Radio Silence, Alice Oseman

“Hello.

I hope somebody is listening.”

What if everything you set yourself up to be was wrong?

Frances has been a study machine with one goal. Nothing will stand in her way; not friends, not a guilty secret – not even the person she is on the inside. Then Frances meets Aled, and for the first time she’s unafraid to be herself.


So when the fragile trust between them is broken, Frances is caught between who she was and who she longs to be. Now Frances knows that she has to confront her past. To confess why Carys disappeared…


Frances is going to need every bit of courage she has.

Après moult incitations de la part d’Amélie (De Poudlard à Anima) pour lire les romans d’Alice Oseman, j’ai profité de l’offre de Scribd qui propose un mois gratuit de livres numériques et audio pour me plonger dans le roman Radio Silence. Et comme il était proposé en numérique et audio eh bien… J’ai fait les deux !

Des personnages émouvants

Alice Oseman a beaucoup de points forts et le premier réside dans ses personnages. Dès le départ, je me suis prise d’affection pour Frances, une élève modèle à l’avenir brillant tout tracé à l’extérieur et une fan d’un podcast de science-fiction, Universe City, dont elle a dessiné de nombreux fanarts une fois qu’elle est enfermée dans sa chambre. C’est une jeune fille qui ne sait pas trop qui elle est réellement, tiraillée entre ce qu’elle montre et ce qu’elle est au fond d’elle-même. Mais dans cette façon de se créer un personnage à l’extérieur, elle devient très franche et authentique pour le lecteur et cela permet de très vite s’attacher à elle.

De l’autre côté de la rue se trouve Aled, un jeune introverti qui ne trouve sa place nulle part hormis dans son histoire, Universe City. J’ai eu un coup de cœur phénoménal pour ce personnage si beau dans sa vulnérabilité, son silence, sa tendresse… J’ai été profondément bouleversée par son histoire et son vécu.

Ces deux personnages se retrouvent l’un et l’autre au point précis de leur vie où ils ont besoin l’un de l’autre plus que jamais. J’ai adoré cette relation si atypique, si belle, si touchante et si surprenante. Les autres personnages qui gravitent autour d’eux sont tout aussi bien construits et attachants, notamment la mère de Frances qui est un soutien inébranlable pour sa fille ou encore Daniel, cet ami si particulier pour Aled puis par la suite, pour Frances.

“Everyone’s different inside their head.”

Une plume authentique et une expérience audio immersive

J’ai tout de suite été prise dans le récit et impossible de m’en détacher jusqu’à la finL’histoire dans les oreilles et sous les yeux, l’univers de Frances et Aled m’a totalement envahieJ’ai vécu de fortes émotions envers les personnages et les événements de ce livre et cela, c’est grâce à la très belle plume authentique de l’autrice. . Je n’avais qu’une envie, c’était continuer, avoir les réponses à mes questions, savoir comment allaient s’en sortir les personnages… Même en dehors de ma lecture, ma tête était envahie par les personnages et leur histoire.. Une fin qui se trouve d’ailleurs être très forte en émotion donc attention, préparez-vous à en avoir plein les yeux et surtout, plein le cœur ! J’ai passé une bonne partie de la fin à lire avidement, à pleurer et à envoyer des messages de détresse à mon amie, en PLS dans mon lit.

“I wonder- if nobody is listening to my voice, am I making any sound at all?”

Une histoire qui ne laisse pas indifférent

Je suis ressortie de ce livre grandit, changée, avec un regard neuf sur le monde. Cette histoire m’a donc surprise, émue, fait chavirer… J’ai vraiment ressenti de fortes émotions durant ma lecture et après. Alice Oseman a ce don de faire passer de magnifiques messages d’espoir et d’aborder des sujets tabous comme la bisexualité, l’asexualité, le sentiment de jouer un rôle, la solitude, la liberté de choix, la rancœur envers les parents et tant d’autres avec une plume agréable à lire. C’est comme une glace qui vous fond sur la langue.

