Heartstopper, Alice Oseman

« You can’t tell whether people are gay by what they look like. And gay or straight aren’t the only two options. Anyway, it’s very rude to speculate about people’s sexuality. »

Ceci est l’histoire de deux lycéens.

Nick, le rugbyman au sourire solaire.

Charlie, le musicien au cœur solitaire.

Parce qu’ils évoluent dans des cercles différents, parce qu’ils n’ont pas le même caractère, leur amitié n’était pas gagnée.

Pourtant, petit à petit, de façon irrésistible, Charlie tombe amoureux.

Même s’il sait que Nick aime les filles. Même s’il sait qu’il n’a aucune chance.

Alors, pour ne pas mettre en péril cette amitié naissante qui compte pour lui plus que tout, Charlie préfère garder le silence…

J’ai énormément entendu parler de Heartstopper dès sa sortie. Uniquement des avis positifs. Contrairement à la plupart du temps où je m’éloigne un peu des livres qui font trop parler d’eux, celui-ci m’a intrigué. Mais ce n’est quand même que bien plus tard que je me suis lancée dans la lecture. Et comment vous dire que je rejoins la liste des avis positifs !

Heartstopper, c’est l’histoire de Nick et Charlie que l’on suit à travers une belle amitié qui devient un peu plus au fur et à mesure.

J’ai beaucoup aimé ce roman graphique, premièrement pour le trait. Les graphismes sont beaux, aérés, et très agréables à suivre. Les personnages sont adorablement bien dessinés, j’ai trouvé ça vraiment beau à regarder. L’anglais est également très abordables, donc si vous voulez le lire en VO, n’hésitez vraiment pas !

Deuxièmement, les thématiques. On y parle des questionnements que soulève l’orientation sexuelle, notamment avec le personnage de Nick qui découvre sa bisexualité, du coming-out mais aussi du harcèlement scolaire, à travers le parcours de Charlie… Le tout est bien traité, plein de justesse et réaliste.

Troisièmement, les personnages. Je me suis très vite attachée à Nick et Charlie, qui sont deux personnages adorables, autant séparément qu’ensemble. J’ai été très contente de retrouver Aled également, personnage principal dans le roman Radio Silence de la même autrice, même si ce n’était qu’occasionnel. Tori, la sœur de Charlie est également attachante, ainsi que l’entourage de celui-ci de manière générale. J’ai beaucoup aimé l’évolution des personnages et des relations au fur et à mesure des trois tomes. C’est subtil, c’est juste, c’est beau. J’ai enchaîné les trois tomes à la suite et c’était un vrai plaisir.

Ce fut donc une jolie lecture en compagnie de personnages attendrissants qui mettent en lumière beaucoup de thématiques abordées avec justesse. Vivement la sortie du tome 4 !

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

« Mon cheminement n’est pas terminé. Je suis en cours de réparation, il me reste quelques impacts et c’est seule que je compte m’en occuper. Quand j’aurai terminé, j’espère être assez solide pour reprendre la route en n’ayant plus peur de ce qui m’attend. »

Après l’énorme coup de cœur que j’ai eu pour Quand nos souvenirs viendront danser, j’ai voulu découvrir un peu plus la plume de Virginie Grimaldi. J’ai donc tenté Tu comprendras quand tu seras plus grande, qui partage le thème des personnes âgées avec le premier.

Si j’ai retrouvé une plume drôle et émouvante ainsi que des thématiques liées à la vieillesse, ce ne fut pas un coup de cœur comme Quand nos souvenirs viendront danser. J’ai eu du mal à m’attacher au personnage principal, Julia, avec qui pourtant je partage l’intérêt pour la psychologie. Je l’ai trouvé assez pessimiste, parfois même égoïste et dans le jugement. Ses préjugés envers les personnes âgées m’ont un peu dérangé par moments, même si j’ai apprécié l’évolution qu’elle fait de ce point de vue-là au fur et à mesure du roman.

Les personnages secondaires sont par contre attachants. J’ai aimé découvrir la personnalité des résidents des Tamaris, leur histoire, leur vision de la vie… J’en ai autant appris que Julia au contact de ces personnages qui sont sur la fin de leur vie et qui voit le monde d’un œil différend. J’ai également bien aimé le personnel, notamment Marine et Greg que je trouve adorable et drôle.

La romance est assez prévisible malheureusement même si elle reste mignonne et attendrissante. Julia apprend à faire le deuil de sa longue relation avec Marc, relation nuancée au départ, qui permet d’aborder des thèmes intéressants comme l’importance de la présence de l’autre, du soutien accordé… Cette rupture permet à Julia de se recentrer sur elle-même, de faire son deuil à son rythme, à sa manière et de faire le point sur sa vie. J’ai bien aimé cette remise en question qui touche pas mal de sphères différentes dans sa vie (amitié, travail, famille…).

La fin en revanche ne m’a pas plu. Je n’ai pratiquement rien compris au plot twist, cela m’a beaucoup perturbé dans ma lecture et une fois que j’ai fini par comprendre ce qui se passait, l’idée ne m’a pas plu. La toute fin est également assez prévisible et c’est donc sur une note un peu décevante que j’ai refermé le livre.

Pour conclure, ce livre ne fut pas à la hauteur de mes attentes après le gros coup de cœur pour Quand nos souvenirs viendront danser, mais il reste néanmoins une agréable lecture. J’ai aimé rencontrer les résidents des Tamaris et accompagner Julia dans sa reconstruction d’elle-même, même si quelques points m’ont un peu dérangé et que la fin n’a pas été à mon goût.

Triangle amoureux (ou pas), Marisa Kanter

« L’amitié, ça n’a rien de simple. C’est difficile, énervant, génial, fragile, durable, impossible… Mais ça en vaut la peine.

Toujours. »

Amis sur Internet, un peu plus dans la vie réelle…

Halle et son meilleur ami sur Internet, Nash, peuvent parler de tout… sauf de qui elle est vraiment – un secret qu’elle garde jalousement pour une raison mystérieuse. Sur les réseaux sociaux, elle s’est fait connaître sous le nom de Kels, l’énigmatique créatrice d’un bookstagram à qui ses coups de cœurs littéraires inspirent des recettes inédites de cupcakes. Kels a tout ce dont manque Halle : des amis par dizaines, une assurance inébranlable… et Nash.

Mais ça, c’était avant. Au détour d’un énième déménagement, Halle a la mauvaise surprise de découvrir, dans son rayon préféré à la bibliothèque, nul autre que Nash en chair et en os. Sauf que, quand vient l’instant de se présenter, dos au mur, elle choisit de mentir. Furieuse de devoir entretenir cette mascarade dans les couloirs de l’unique lycée de la petite ville, elle commence par battre froid le garçon à qui elle révèle pourtant presque tout d’elle chaque soir sur les réseaux sociaux. Car si elle franchit le pas et révèle qui elle est, c’en est fini de leur amitié et de sa notoriété en ligne…

Suite à une chouette surprise de la part des éditions Lumen dans ma boîte aux lettres, ce livre a attiré mon attention. Un monde de blogueurs littéraire et de cupcakes, quoi de mieux comme lecture estivale ! Lumen m’a donc très gentiment envoyé un exemplaire et je les remercie encore.

On rencontre dans ce roman le personnage de Hallie, jeune fille passionnée par la littérature YA, qui emménage chez son grand-père avec son frère suite au décès de leur grand-mère et au départ de ses parents pour une émission en Israël. L’installation est un peu rude, dans cette maison qui lui rappelle tant sa grand-mère dont elle était si proche, et cela ne s’arrange pas quand elle se rend compte que Nash, son meilleur ami IVL, se trouve dans la même petite ville qu’elle ainsi que dans le même lycée. N’osant lui avouer qu’elle est Kells, sa meilleure amie blogueuse, la voilà qui se lie d’amitié avec lui sous le nom de Hallie.

Hallie, un personnage compliqué

Si l’idée d’une jeune blogueuse qui mélange sa passion pour la littérature YA à celle des cupcakes m’a beaucoup plu, ainsi que la thématique des amitiés virtuelles et de la gestion du deuil, ou encore les relations entre grands-parents et petits-enfants m’ont beaucoup plu, j’ai été un peu déçu par ce roman. J’ai eu du mal à m’attacher au personnage de Hallie, dont les problèmes m’ont laissé un peu de marbre, les trouvant somme toute pas très problématiques au final. Je l’ai trouvé un peu égoïste et puéril et cela m’a un peu dérangé.

