose de ce que prépare le premier tome. J’ai été bluffé par le talent de Victoria Schwab, sa manière de toujours nous surprendre encore et encore sans qu’on se lasse. J’espère qu’un troisième tome sera possible même si cette fin est déjà incroyable.

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