Je remercie donc Amélie pour cette bouleversante découverte et je vais m’empresser de lire les autres livres de cette autrice si talentueuse que je vous recommande, vivement, chaudement, expressément ! Lisez lisez lisez ♥

#Difference #bisexualité #asexualité #stéréotypes #liberté #solitude #amitié

La Dernière Geste, Premier Chant : Dans l’ombre de Paris, Morgan Of Glencoe

« C’était pour elle comme un rappel : les fées n’étaient pas des humains. Mais si des enfants de fées et d’humains pouvaient jouer ensemble, pourquoi les adultes ne pourraient-ils pas vivre côte à côte ? »

Depuis des siècles, les humains traitent les fées, dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.

Lorsque la princesse Yuri reçoit une lettre de son père lui enjoignant de quitter le Japon pour le rejoindre, elle s’empresse d’obéir. Mais à son arrivée, elle découvre avec stupeur qu’elle a été promise à l’héritier du trône de France ! Dès lors, sa vie semble toute tracée… jusqu’à ce qu’une femme lui propose un choix : rester et devenir ce que la société attend d’elle ou partir avec cette seule promesse : « on vous trouvera, et on vous aidera. »

Et si ce « on » était la dernière personne que Yuri pouvait imaginer ? »

C’est sous les conseils d’Énora (Les Dream-dream d’une bouquineuse) que j’ai choisi cette lecture dans les propositions qu’ActuSF m’a faite au mois de septembre à l’occasion de la sortie du second tome (et que je remercie encore une fois !). Cela a d’ailleurs été l’occasion d’entamer une lecture commune avec elle qui s’est achevé de manière assez comique : je suis à peine arrivée à la moitié du premier tome qu’elle avait fini le second !

Une histoire captivante

On débute l’histoire de manière assez originale, avec un combat d’arène entre fées auquel assiste une princesse Yuri enfant, âgée de douze ans. Ce prélude a tout de suite attisé ma curiosité. Les descriptions de l’action mais surtout du comportement de cette petite princesse japonaise m’ont tout de suite plu et hapé. Le tout est narré avec talent et subtilité, qui rend le récit tout de suite très prenant. On entre dans un monde aristocratique, où les fées sont plus méprisées encore que les gens de basse naissance.

La suite de l’histoire est entrecroisée par le destin de Yuri, troisième dame du Japon et future reine de France, et l’histoire des fées, sur le Rail à bord de l’Orient Express comme dans les égouts de Paris. Si de prime abord, ils n’ont aucun point commun, l’autrice réussi à nous conter une histoire de liberté, de résistance, de tolérance, de féminisme… Toutes ces valeurs qui font écho en moi.

Un univers diversifié

J’ai adoré l’univers. Si je devais n’utiliser qu’un mot pour le décrire, ce serait le mélange. Mélange d’époques, de cultures, de langues, de légendes, d’idéologies… L’autrice utilise l’uchronie pour recréer notre monde à sa manière, intégrant une technologie moderne dans un monde de la Renaissance, le tout placé au 20e siècle. Et ce fut un résultat réussi. J‘ai adoré cette manière de réinventer, de diversifier, de faire se rencontrer, se confronter à peu près tout et n’importe quoi et de lui donner un sens nouveau.

Une plume envoûtante

Et cette plume. Mais quelle plume ! C’était beau, poétique, onirique, glaçant, émouvant… Diversifiant aussi avec un mélange de français, d’anglais et de japonais qui, en contact, rendent une parfaite harmonie.

« Une musique bleue pleuvait en parfums de lune un peu partout sur le vent, et dans les brumes transparentes dansaient des lueurs sucrées d’acier soyeux. En tout cas, se dit-il, c’était un endroit agréable. Il le connaissait sans doute depuis toujours, cet endroit secret, et il le découvrait pour la première fois à l’instant, ce qui n’avait pas vraiment d’importance, car cet instant était toujours. »

Des personnages forts et percutants

Les personnages sont également un point fort de ce roman, avec des hommes et des femmes, fées ou humains, qui possède une profondeur émouvante (énorme coup de cœur pour Ren ♥), qui évoluent, lentement mais surement, vers la lumière comme vers l’obscurité. J’ai beaucoup aimé découvrir chacun d’entre eux, leur personnalité, leur histoire. Ils ont tous quelque chose à apporter à cette histoire si riche et captivante.