Débat sur la littérature YA

De plus, la position selon laquelle un adulte ne peut apprécier à sa juste valeur un roman YA et qu’il ne lui est aucunement destiné m’a dérangé. Je pense que, en effet, les livres ont un public ciblé mais cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas le lire et l’apprécier comme il se doit si on ne fait pas partie du public concerné et je pense que cela est d’autant plus le cas pour les tranches d’âge. Puis cela reviendrait presque à dire qu’un roman YA ne peut être écrit par un adulte car il ne comprend pas bien les YA, ce qui pose problème. Plusieurs points de ce genre ont fait que j’ai eu très peu d’empathie pour le personnage principal.

Des personnages secondaires attachants

Néanmoins, j’ai trouvé les personnages secondaires très attachants, notamment le frère de Hallie et Nash, que je trouve adorable. J’aurais d’ailleurs préféré avoir son point de vue, qui aurait été intéressant selon moi. Son grand-père m’a également beaucoup touché, dans sa manière de gérer la perte de sa femme mais également dans sa foi. J’ai appris de nombreuses choses sur la religion juive et cela m’a beaucoup plu.

La plume de l’autrice est quant à elle fluide et agréable, c’est un roman qui se lit tout seul et parfait pour un moment sans prise de tête (ou presque !).

Pour conclure, ce fut une lecture quelque peu mitigée avec de bons sujets abordés, de bons personnages secondaires mais malheureusement un personnage principal avec qui cela n’a pas collé et des positions que je ne partage pas.

Le Choix de Bérénice, Fabien Clavel

« Pour la première fois, il se sentait amoureux et il était heureux d’éprouver cette délicieuse souffrance. »

Quand Arslan croise Bérénice sur une place en été, il est ébloui. Mais Titus arrive, conquérant, sûr de lui et su riche… Titus qui entraîne Bérénice aux États-Unis où il doit prendre la relève de son père à la tête d’un empire financier.

Arslan se résigne alors à devenir l’ami du couple. Parviendra-t-il à dissimuler son amour pour Bérénice ?

Même si j’ai une préférence pour les pièces de Corneille, j’ai toujours beaucoup aimé les pièces de Racine. Alors cette réécriture de l’histoire de Bérénice de nos jours m’a tout de suite intriguée. Je remercie l’auteur pour me l’avoir offert car ce fut vraiment une très belle et douce lecture.

Dans ce livre, on suit le personnage d’Arslan qui tombe sous le charme de Bérénice au premier regard. Malheureusement, elle lui est ravie par Titus, un jeune homme beau, riche, intelligent et drôle. Incapable de leur en vouloir, Arslan se retrouve à devenir l’ami du couple.

J’ai tout de suite été touchée par la belle personnalité d’Arslan. C’est un jeune homme vulnérable, émouvant, mélancolique parfois. J’étais totalement de son côté, voulant que Bérénice se rende compte de son amour pour elle. Mais malgré cela, on ne peut s’empêcher d’apprécier Titus qui est un jeune homme tout aussi attachant et on ne peut nier l’alchimie qui se dégage de ce beau couple. J’ai également beaucoup aimé la relation d’amitié entre Arslan et son meilleur ami, Aydin.

De nombreuses thématiques sont abordées à travers cette belle histoire moderne : la pression que les parents riches imposent à leurs enfants, leur absence également et donc le fort sentiment de solitude que les enfants développent, mais aussi les réalités des différences de classes et de culture. Ce classique de la littérature prend une dimension atemporelle qui transcende les époques et les cultures pour faire ressortir l’importance de l’amitié et de l’amour.

Ce court roman reprend donc une formidable histoire d’amour et d’amitié et lui donne des allures immortelles qui voyagent à travers le temps et dans les cœurs. À mettre entre les mains de tout le monde, petit et grand, adepte de Racine ou non.

#amour #amitié #sacrifice #société #FabienClavel

PS. : Je ne t’ai jamais dit, Brigid Kemmerer

« – Merci.

– De quoi ?

– De m’avoir vu. »

Ils cherchaient des réponses. Ils se sont trouvés.

Emma a créé un jeu vidéo. C’est un oasis où elle se réfugie chaque jour. Même si un joueur la harcèle en ligne.

Rev pensait avoir réussi à fuir son passé. Pourtant une lettre de son père ravive ses souvenirs et réveille ses vieux démons.

Ces deux lycéens, que tout oppose, se rencontrent au détour d’un chemin. Commence alors une relation inattendue.

Mais les secrets ont un prix. Et ceux de Emma et Rev pourraient bien tout gâcher …

J’ai eu la chance de découvrir le premier tome, PS : Tu me manques et d’en faire la chronique pour le magazine Bloggers’. Ce premier livre m’avait bouleversé, j’avais été touchée par les personnages mais surtout par les sujets abordés et les émotions qui se dégageait de la plume de l’autrice. Puis, quand j’ai vu qu’un second tome sortait, j’ai eu un peu peur. Qu’avait-il a ajouté à cette belle histoire ? J’avais été un peu déçue par le second tome de Paradise de Simone Elkeles qui se trouve dans le même genre et j’avais peur de reproduire la chose avec ce livre-ci. Mais, quand je suis tombée dessus il y a quelques jours sur NetGalley, je me suis dis pourquoi pas. Les éditions Hachette ont eu la générosité de me l’envoyer en SP et je l’ai débuté sur le champ. Je ne l’ai pas lâché de toute la journée et l’ai terminé dans la soirée, totalement subjuguée.

Rev, un personnage terriblement attachant

Ce fut un gros coup de foudre pour le personnage de Rev. Je l’avais déjà bien apprécié dans le premier tome à travers le point de vue de Declan et avoir sa propre perspective n’a fait qu’augmenter mon amour pour ce personnage. Ce que j’ai le plus apprécié chez lui c’est qu’il n’a rien d’un cliché. C’est un ado un peu bizarre mais qui ne s’attire pas d’ennui, qui est bon élève… Il n’y a rien à lui reprocher, contrairement à Declan qui a une sacrée tendance à attirer les problèmes. C’est un bon fils envers ses parents adoptifs. Il est gentil et attentionné envers les gens qui l’entourent. C’est un personnage qui a vécu une enfance terrible. J’ai été profondément bouleversée par son passé et par les séquelles qu’il en garde. On sent tout au long de l’histoire sa détresse et son mal-être qui vous brise le cœur. Et ce mal-être n’est apaisé que par la présence d’Emma.

Emma, une adolescente qui ne se laisse pas abattre

Ça n’a certes pas été le coup de foudre immédiat comme avec Rev, mais le personnage d’Emma m’a énormément touchée. Je me suis beaucoup retrouvée en elle et j’ai éprouvé beaucoup de compassion pour elle. Passionnée par les jeux vidéo, c’est une jeune fille qui croit en ses rêves et qui refuse de les abandonner sous prétexte que c’est dur ou que c’est un univers d’homme. Elle est douée dans son domaine et elle le sait, même s’il lui arrive d’en douter parfois. J’ai admiré sa force d’esprit et sa volonté sans relâche. Elle est la moins vulnérable des deux personnages même si ces problèmes sont sérieux voire dangereux. Elle fait face à du harcèlement violent mais ne se laisse pas abattre. Son refus de dépendre de quelqu’un, de laisser les autres régler ses problèmes est noble même si cela lui apporte des problèmes par la suite. C’est quelqu’un qui souffre beaucoup sans pouvoir trouver comment l’exprimer et, de par la plume de l’autrice, on ressent cet étouffement, tout comme celui de Rev. C’est vraiment un très beau personnage plein de courage.

Des personnages que l’on retrouve

C’est avec beaucoup de joie que j’ai pu retrouver Juliet mais surtout Declan qui est autant un ami formidable que Rev que ce dernier a été pour lui dans le premier tome. Leur amitié est vraiment magnifique. Il n’y a pas un moment où l’un va juger l’autre, ou l’un va douter de l’autre. C’est une relation solide sur laquelle les deux peuvent se reposer quand ils ont l’impression d’être seuls au monde. Il faut l’avouer, je l’ai même préférée à celle entre Rev et Emma qui pourtant m’a beaucoup touchée. Mais cette loyauté sans failles, cette confiance et cet amour entre eux est tout ce qu’une personne peut rêver chez un ami.

Des thématiques difficiles

Dans ce second tome, Brigid Kemmerer s’attaque à des thématiques passionnantes mais difficiles à aborder.

La maltraitance infantile

Le passé de Rev m’a empli d’horreur. J’ai vraiment été touchée par ce qu’il a vécu. Ses cicatrices ont été dures à lire et j’ai ressenti sa détresse comme si c’était la mienne. Ce qui m’a le plus impressionné dans sa façon d’aborder cette thématique, c’est le traitement psychologique de Rev. En effet, on sent que l’autrice a fait des recherches approfondies sur ce sujet et qu’elle le maîtrise. Elle ne tombe pas dans le cliché, elle a réussi à saisir parfaitement l’état psychologique d’un enfant ayant subi des services durant l’enfance, son attachement malgré lui envers son père, cette aversion de tout ce qui le lie à lui, sa peur de devenir comme lui… Rev n’arrive pas à éprouver de la haine envers son père, il n’arrive pas à totalement s’émanciper de cette emprise qu’il a eue sur lui durant toute son enfance. L’autrice condamne donc la maltraitance infantile non en montrant les sévices mais en montrant les conséquences qu’elle peut avoir sur un enfant. Et surtout, elle montre que l’on peut briser le cercle de la violence, que l’on ne peut certes pas effacer ce qui s’est passé, mais que l’on peut avancer, que l’on peut ressentir autre chose que de la haine et de la colère quand on est victime de cette horreur. Rev est un symbole d’espoir pour les personnes victimes de maltraitance et un modèle à suivre.

Le harcèlement

Cette thématique est abordé non pas dans le passé mais dans le présent, notamment avec Emma mais également un peu avec Rev qui se voit harceler par son père. Au moyen des personnages, on voit deux formes de harcèlement, l’insidieux et le violent. Rev ne reçoit que des mails de son père qui exige une réponse de sa part, ce qui suffit à faire resurgir les mauvais souvenirs et à le mettre dans un état de détresse absolue. Quant à Emma, c’est un pauvre type qui estime qu’une fille n’a pas sa place dans le monde des jeux-vidéos, un inconnu aux propos violents et vulgaires. C’est à chaque fois un coup de poing dans le ventre que reçoit Emma à l’ouverture des mails. On ressent sa colère, son malaise et sa solitude face à cette situation. Ce sont deux manières d’aborder un sujet malheureusement trop actuel et fréquent dans notre société, qui nous pousse à remettre en question notre attitude face aux messages que l’on envoie à travers un écran. Car oui, derrière l’écran se trouve une personne capable de ressentir des émotions, une personne qui mérite autant de respect que nous-même.

« Les femmes reçoivent sans arrêt des messages de ce genre. Ce n’est pas bien. C’est même inacceptable, mais je n’y peux rien. »

En conclusion, Brigid Kemmerer nous offre un roman poignant et émotionnellement puissant, abordant des thématiques difficiles avec brio, le tout dans une plume douce et pleine d’espoir. Toutes mes appréhensions quant à ce second tome se sont évanouie et je surveillerais les prochaines parutions de cette autrice en tout point prometteuse.

#harcèlement #maltraitanceinfantile #adolescence #amitié

Attirance et Indécision, Simone Elkeles

« Famille. Familia. Ce mot renvoie à tellement de problème. Je détestais ce mot. Il signifie que l’on est lié à des gens, qu’on le souhaite ou non. Il signifie que l’on doit se montrer digne, même si l’on se fait taper sur les doigts ou insulter, ce qui fait encore plus mal. « 

Bagarreur et indiscipliné, Victor, un jeune latino au sang chaud, accumule les avertissements et doit sa présence au lycée à ses capacités sportives plus qu’à ses résultats scolaires.

Monika, elle, est une jeune fille de bonne famille promise à une carrière brillante.

Ce qui les rapproche ? Leurs sentiments et une attirance sincère.

Ce qui les éloigne ? Tout le reste : les conventions, leurs familles, leurs amis, leur passé…

Et Trey, le petit copain de Monika, qui est aussi le meilleur ami de Victor…

J’ai lu le premier tome il y a quelques années déjà et j’avais beaucoup aimé l’histoire entre Ashtyn et Derek. Cette fois, l’histoire se tourne vers Monika et Victor, que tout semble séparer.

Victor, un latino au grand cœur

J’ai tout de suite adoré Victor. C’est un beau latino aux airs de bad boy mais qui cache un vrai cœur d’or. S’il y a bien un mot pour le définir, ce serait la loyauté. C’est un jeune homme très fidèle aux gens qu’ils aiment et à ses principes.

Malheureusement, il manque cruellement de confiance en lui et en ses capacités. Sans cesse rabaissé par son père et vu comme un moins que rien par la plupart des gens, il a fini par adopter cette image qui lui a fait baisser son estime de soi. Pour lui, il n’est qu’un délinquant de plus, qui n’est pas assez intelligent pour espérer un avenir stable et ambitieux.

Et pourtant, c’est un sportif hors pair. Même s’il ne s’en rend pas compte, il est admiré pour ses capacités sportives, pour sa passion et sa détermination sur le terrain. Il est très aimé de son équipe et groupe d’amis. J’ai d’ailleurs moi-même eu beaucoup de plaisir à retrouver ce groupe, notamment Ashtyn et Derek que j’avais adoré dans le premier tome.

Ce qui m’a le plus plus dans ce personnage, c’est sa fidélité envers ses amis et sa famille. Il a de beaux principes et même s’il n’agit pas forcément de la bonne manière, préférant ses poings à ses mots, il reste tout de même un homme d’honneur qui ne cherche qu’à protéger ses proches. C’est un personnage qui m’a beaucoup touché. Sa culpabilité et son manque d’estime pour lui-même le rendent vulnérable et le ronge peu à peu. Il m’a bien sûr rappelé Alex Fuentes ainsi que ses frères, que j’ai d’ailleurs adoré retrouver !

Et surtout, son amour pour Monika le rend tout simplement adorable. Il culpabilise d’aimer la petite amie de son meilleur ami alors qu’il l’aimait avant même qu’ils ne soient ensemble. La jugeant intouchable, cela ne l’empêche pas d’être un très bon ami pour elle et d’aider son meilleur ami face à ses problèmes de couple.

Monika, un esprit fort dans un corps fragile

J’ai également beaucoup aimé Monika. C’est une jeune fille adorable, qui semble épanouie et qui a tout ce qu’il lui faut. Malheureusement, les apparences sont trompeuses.

En effet, Monika n’a pas une vie si parfaite que cela. Tout d’abord, c’est une jeune fille malade. Atteinte d’arthrite juvénile, tout son corps la fait souffrir sans cesse. Mais elle n’en montre rien et continue sa vie d’adolescente normale. C’est quelqu’un qui ne veut pas inspirer de pitié et qui ne veut pas attirer l’attention sur elle. J’ai trouvé ce personnage très humble ainsi que très fort. Elle ne laisse jamais rien paraître, aucune faiblesse et cherche à se dépasser quoi qu’il arrive.

C’est aussi une très bonne amie et petite amie. Elle ne se plaint jamais, elle est toujours là pour tout le monde et elle n’est pas une fille « prise de tête ». C’est quelque chose que j’ai beaucoup aimé chez elle. Elle fait passer les autres avant elle.

Malheureusement, son petit ami Trey ne la mérite pas. Il ne fait pas attention à elle, il agit par habitude et automatisme tandis qu’elle patiente en silence, avec compréhension et bienveillance. Mais cela ne suffit pas et il a fallu qu’elle se rende à l’évidence : son petit ami n’a plus de sentiments pour elle. C’est assez triste de la voir tenter d’arranger les choses, de prendre soin de lui malgré tout. Je trouve qu’elle a eu beaucoup de courage et de bienveillance, car, personnellement, ce n’est pas quelque chose dont j’aurais été capable.

Mais finalement, petit à petit, le meilleur ami de son copain attire son attention. Elle se sent tout d’abord coupable pour finalement se rendre compte qu’il n’y a pas de raisons de l’être et qu’elle aussi, elle a le droit au bonheur.