La vie dans les égouts m’a énormément plu. J’aime l’idéologie de partage, d’égalité et de tolérance qui s’en dégage. Je ne vous en dis pas plus afin de ne pas trop vous en révéler mais vraiment, c’était juste incroyable de rencontrer une telle communauté.

La fin de ce roman a été à la fois un véritable crève cœur et une merveille. On sent la catastrophe arrivé (on a été notamment prévenu, n’est-ce pas Énora ?) et pourtant, on ne peut s’empêcher d’espérer jusqu’à la fin que tout va bien se passer, que les personnages que l’on aime tant vont s’en sortir, qu’une solution va finir par surgir… Et je vous laisse voir par vous-même si l’espoir est vain ou non.

Pour conclure, je suis bien contente d’avoir écouté les conseils à propos de ce petit bijou qui s’est installé à la fois dans ma bibliothèque et dans mon cœur. L’histoire et les personnages sont tout simplement magiques, me faisant passer des rires aux larmes, m’ayant captivé de la première à la dernière page par une intrigue fascinante, des messages et des thématiques tout aussi bouleversants, le tout enrobé dans une plume poétique et riche.

We Are Young, Cat Clarke

« La vérité est qu’on ignore toujours ce que traversent les autres, même quand on les connaît bien. On ne peut jamais savoir. C’est bien là le problème. Le mieux qu’on puisse faire, c’est d’être attentifs aux gens qu’on aime. Et espérer… »

Trois personnes sont mortes et personne ne se demande pourquoi.

Mais j’ai besoin de réponses.

Je dois découvrir ce qui s’est réellement passé cette nuit-là.

Après avoir enchaîné plusieurs lectures de l’imaginaire difficiles et sentant poindre la panne de lecture, j’ai voulu me plonger dans un contemporain, quelque chose d’ancré dans la réalité. Mon choix s’est tout de suite porté sur le seul Cat Clarke de ma bibliothèque que je n’avais pas lu : We Are Young. Eh bien laissez moi vous dire que je n’ai pas regretté mon choix !

Cette lecture, cette plume était exactement ce qu’il me fallait. Je me suis plongée dans le quotidien bousculé et mouvementé d’Evan Page, jeune fille dont sa mère vient de se marier à un type qu’elle n’apprécie pas spécialement et qui reproche à son père son alcoolisme. Je ne m’attache pas toujours aux personnages principaux des romans de Cat Clarke mais là, Evan m’a touché. J’ai pu m’identifier à elle, me sentir proche d’elle, partageant notamment sa curiosité sans limite. À nouveau, l’autrice nous offre ici un personnage fondamentalement humain, avec des défauts et des qualités, qui fait de bons et de mauvais choix, qui se perd pour mieux se retrouver.

« Pour tous ceux qui ont un jour été privés de la parole et assaillis par le désespoir. Parce que nous avons tous une voix et que l’espoir existe vraiment. Même – peut-être surtout – quand on croit que tout est fini. »

J’ai été happé par l’intrigue, cherchant des réponses avec la même avidité qu’Evan, avec ce même besoin de savoir, de comprendre ce qui s’est passé le fameux soir de l’accident qui a causé la mort de trois adolescents et qui a plongé le quatrième dans un coma et lui coutant un bras. Que faisaient-ils à cet endroit ? Dans cette voiture ? Ensemble alors qu’ils ne se connaissaient apparemment pas . Toutes ces questions conduisent l’intrigue et Evan, qui va découvrir plus qu’elle ne s’y attendait et qui va lui offrir plus qu’elle n’aurait imaginé.

J’ai adoré les thématiques de ce roman, la manière dont l’autrice les aborde avant tant de justesse et de profondeur. On ressent le mal-être des personnages, notamment celui d’Evan ou encore celui de Lewis de façon très poignante. L’autrice sait quoi dire au bon moment pour nous faire ressentir des émotions fortes et nous permettre de nous remettre en question.

Pour conclure, ce fut à nouveau un Cat Clarke qui m’a chamboulé, émut et captivée jusqu’à la dernière page. Et comme tous les autres, je le recommande vivement !

Triangle amoureux (ou pas), Marisa Kanter

« L’amitié, ça n’a rien de simple. C’est difficile, énervant, génial, fragile, durable, impossible… Mais ça en vaut la peine.

Toujours. »

Amis sur Internet, un peu plus dans la vie réelle…

Halle et son meilleur ami sur Internet, Nash, peuvent parler de tout… sauf de qui elle est vraiment – un secret qu’elle garde jalousement pour une raison mystérieuse. Sur les réseaux sociaux, elle s’est fait connaître sous le nom de Kels, l’énigmatique créatrice d’un bookstagram à qui ses coups de cœurs littéraires inspirent des recettes inédites de cupcakes. Kels a tout ce dont manque Halle : des amis par dizaines, une assurance inébranlable… et Nash.

Mais ça, c’était avant. Au détour d’un énième déménagement, Halle a la mauvaise surprise de découvrir, dans son rayon préféré à la bibliothèque, nul autre que Nash en chair et en os. Sauf que, quand vient l’instant de se présenter, dos au mur, elle choisit de mentir. Furieuse de devoir entretenir cette mascarade dans les couloirs de l’unique lycée de la petite ville, elle commence par battre froid le garçon à qui elle révèle pourtant presque tout d’elle chaque soir sur les réseaux sociaux. Car si elle franchit le pas et révèle qui elle est, c’en est fini de leur amitié et de sa notoriété en ligne…

Suite à une chouette surprise de la part des éditions Lumen dans ma boîte aux lettres, ce livre a attiré mon attention. Un monde de blogueurs littéraire et de cupcakes, quoi de mieux comme lecture estivale ! Lumen m’a donc très gentiment envoyé un exemplaire et je les remercie encore.

On rencontre dans ce roman le personnage de Hallie, jeune fille passionnée par la littérature YA, qui emménage chez son grand-père avec son frère suite au décès de leur grand-mère et au départ de ses parents pour une émission en Israël. L’installation est un peu rude, dans cette maison qui lui rappelle tant sa grand-mère dont elle était si proche, et cela ne s’arrange pas quand elle se rend compte que Nash, son meilleur ami IVL, se trouve dans la même petite ville qu’elle ainsi que dans le même lycée. N’osant lui avouer qu’elle est Kells, sa meilleure amie blogueuse, la voilà qui se lie d’amitié avec lui sous le nom de Hallie.

Hallie, un personnage compliqué

Si l’idée d’une jeune blogueuse qui mélange sa passion pour la littérature YA à celle des cupcakes m’a beaucoup plu, ainsi que la thématique des amitiés virtuelles et de la gestion du deuil, ou encore les relations entre grands-parents et petits-enfants m’ont beaucoup plu, j’ai été un peu déçu par ce roman. J’ai eu du mal à m’attacher au personnage de Hallie, dont les problèmes m’ont laissé un peu de marbre, les trouvant somme toute pas très problématiques au final. Je l’ai trouvé un peu égoïste et puéril et cela m’a un peu dérangé.

Débat sur la littérature YA

De plus, la position selon laquelle un adulte ne peut apprécier à sa juste valeur un roman YA et qu’il ne lui est aucunement destiné m’a dérangé. Je pense que, en effet, les livres ont un public ciblé mais cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas le lire et l’apprécier comme il se doit si on ne fait pas partie du public concerné et je pense que cela est d’autant plus le cas pour les tranches d’âge. Puis cela reviendrait presque à dire qu’un roman YA ne peut être écrit par un adulte car il ne comprend pas bien les YA, ce qui pose problème. Plusieurs points de ce genre ont fait que j’ai eu très peu d’empathie pour le personnage principal.