Vic et Monika, un couple teinté de culpabilité

J’ai vraiment beaucoup aimé leur couple. D’un côté, on sent que Vic aime profondément Monika depuis des années, il est doux et attentionné envers elle, protecteur et aimant et d’un autre, on sent que Monika aide Vic à se dépasser, à être meilleur, elle lui redonne de l’estime et de la confiance en soi.

C’est un couple complémentaire, chacun apportant ce dont a besoin l’autre. L’attraction qu’ils ont l’un pour l’autre est palpable et pimente l’histoire. Mais la culpabilité ainsi que les secrets ne cessent de les séparer, en formant un fossé entre eux qu’ils n’arrivent pas à traverser.

C’est une histoire assez frustrante et tragique au début, on a de la peine pour Vic, partagé entre son amour pour Monika et sa loyauté envers Trey. Dès le début, il se fait une raison, il renonce à tenter sa chance et se contenter de l’aimer de loin, en silence. Mais même quand Monika finit par se rendre compte de ses sentiments et que « la voie est libre », il n’arrive pas à lâcher prise, à ne pas la voir autrement que comme la petite amie de son meilleur ami.

Trey, le garçon parfait

Tout le monde aime et admire Trey. Mais cela n’a pas été mon cas. Dès le début, j’ai trouvé qu’il ne faisait pas assez attention à Monika, je trouvais qu’il la délaissait, ainsi que ses amis. Si le groupe est soudé et qu’ils font front commun dans l’adversité, lui n’hésite pas à les lâcher dès qu’il s’agit de réputation et de dossier scolaire. Je n’ai pas vraiment compris pourquoi Vic l’admirait autant. Je sais bien qu’il n’a pas une vie facile et que celle de son meilleur ami semble meilleure, mais finalement, je trouve que Vic a beaucoup plus de qualités que Trey. Si Trey est particulièrement intelligent, que c’est un bon sportif et qu’il a un grand avenir devant lui, il n’est pour moi, pas à la hauteur par rapport à Vic qui est lui, quelqu’un de loyal et fidèle, prêt à tout pour les gens qu’ils aiment.

Mais bien sûr, ce que convoite le plus Vic dans la vie de Trey c’est Monika. Et là encore, je trouve que c’est vraiment dommage qu’elle sorte avec Trey, qui ne cesse de la délaisser, plutôt que Vic qui l’aime profondément et qui serait prêt à lui donner tout l’amour et l’attention dont elle a besoin.

Isa, un personnage particulièrement touchant

On a déjà rencontré Isa dans la saga des Irrésistible Alchimie, en tant que meilleure amie d’Alex et copine de Paco. C’était une jeune latina faisant partie du gang des Latino Blood, une dure à cuire qui n’avait pas froid aux yeux. Mais cette fois, on lui découvre un petit côté vulnérable.

En effet, Isa, héritière du garage d’Enrique après sa mort, tente coute que coute de garder le garage ouvert pour se donner un but dans la vie. Après la mort de Paco, c’est tout ce qui lui reste, c’est la seule chose qui lui permette de garder sa vie en main, de ne pas sombrer. J’ai été très touché par son personnage, à la fois combattante et brisée.

Elle est présente pour Vic quand il perd les pédales et fait son possible pour lui faire entendre raison. D’un autre côté, elle aussi commence à perdre pied, s’étant attaché à Bernie mais refusant de s’engager avec lui par peur qu’il ne meurt lui aussi. C’est un personnage triste et tragique et je suis contente qu’elle finisse par avancer petit à petit et qu’elle tente de se débarrasser de ses peurs.

Ce que j’ai particulièrement aimé chez elle, c’est que c’est la seule à ne pas voir Monika comme un petit être fragile. Elle ne la sous-estime pas comme les autres, elle la pense assez forte et elle croit en elle.

Un univers familier

J’ai adoré le fait de retrouver l’équipe d’Ash et Derek mais surtout, de retrouver l’univers des frères Fuentes. On revoit les quartiers sud de Fairfield avec notamment le fameux garage d’Enrique, où travaille Vic mais aussi Isa, la meilleure amie d’Alex. Et puis Alex lui-même ! Cela m’a vraiment fait plaisir de le revoir dans cette histoire et de voir à quel point il a changé et à quel point Vic lui ressemble.

Une autrice qui brise les clichés

Simone Elkeles est douée pour ce qui est de briser les clichés et les stéréotypes. Même si on retrouve de nouveau l’univers latino des Fuentes ainsi donc que les thématiques que l’on retrouve dans cette série, je trouve que ce livre amène un regard encore différent sur le sujet de la diversité et des préjugés.

En effet, là encore l’autrice nous surprend en faisant de Trey, un lycéen sportif mais aussi un jeune homme qui cherche à sortir major de promo. Non seulement, c’est rare de trouver un jeune homme qui veut être major de promo mais en plus, il fait partie de l’équipe de football du lycée. C’est une facette que j’ai bien aimée de ce personnage.

Elle casse également le stéréotype du bad boy latino sans cœur en faisant de Vic, un jeune garçon amoureux de la copine de son meilleur ami. L’idée était très bien trouvée et très bien exploitée.

Le thème de la culpabilité

Je dirais que le thème principal de ce livre, est la culpabilité. En effet, Monika comme Vic se sentent coupable vis-à-vis de Trey. Chacun s’en veut pour des raisons différentes et se laissent ronger par elle, ce qui les pousse loin l’un de l’autre.

L’autrice a très bien réussi à exploiter les différentes facettes de la culpabilité et l’a fait vivre de manières différentes en fonction de ses personnages. C’est quelque chose qui m’a beaucoup plu.

Pour conclure, j’ai vraiment beaucoup aimé ce deuxième tome et j’ai adoré retrouver cet univers signé par cette autrice au grand talent.

#amour #préjugés #diversité

PhonePlay, Morgane Bicail

« LUI: […] . Mais , Alyssa, réfléchis une seconde. Qui de nous deux est la personne la moins nette d’esprit ? Toi ou moi ? La personne qui propose le jeu ou celle qui accepte d’y jouer? »

Un soir, Alyssa, dix-sept ans, reçoit un texto d’un mystérieux lycéen qui lui propose un jeu étrange :  » Devine qui je suis et je serai à toi.  » L’occasion pour la jeune fille de mettre enfin du piquant dans sa vie qu’elle juge d’un ennui mortel… quitte à prendre des risques. Jusqu’où Alyssa ira-t-elle pour un garçon dont elle ne sait rien ?

Un jeune inconnu, une discussion par message, un mystère à résoudre… Ce livre m’a tout de suite intrigué de par l’histoire et son concept. C’est donc avec beaucoup de curiosité que je me suis lancée dans PhonePlay.

Alyssa, un personnage intrépide

Alyssa est un personnage que j’adore. C’est une jeune fille rebelle, qui a de la repartie ainsi qu’un faible pour le danger. Je me suis trouvée de nombreux points communs avec elle ce qui m’a permis de très vite m’identifier à elle et de me prêter facilement au jeu. C’est une jeune fille assez touchante aussi, qui ne s’ouvre pas vraiment aux gens, sauf à son meilleur ami. Elle est plutôt solitaire et refuse de s’attacher aux autres de peur d’être déçue, ce que je peux tout à fait comprendre. On voit qu’elle n’aime pas vraiment sa vie et tente un maximum de la changer, d’y apporter du nouveau, c’est assez triste je trouve.

Lui, un personnage hors du commun

Lui est l’un des personnages les plus intrigants qu’il m’a été donné de rencontrer dans un livre. C’est un personnage très intéressant, un inconnu qu’on cherche à démasquer tout prix. J’ai parfois eu l’impression d’être encore plus curieuse qu’Alyssa elle-même ! Même si on ne le connaît pas, on s’attache plutôt facilement à lui et quand je me suis retrouvée de son point de vue, j’ai totalement craqué pour lui. Il a un côté très sensible, blessé et torturé que j’adore.