Des personnages secondaires attachants

Néanmoins, j’ai trouvé les personnages secondaires très attachants, notamment le frère de Hallie et Nash, que je trouve adorable. J’aurais d’ailleurs préféré avoir son point de vue, qui aurait été intéressant selon moi. Son grand-père m’a également beaucoup touché, dans sa manière de gérer la perte de sa femme mais également dans sa foi. J’ai appris de nombreuses choses sur la religion juive et cela m’a beaucoup plu.

La plume de l’autrice est quant à elle fluide et agréable, c’est un roman qui se lit tout seul et parfait pour un moment sans prise de tête (ou presque !).

Pour conclure, ce fut une lecture quelque peu mitigée avec de bons sujets abordés, de bons personnages secondaires mais malheureusement un personnage principal avec qui cela n’a pas collé et des positions que je ne partage pas.

Lames vives, Livre 1 : Obédience, Ariel Holzl

« Mes tourments sont mes maîtres : je les rejette. Mes souvenirs sont ma prison : je m’en libère. Mes regrets sont mes liens : je les brise. Mon corps est ma lame : je l’aiguise. Jamais plus serviteur, jamais plus prisonnier, jamais plus esclave ! Jamais plus ! »

Le vif-argent coule dans leurs veines.

Les esclaves sont devenus les maîtres.

La République d’Obédience est née.

Six destins se croisent et se brisent comme des chaînes dans ce roman aux personnages complexes et humains. Un récit d’aventure puissant, poignant et addictif sur la liberté et la lutte pour ses idéaux.

On me dit Fantasy ? Je dis ok. On me dit Fantasy d’Ariel Holzl ? Je fonce. Ni une ni deux, je me plonge dans les Lames Vives en toute confiance même si c’est un roman qui sort de sa ligne habituelle. Et comment vous dire que c’est tout aussi génial.

Un univers oriental

Alors déjà, on m’a vendu le roman comme de la Fantasy orientale. C’est quelque chose d’assez rare dans le genre et le seul que j’ai lu est celui de Charlotte Bousquet, Shâhra, que j’avais adoré. Cela a donc forcément attisé mon attention. Ici, c’est un univers, une ambiance et une mythologie qui diffèrent de ce que j’ai déjà lu avec des golems et une magie exotiques qui contrastent avec la technologie d’Obédience, le Vif-Argent. J’ai beaucoup aimé la chaleur qui se dégage du désert et de l’île vagabonde du peuple de Minah qui s’oppose à une sorte de froideur, d’automatisme à Obédience. C’est un univers sombre, rude, sans pitié et cela se ressent dans la narration. Narration que j’ai trouvée excellente. Chaque point de vue se distingue, la personnalité du personnage transparaît dans la plume et je trouve que c’est l’un des points forts de l’auteur.

Des personnages atypiques

Les personnages sont d’ailleurs très diversifiés et atypiques. J’ai adoré le personnage de Gryff qui sombre peu à peu dans la folie mais aussi le personnage de Minah et de Nazeem qui sont tous deux torturés par leurs remords et leurs espoirs. Je me suis aussi attachée au personnage d’Ellinore qui apporte une certaine douceur dans ce monde si rude. Chaque personnage possède son caractère, sa narration propre, le rendant unique en son genre. On a l’impression qu’à chaque début de chapitre, on entre littéralement dans la tête du personnage. C’est immersif, captivant et fascinant.

Une fantasy dystopique

En naviguant dans chacune de leur tête, on suit ces personnages à travers une quête, une enquête, une révélation, une révolution. Le système en vigueur est questionné, remis en question. Est-il bon ? Mauvais ? Efficace ? Juste ? On ne sait plus qui croire, quoi penser. C’est un univers non pas noir et/ ou blanc mais un monde construit sur une nuance de gris, les personnages et le système ne cessant de naviguer entre les différentes nuances. L’intrigue est difficile à résumer et je pense que je ne vais pas le faire pour tout simplement laisser le plaisir de la découvrir. Elle est complexe et perd de son charme si divulgué selon moi. Mais attendez-vous à être captif des aventures de Minah, Nazeem, Ellinore, Gryff, Saabr et de l’univers qui les entoure.