Alyssa et Lui, une relation non conventionnelle

La relation entre Alyssa et Lui est très spéciale. Elle sort du cadre traditionnelle. Ce n’est ni une véritable relation ni une relation à distance à proprement parler. C’est assez bizarre à décrire mais je trouve que c’est ce qui fait toute la beauté de la chose. Ils commencent à se connaitre, ils tissent un lien de plus en plus fort à travers un jeu hors du commun. Cela nous apporte, tout comme à Alyssa, un coup de neuf, une sorte de rebondissement par rapport aux autres relations que l’on a l’habitude de voir dans les livres ou même dans la vraie vie. Ils deviennent de plus en plus attachants tous les deux.

En revanche, je n’ai pas aimé Matt. Je le trouve trop superficiel et il collectionne les filles en se basant sur le physique contrairement à Lui, qui préfère se fonder sur la personnalité de la personne.

Louis, le meilleur ami rêvé

Même si on ne le voit pas beaucoup, j’aime beaucoup Louis. C’est le meilleur ami rêvé. Il s’inquiète pour Alyssa et ne la juge pas. Il veut la protéger mais la laisse prendre ses propres décisions. Par contre, je n’ai pas trop aimé les autres amis d’Alyssa. Pour moi, ce ne sont pas vraiment de vrais amis, ils ne s’intéressent pas vraiment à elle puis s’étonnent ensuite qu’elle ne s’ouvre pas à eux.

Alyssa et Louis, une amitié en or

J’ai trouvé la relation entre Alyssa et Louis, très touchante. Ils sont très proches l’un de l’autre, c’est tout simplement adorable. Ça fait plaisir de voir que quelqu’un comprend autant Alyssa et que quelqu’un est là pour elle. Il ne la juge pas et veut seulement la protéger, je trouve ça génial de voir une relation aussi authentique.

En revanche, Alyssa a une relation un peu froide avec le reste de son entourage. Par exemple, celle entre elle et ses amis, je trouve que c’est plutôt superficiel. Ils ne discutent pas vraiment de sujets importants et ne parlent pas beaucoup tout court au final. Quant à Alyssa et ses parents, on sent beaucoup de tensions entre eux. Alyssa en veut beaucoup à ses parents, elle leur reproche leur absence et leur manque d’intérêt envers elle, ce que je peux comprendre. Sa mère veut à tout prix garder les apparences d’une famille parfaite et lui imposer une image de la jeune fille parfaite, ce qu’elle n’est pas. Elle n’accepte pas le fait que sa fille ne soit pas telle qu’elle le souhaite et je trouve cela dommage car cela gâche leur relation.

Un concept ingénieux

Le concept de base est génial, j’ai trouvé l’idée vraiment très bonne. Le fait de découvrir la personne à travers de simples discussions, sa personnalité avant tout, c’est vraiment ingénieux. On est plongé en plein mystère, ce qui rend l’aventure excitante et grisante. On a hâte de savoir qui est ce fameux Lui et on est content de voir Alyssa se prêter au jeu. Je n’ai pas réussi à m’en décrocher !

Un style adapté à l’univers

Quant au style, je le trouve simple et très bien adapté dans le sens où il est un peu familier, ce qui colle parfaitement au point de vue d’un adolescent. Je trouve que cela permet de mieux se rapprocher des personnages. Le concept du sms est aussi ingénieux pour le coup, cela retranscrit bien les modes de communication que l’on a de nos jours.

C’est donc un livre auquel j’ai pris beaucoup de plaisir à lire et dont j’ai eu beaucoup de mal à me détacher. Un coup de neuf dont j’avais besoin ! C’est donc une très belle découverte que je connais à tout le monde.

#MorganeBicail #Téléphone #Mystère #Jeux #SherlockHolmes #Jeu

Avant Toi, Jojo Moyes

« Eh, Clark. Dis-moi quelque chose qui fait du bien. »

Si le temps nous est compté…

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

C’est plutôt rare mais, cette fois, j’ai regardé le film avant de lire le livre. Je savais donc à peu près à quoi m’attendre sachant qu’on m’avait dit que le film était fidèle. Mais tout de même, je ne m’attendais pas à ressentir autant d’émotions.

Un style et une intrigue simple mais efficace

Tout d’abord, le style d’écriture m’a beaucoup plu. Très simple mais pourtant très prenant. L’intrigue également n’est pas mal du tout. C’est quelque chose d’assez simple, pas de complication, on suit Lou dans sa petite vie, ce qui en apparence peut paraître pas très passionnant mais pourtant, c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai lu ce livre.

Will et Lou, deux personnages à l’opposé l’un de l’autre

En même temps que Lou, on fait la connaissance de Will Traynor, un homme condamné à être paralysé jusqu’à la fin de sa vie. Il paraît au premier abord comme quelqu’un de froid et d’agressif. Clairement, c’est quelqu’un d’exécrable, surtout envers Lou qui est la joie de vivre incarnée. C’est une jeune femme douce et bienveillante, serviable, qui ne cherche qu’à aider sa famille à joindre les deux bouts. Tout le monde compte sur elle, c’est elle qui fait tous les sacrifices. Et pourtant, il arrive à se montrer désagréable avec elle alors qu’elle fait de son mieux. Mais peu à peu, on se rend compte que certaines de ses raisons sont en quelque sorte excusable.

Une condition difficile à vivre

On peut comprendre qu’il en a marre qu’on le prenne en pitié, qu’on lui laisse tout passer simplement parce qu’il est coincé dans une chaise roulante. Du coup, il la pousse à bout, il tente de la faire réagir à sa manière, sans doute de manière inconsciente. Et, surprise, elle lui rend la monnaie de sa pièce. Contrairement à tous les autres, elle finit par lui dire ce qu’elle pense réellement de lui et impose des limites. C’est à partir de là qu’il commence à lui montrer du respect et à s’intéresser à elle. J’ai trouvé cela vraiment très réaliste et authentique. Certains handicapés n’ont pas envie d’être chouchoutés simplement parce qu’ils sont handicapés. Ils ont envie qu’on les considère comme des gens tout à fait normaux dotés eux aussi du même cerveau que les gens qui n’ont pas de handicap physique. Du coup, ils utilisent la provocation pour faire réagir les gens. C’est un mécanisme de défense comme un autre.

Une vie de famille difficile

Pour en revenir à Lou et Will, ils finissent par se lier l’un à l’autre, par développer une belle amitié voire un peu plus que cela. On s’attache de plus en plus à la petite Louisa, qui n’a clairement pas une vie de famille facile. Personnellement, j’ai trouvé sa famille un peu injuste envers elle. Elle est sans cesse le sujet des moqueries au point où s’en est devenu une habitude pour elle et qu’elle assimile ce qu’on lui dit comme vrai. Je me suis beaucoup identifiée à elle pour le coup. J’ai retrouvé beaucoup de facettes en moi dans son personnage.

Trish, une sœur égoïste

Celle que j’ai le moins appréciée, c’est sa sœur. Je l’ai trouvé trop égoïste, trop condescendante avec tout le monde. Pour elle, parce qu’elle est soit disant plus intelligente que le reste de la famille, tout lui est dû. Alors qu’au fond, c’est Lou qui sauve sa famille, c’est elle qui les porte sur ses épaules, qui fait les sacrifices pour que sa petite sœur puisse vivre sa vie comme elle l’entend. J’ai trouvé cela profondément injuste. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé le fait que Will essaye de la faire changer d’avis sur sa propre image, qu’il lui ouvre les yeux sur d’autres horizons et qu’il lui fasse comprendre que sa vie n’est pas réduite qu’à cela, qu’elle peut et qu’elle est capable de faire tellement d’autres belles choses.

Un message plein d’espoir

C’est un très beau message d’espoir que l’on devrait offrir à tout le monde. Chaque personne devrait pouvoir faire ce dont elle rêve, devrait pouvoir travailler pour ce qu’elle aime, et non pas par obligation. On n’a pas tous la même intelligence ni la même ambition mais cela ne veut pas dire que certains sont supérieurs à d’autres. Nous sommes tous différents, nous souhaitons tous quelque chose de différent et l’on devrait tous avoir ce que l’on souhaite.

La vie ou la mort ?

Mais le message principal de ce livre, c’est la vie. D’un côté, nous avons Lou, qui représente la beauté de la vie, la joie, l’ambition. Nous devons tous faire en sorte de vivre une belle vie bien remplie que l’on ne regrettera jamais.

En revanche, d’un autre côté, nous avons Will qui représente le choix de vouloir y mettre fin. C’est le thème central de ce livre. Devons-nous condamner les personnes handicapées à vouloir mettre fin à leurs jours ? Dit comme cela, la réponse paraît évidente, la première à laquelle on pense c’est « non, bien sûr que non, ça ne se fait pas ! ».

Mais pourtant, quand on voit Will, quand on voit sa douleur, son désespoir, son malheur profond, on ne peut que remettre en cause notre jugement. Qui pourrait arriver à vivre sa vie dans un fauteuil, à ne pas pouvoir ne serait-ce que de lever le petit doigt alors que vous avez passé votre jeunesse à escalader des montagnes et à voyager, à vous dépasser physiquement ? Qui pourrait arriver à vivre en voyant les gens décider de ce qui est bien pour vous ou non sans même prendre la peine de vous adresser la parole alors qu’avant, vous avez passé votre vie à débattre et à négocier, à être respecté pour votre intelligence et votre repartie ? C’est une torture constante, un rappel éternel de ce que vous avez perdu, sans oublier la douleur physique interminable.

Il ne supporte plus ni sa condition ni sa propre personne. Il en est venu, lui si fier de ce qu’il était, à se détester profondément. C’est triste et tellement injuste, mais c’est également la réalité. Il ne supporte plus cela, alors qui somme-nous, pour juger ou non de son droit à vouloir tout arrêter ? Telle est la question centrale de ce livre. Et j’ai trouvé que l’auteure nous montrait les deux côtés, aux arguments tous deux défendables, à la perfection. Je vous avoue que je ne m’étais jamais vraiment arrêtée sur cette question, et ce livre m’a poussé à y réfléchir. Et l’on s’aperçoit à quel point l’avis des principaux intéressés n’est presque jamais pris en compte. Dès qu’il s’agit de quelqu’un avec l’étiquette « handicapé », on a tendance à y assimiler la fragilité et l’incapacité à l’objectivité. Pourtant, s’il y a bien des gens biens placés pour savoir ce qui est le mieux pour les handicapés, ce sont bien eux.

Une histoire triste et injuste

J’ai donc trouvé cette histoire profondément triste et injuste. Lou n’a eu que moins de six mois pour prouver à Will que la vie méritait d’être vécue, que la vie était belle alors que cela était trop tard. Il avait trop souffert, il avait trop vu, trop entendu pour supporter cela et accepter sa condition. J’ai donc compris le choix de Will, mais j’ai également compris les sentiments de Lou. Elle a tout tenté, elle s’est donné corps et âme à cette « mission », et pourtant il l’a rejeté.

Et elle se sent également seule car on ne la soutient pas tant que cela. La mère de Will est totalement dépassée, elle est à bout et désespérée. Je comprends ce qu’elle a pu vivre, tous ses efforts pour tenter de rendre heureux son fils n’ont abouti à rien et, pour la première fois, elle ne contrôle et ne comprend pas la situation. Elle est également méfiante en ce qui concerne Lou, elle a peur de se faire avoir et de gâcher sa dernière chance de sauver son fils.

Vient ensuite le père de Will. Il n’est quasiment jamais présent. Il est là mais sans être vraiment là. Il ne cherche pas spécialement de solution, il ne fait que réfléchir à celles qui sont proposées. Je l’ai trouvé tout de même assez détaché face à la condition de son fils même s’il vient le voir de temps en temps.

Nathan, un allié inestimable

Le meilleur soutien que Lou peut avoir, c’est Nathan, le kiné. J’ai beaucoup aimé ce personnage, notamment parce que c’est tout d’abord le seul qui a réussi à gagner le respect de Will. C’est quelqu’un de naturel, de simple, qui ne fait pas de courbettes ni rien. Il discute avec Will comme quelqu’un de normal. Vous allez me dire « bah oui c’est normal, ça fait deux ans qu’ils travaillent ensemble et c’est son job », mais il n’empêche que l’entourage de Will n’a jamais su comment se comporter avec lui et, le seul qui ait réussi, c’est Nathan. Même les autres employés de l’agence n’arrivent pas à se comporter comme il le faut avec Will. Nathan est également quelqu’un de sincère, qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense. Il aide Lou autant qu’il peut et c’est un véritable soutien et ami pour les deux personnages principaux.

Un combat pour le bonheur

Lou tente donc tout ce qu’elle peut pour aider Will à retrouver goût à la vie. Elle a vraiment de super idées, même si parfois, c’est un peu raté. J’ai adoré le moment du concert, notamment quand ils sont rentrés, ce moment à deux dans la voiture. J’ai aussi beaucoup aimé le mariage, j’ai trouvé que Will réagissait très bien et c’était franchement agréable de les voir s’amuser tous les deux, de s’ouvrir l’un à l’autre. De plus, j’ai bien aimé le personnage de Mary qui m’a bien fait rire. Cela m’a fait plaisir de voir que quelqu’un parlait à Will comme à n’importe qui d’autre et qu’elle n’avait pas de regard différent sur lui. Et puis bien sûr, le voyage. Même s’il finit sur une note moins joyeuse, j’ai vraiment beaucoup aimé les suivre dans ce petit paradis sur terre. On les voit enfin vraiment heureux et passer du bon temps, même Nathan et ce n’est que du pur bonheur.

Une fin dévastatrice

En revanche, la fin m’a anéantie. J’ai pleuré pendant à peu près les cent dernières pages. Ce livre m’a profondément bouleversé. C’est donc vraiment un livre que je recommande même si toutefois, faites attention si vous avez le cœur fragile, il risque d’être brisé.

#amour #deuil #Milady #JojoMoyes

A Quatre Mains, Renée Carlino

« La vérité c’est que la sagesse, ça ne se communique pas; c’est le fruit de l’expérience. »

Privilégiant ses études au sein d’une prestigieuse université, Mia a mis une croix sur sa vraie passion, le piano. À la mort de son père, elle part à New York et reprend le bar qu’il tenait – un lieu incontournable qui offre leur chance aux jeunes musiciens. C’est là qu’elle rencontre Will, un guitariste qui incarne exactement le style de vie auquel elle s’est refusée. Après s’être liée d’amitié avec Will, Mia lui propose de devenir son colocataire et ses certitudes volent en éclats. Peut-elle vraiment se contenter d’être sa meilleure amie ? Finira-t-elle par laisser libre cours à ses passions ?

Une amie m’a prêté ce livre en me promettant qu’il était génial et que j’allais adorer. Eh bien elle ne s’est pas trompée ! J’ai beaucoup aimé l’histoire chaotique mais passionnée de Mia et Will.

Un début original

J’ai beaucoup aimé la manière dont le livre débute. C’est assez original et cela rend l’histoire intrigante dès le départ. On a hâte de connaitre l’histoire de Mia. Et puis cela fait plaisir de retrouver Lauren dans la suite du livre. Le fait qu’elle rencontre aussi Will est vraiment une belle idée de la part de l’autrice.

Mia, un personnage imparfait

J’ai beaucoup aimé Mia, c’est un personnage très humain et très réaliste. C’est une jeune femme qui ne sait pas encore quoi faire de sa vie, qui a perdu son père et qui ne veut pas faire les mêmes erreurs que sa mère. Beaucoup d’émotions la traversent, elle est parfois incohérente et incompréhensible.

Elle est bourrée de défaut, c’est un peu le « méchant » de l’histoire au final, celle qui rejette tout le monde. Elle est très perturbée par la mort de son père et de son chien, elle est complètement perdue, ne sait plus où elle en est et se comporte comme une idiote. On le sait et pourtant on ne peut s’empêcher de s’attacher à elle. C’est ce qui fait toute sa complexité et sa beauté.

L’autrice nous montre vraiment bien la complexité de l’homme, l’incohérence de l’être humain, ce qui est assez rare au final dans les livres. Elle a vraiment une dualité qui rend le personnage très profond.

Will, un personnage solaire

Quant à Will, il est légèrement plus facile à comprendre, ce qui est assez étonnant vu qu’on est du point du vue de Mia. C’est un personnage très attachant, c’est quelqu’un de très sociable et jovial qui nous donne le sourire instantanément. J’adore son côté musicien inné, il vit pour la musique, c’est une passion, un pur plaisir. Il ne l’étudie pas, il la vit. Et je trouve cela juste génial. Cela lui donne une profondeur que j’aime beaucoup. J’aime aussi beaucoup son humour, je le trouve tout simplement adorable, on n’arrive pas à lui en vouloir. C’est un personnage incroyable. Il est gentil, adorable, presque parfait. PRESQUE. Parce qu’il est aussi un peu instable. C’est quelqu’un qui fait des crises et qui ne sait pas non plus ce qu’il veut faire de sa vie. Mais je trouve que cela rajoute de la beauté à son personnage. Un véritable coup de cœur.

Mia et Will, un couple complice mais chaotique

Mia et Will sont un couple que j’adore. Ils se tournent autour dès leur première rencontre, ils ont une complicité que je leur envie énormément. Ils sont tout d’abord des meilleurs amis, surtout à cause du fait que Mia ne veut pas le perdre, et j’aime beaucoup cette amitié entre eux. Ils se comprennent parfaitement, ils sont synchrones et très à l’aise ensemble. On dirait une parfaite mélodie sans faux accords. C’est dommage qu’ils mettent autant de temps à être ensemble, ils se compliquent énormément les choses, notamment Mia qui a peur et ne sait pas ce qu’elle veut. Will, lui, l’attend, la comprend, l’accepte et l’aime comme elle est. Il est tout simplement adorable avec elle. Il lui révèle une partie de lui-même qu’il n’a jamais révélé aux autres et je trouve que c’est un merveilleux cadeau qu’il lui offre. Heureusement, elle finit par se rendre compte de sa bêtise et lui est encore là, à l’attendre. Ils sont tout simplement trop mignons tous les deux. Ils donnent envie de croire en l’amour.

Martha, une seconde mère

J’ai aussi beaucoup aimé Martha. Elle a un côté mystique, mystérieux et sage. On sent que c’est une sorte de seconde mère pour Mia. Elle observe en silence et ne parle pas pour rien dire. Elle sait quoi dire à quel moment, quand laisser la personne tranquille ou quand la prendre simplement dans ses bras. Elle est à l’écoute, souriante et apaisante. Un véritable ange gardien.

Jenny, une amie fidèle

Jenny est tout aussi adorable. Elle est pleine de joie de vivre et amoureuse, elle est vraiment mignonne. C’est aussi une amie fidèle et honnête qui n’hésite pas à dire ce qu’elle pense vraiment.

Mia et Jenny ont une relation que je leur envie. Elles sont au départ très complices et même quand elles se disputent, on sent qu’elles seront toujours là l’une pour l’autre. Jenny n’hésite pas à secouer Mia et à lui dire ce qu’elle pense vraiment et je trouve que c’est cela la vraie amitié. Pouvoir dire à une personne quand elle déconne vraiment et faire en sorte qu’elle aille mieux, quitte à se disputer avec elle. C’est une véritable amitié, une relation très forte.

En revanche, je ne suis pas très fan de Sheil. Je la trouve un peu décalée par rapport à ce monde, un peu hautaine aussi parfois. J’ai eu un peu de mal à l’apprécier.

Une psychologie des personnages profonde

Un point que j’ai particulièrement aimé aussi, c’est la psychologie des personnages. De manière générale, les personnages sont très bien travaillés et surtout, ils ne sont pas parfaits. Parfois ils nous énervent comme pas permis et parfois ils nous touchent profondément. L’autrice a réussi à nous faire un portrait de l’homme dans toute sa complexité. Certes, c’est vrai que Mia peut se révéler très embêtante mais je trouve que c’est ce qui fait sa beauté. C’est très réaliste et cela casse un peu le cliché des personnages habituel.

Une ambiance musicale et chaleureuse

J’adore également l’ambiance du livre. On vit dans un petit quartier de New York mais on n’a pas la vision d’une vie stressante et pleine d’activités comme on a l’habitude de voir. Cette fois, c’est un petit café chaleureux, une ambiance très joviale, détendue. Le café est un endroit tranquille, familiale, créatif et surtout musical. On s’attache très vite à cet endroit et aux personnes qui le côtoient.

La magie de la musique

Ce qui m’a le plus touché dans ce livre, c’est la magie de la musique. On se rend compte qu’elle est une véritable passion, elle rapproche les gens mais surtout, elle est une sorte de thérapie. Chaque personne se soigne en jouant, ils font passer leurs sentiments, émotions et leur souffrance à travers des mélodies. C’est une très belle définition de l’art, un remède contre la souffrance.

C’était donc un très bon livre qui m’a fait passer un bon moment et qui m’a refait tombé amoureuse de l’art, en particulier de la musique.

#amour #musique #RenéeCarlino

Forever Young, Charlotte Orcival

« Ce mec me rend dingue ou révèle-t-il la dingue qui se cachait en moi ? Comment je suis supposée agir à présent après un moment comme celui-là ? Comment je fais pour me passer de lui ? Et lui, comment pouvait-il être si changeant ? Intéressé, intéressant, drôle, sexy puis indifférent, fermé, comme étranger à lui-même ? J’ai du mal à suivre le personnage. A comprendre. Il faut sans doute que j’admette qu’il n’y a rien à comprendre. Mais moi, combien de temps je vais pouvoir supporter cet état-là ? Brûlée de l’intérieur et frigorifiée dans le même temps ? »

C’est une histoire d’avant. D’avant les sms, les emails, les statuts Facebook. D’avant les iPods, les cd. D’avant la chute des tours du 11 septembre et celle du mur de Berlin. De la pop anglaise explosait dans les écouteurs de mon premier walkman tandis que les radios FM diffusaient une perpétuelle soupe musicale qui nous racontait que nous aurions une jeunesse éternelle. Et moi, et moi, du haut de mes 13 ans tout frais, je n’imaginais même pas qu’elle ne pourrait pas l’être. Bien sûr, j’écrivais dans mon journal que ma vie était pourrie mais j’éclatais de rire dans la seconde suivante.Ceci est l’histoire d’une année de survie. L’histoire d’une première histoire avec l’amour.

J’ai du lire ce livre à l’occasion d’un essai pour un poste en tant que chroniqueuse dans un magazine littéraire. J’ai donc du écrire une chronique et j’en profite pour la publier également ici !

Anna, la personnification de l’adolescence

Anna est une jeune fille très attachante, qui essaye de se faire une place dans ce nouveau monde qui est à présent le sien. Elle n’a pas eu de difficulté à se faire des amis mais parfois, on la sent un peu en décalée par rapport aux autres. Elle veut grandir plus vite et devenir quelqu’un d’autre. Malheureusement, elle reste tout de même une jeune fille de 13 ans et ne se rend pas compte que certains de ses actes peuvent avoir des conséquences. Elle blesse parfois certaines personnes mais d’une manière assez innocente voire infantile. Mais, au fil du récit, on se rend compte qu’elle commence à prendre conscience de l’impact de ses actes. Elle commence à grandir.

Anna est un personnage vraiment très réaliste à laquelle on peut s’identifier facilement. Toutes les jeunes adolescentes peuvent se reconnaître en Anna et les plus âgées peuvent voir en elle ce qu’elles étaient plus jeunes. Elle représente l’adolescente que toute femme a été un jour : elle a un rapport conflictuel avec ses parents, se sent incomprise par eux comme la majorité des adolescents, elle porte beaucoup d’importance à ces histoires avec ses amis et se pose beaucoup de question sur elle-même. J’ai apprécié me retrouver en elle, cela m’a replongé à la même époque, et je me suis rendu compte à quel point cette période joue un rôle important sur la suite de notre vie.

Laure, sa meilleure amie

Laure est un personnage que j’ai beaucoup apprécié, une jeune fille discrète, gentille et attentionnée, la meilleure amie parfaite !

Elle crée avec Anna une belle amitié. C’est une relation bien construite, très réelle. On sent qu’une complicité s’est peu à peu créer entre les deux filles. Anna se confie facilement à Laure qui, de son côté, fini également par s’ouvrir à elle. Quand Anna ouvre peu à peu les yeux sur son amie et se rend compte de qui elle est réellement, on sent qu’elles ont passées un cap et que leur amitié est réellement profonde. Anna est la seule qui ne juge pas Laure et cette dernière la soutient dans toutes ses histoires.

A un moment, elles s’éloignent l’une de l’autre. C’est une dispute ou un conflit dont on ne connait pas la source et j’ai trouvé l’idée très intéressante. En effet, cela arrive souvent dans la vraie vie, deux amis s’éloignent à cause d’un souci et quand ils essayent d’en parler, ils n’arrivent pas à en trouver la source. Mais cela est très peu présent dans les livres et j’ai apprécié que cela soit abordé ici.

Erwan, un garçon qui en cache un autre

Si Laure est la meilleure des meilleures amies, c’est Erwan qui joue le rôle du meilleur ami d’Anna. Il est adorable avec elle dès les premiers instants et la prend sous son aile dès le premier jour. C’est le grand frère qu’elle a toujours rêvé d’avoir. Il est toujours là pour elle, il sait comment la réconforter et la faire rire. J’ai trouvé leur amitié très touchante.

Mais en plus d’être son meilleur ami, c’est également l’image même de l’adolescent plein d’énergie, qui recherche le frisson et l’aventure. C’est le garçon cool du bahut, celui qui fait rire tout le monde, qui connait tout le monde et qui organise les meilleures fêtes. Il forme avec Katia, le couple vedette du lycée, une relation compliquée, pleine de ruptures et de réconciliations, typique de la plupart des couples à cet âge.

Julien, son premier amour

Julien, le garçon mystérieux au regard intense qui fait craquer toutes les filles. J’ai trouvé que c’était une bonne idée d’avoir donné une première fausse impression et de voir le personnage se construire ensuite et devenir plus profond qu’il n’en a l’air aux premiers abords. Car oui, même si Julien est le grand brun ténébreux qui fait tomber toutes les filles, c’est également un gamin qui veut voyager, qui veut quitter ce petit endroit perdu pour aller vivre ses rêves dans une grande ville.

C’est un personnage assez particulier qui, contrairement aux autres, a un tempérament très changeant. En effet, les autres ont un caractère plutôt stable contrairement à lui qui passe d’une humeur très amicale, douce et tendre à un caractère dure, froid et agressif. Il ne semble pas réellement à sa place dans cet endroit, dans cette ville. Il a des goûts musicaux différents des autres, c’est un artiste incompris. J’ai eu du mal à l’apprécier au début mais j’ai fini peu à peu par m’attacher à lui et c’est finalement un très beau personnage.

L’entrée dans l’adolescence

Ce livre est donc un récit sur l’adolescence. On assiste à toutes les étapes de l’adolescence d’Anna, à toutes ses premières expériences.

L’expérience amoureuse

Avec Julien, elle vit son premier grand amour. Elle pleure, elle rit, elle sourit, elle se pose des questions, elle espère. On assiste à toutes les étapes d’un premier amour de jeunesse.

Dès le premier regard, elle est totalement sous son charme. Et malgré tout ce qui se passera entre eux, il suffit toujours d’un regard, d’une parole de la part de Julien pour qu’elle fonde à nouveau. C’est très mignon mais c’est parfois un peu triste car on voit bien que Julien se rend compte de ses sentiments et qu’il en profite.

J’ai beaucoup aimé voir leur relation se construire petit à petit, avec des bonds en avant puis des retours en arrière. Mais ce que j’ai le plus apprécié c’est qu’à travers cette relation, on voit Anna prendre de plus en plus d’assurance et Julien s’ouvrir un peu plus.

Entre temps, elle vit également d’autres expériences amoureuses. En effet, beaucoup de garçons tombent sous son charme et elle sort même avec quelques-uns. Mais elle ses sentiments pour eux n’égalent pas ceux qu’elle éprouve pour Julien. Malgré tout, c’est auprès de lui qu’elle retourne inlassablement.

La première déception

Avec Anna, on se rappelle que le premier amour, ce n’est pas tout beau. Quand elle rencontre Julien, elle est intriguée puis sur un petit nuage mais elle déchante très vite. En effet, dès le début, il arrive à se comporter de manière totalement déplacée puis on va de déception en déception : à chaque fois qu’elle a un espoir qu’il s’ouvre à elle, il fait quelque chose qui la blesse. On la voit subir au fur et à mesure des déceptions, plus ou moins difficiles à surmonter les unes que les autres, au point où elle passe également par la case « les mecs, c’est terminé ! ». Mais malgré cela, elle reste totalement amoureuse de lui.

Ils ont beaucoup de mal à communiquer ensemble, à trouver un terrain d’entente. Mais après plusieurs tentatives, ils finissent tout de même par y arriver. L’assurance que gagne Anna y est pour beaucoup. Elle finit par en avoir marre de se laisser marcher sur les pieds et prend les choses en main.

La remise en question

Anna se pose beaucoup de questions durant ce livre. Elle se pose des questions vis-à-vis de ces relations avec ses amis, de sa place au sein de ce nouveau groupe de personnes.

C’est la petite parisienne, la fille de la prof de maths. Dès son arrivée, elle est remarquée et devient la nouvelle attraction. Même si elle se trouve un groupe d’amis, elle se sent toujours un peu en retrait. Contrairement à eux qui se connaissent depuis toujours, elle vient tout juste d’arriver et il lui faut un moment pour s’adapter. De plus, tous ses amis sont plus âgés qu’elle, ce qui ne lui facilite pas les choses. Elle est considérée comme petite gamine parisienne du groupe, parfois un peu snobinarde. Cela l’amène donc à se poser beaucoup de question sur sa place au sein de ce groupe et de son rôle auprès de chacun de ses amis.

Elle se pose également des questions sur son physique. En effet, au début, Anna n’est pas fière de son corps : elle se trouve trop grande, une poitrine trop plate et elle pense que les garçons ne la voient que comme une copine. Mais, elle découvre peu à peu son corps et l’effet qu’elle est capable d’avoir sur les garçons et cela lui donne plus confiance en elle, jusqu’à avoir une certaine assurance.

La question du deuil

Malheureusement, Anna fait également l’expérience de la mort à cet âge-là en perdant un ami. J’ai trouvé que la perte de cet ami (je ne vous dirais bien évidement pas lequel) avait une signification particulière dans ce roman. En effet, j’ai eu l’impression qu’il symbolisait la fin de l’enfance, le début d’une certaine forme de maturité, d’entrée dans la vie « adulte ». Ils ont tous vécus tout un tas d’expérience, de nouvelles sensations, et la mort de leur ami marque la fin des premières expériences qu’ils ont vécues.

Mais c’est également le signe d’un nouveau départ, le signe que la vie continue tout de même et qu’il faut aller de l’avant. Il y a donc aussi un message d’espoir.

Le style

Le concept du journal intime est une très bonne idée. D’ailleurs, le fait que l’on n’ait pas tous les détails de sa vie ou qu’elle n’écrive pas tous les jours par exemple, ajoute une touche de réalisme au roman. On a réellement l’impression que c’est un journal écrit par une jeune adolescente, avec un style d’écriture assez familier et parfois un peu oral.

Au début, j’ai été un peu frustrée de ne pas en savoir davantage sur sa famille et sur ce qui se passait chez elle. Mais avec du recul, je me suis rendu compte que cela rendait le roman plus réel. En effet, à cet âge-là, on accorde beaucoup plus d’importance à ce qui se passe à l’école, avec ses amis, plutôt qu’à la maison. Les choses les plus intéressantes se passent entre les amis, durant les sorties, plutôt qu’en famille.

L’époque

N’ayant pas lu le résumé, j’ai tout d’abord pensé que ce livre était de cette époque. J’ai eu quelques doutes au fur et à mesure de ma lecture, puis en plein milieu, j’ai eu la certitude que ce n’était pas de notre époque. Cela m’a beaucoup frappé car je me suis rendu compte que même des années plus tard, l’adolescence reste la même période pour tout le monde. Il y a cette impression d’intemporalité que j’ai beaucoup aimé et, pour moi, c’est avec cette idée que le titre « Forever Yong » prend tout son sens.

Pour conclure, c’était pour moi une très belle découverte dont j’ai pris plaisir à lire. Ce livre m’a replongé dans mon adolescence et de ce que l’on peut à retirer. C’est également une très belle histoire d’amour et d’amitié. A lire sans faute !

#adolescence #amour #amitié #CharlotteOrcival