En conclusion, Lames Vives est un roman percutant, vibrant dont on ne ressort pas indifférent ni inchangé. À nouveau, Ariel Holzl a réussi à me séduire avec sa plume, son histoire et ses personnages hors du commun. Vivement la suite !

#Naos #ArielHolzl #Difference #pouvoir #maladie #résistance #liberté #magie

The Rest of the Story, Sarah Dessen

« Si tu veux savoir de quelle étoffe quelqu’un est vraiment fait, regarde comment il agit quand personne ne le surveille. C’est là qu’il montrera sa vraie nature. »

Un lac mystérieux, une famille oubliée,
un été magique…

Emma Saylor regarde son père danser sur la piste, un peu désabusée : elle assiste à son mariage avec une femme adorable, qui leur permet d’échapper enfin aux difficultés qui les poursuivent depuis la mort de sa mère, cinq ans plus tôt, d’une overdose. La jeune fille ne sait pas grand-chose de ce qui est vraiment arrivé. Et, pour pouvoir aller de l’avant, elle aussi, elle aimerait bien connaître… la fin de l’histoire. Or elle n’a plus revu sa grand-mère maternelle ou ses cousins depuis un séjour chez eux quand elle était toute petite. Mais le destin va lui donner un coup de pouce : pendant la lune de miel de son père, elle doit justement passer un mois au bord du lac où vit cette énigmatique famille.


Car si, pour son père, elle est Emma, aux yeux de sa mère, de ses cousins et des amis d’autrefois, en revanche, elle était quelqu’un d’autre – elle était la petite Saylor, même si ce ne fut que le temps d’un été. Et c’est ce passé enfoui qu’elle va redécouvrir comme un trésor. Un parquet qui grince sous ses pas, une odeur familière… Elle qui ne se rappelle pas même le visage de sa grand-mère se rend compte qu’elle connaît cet endroit. Elle retrouve sa cousine, qui joue avec le feu comme la mère d’Emma avant elle, et Roo, le garçon dont elle était inséparable enfant. Tel un détective, elle va remonter le temps en arrière, pour découvrir non seulement qui elle est, mais aussi quelle adolescente a été sa mère. Car avant de tomber amoureuse d’un fils de famille privilégié, celle-ci a perdu son meilleur ami dans un étrange accident de bateau à moteur…

Si vous me suivez depuis longtemps (ou non), vous devez savoir à quel point j’aime les romans de Sarah Dessen. Ils ont eu une grande place dans mon adolescence, me faisant réfléchir sur des sujets importants, me remettant en question, m’aidant à me trouver… Je saute donc toujours sur le nouveau venu en France et The Rest of The Story ne fait pas exception. J’ai lu ce livre l’été dernier et, allez savoir pourquoi, je n’ai jamais réussi à en écrire la chronique. Mais un an après, me voilà prête à en parler.

The Rest of The Story raconte l’histoire d’Emma Saylor, jeune fille de dix-sept ans qui vit seule avec son père depuis le décès de sa mère. Celui-ci, tout juste remarié, s’en va en lune de miel et envoie Emma dans la famille de sa mère au bord d’un lac. À partir de là, c’est un véritable retour dans le passé qui s’opère. Emma redécouvre sa mère à travers cet endroit où elle a passé toute sa jeunesse avant de s’en aller pour faire sa vie. Et, à travers la découverte du passé de sa mère, Emma apprend à faire la paix avec le souvenir douloureux de celle-ci et à se redécouvrir elle-même.

J’ai beaucoup aimé cette quête de soi et ce retour aux sources que vit Emma durant son séjour. L’ambiance de ce petit village saisonnier autour d’un lac est agréable et parfaite pour l’été. Il forme un beau décor pour un sujet éprouvant qui ne m’a pas laissé indifférente. J’ai été touché par les personnages, notamment par la relation qu’entretiennent Emma et Roo mais aussi celle qu’elle développe avec tout le reste de la famille. Cette famille est d’ailleurs très particulière, ne s’arrêtant pas aux liens de sang. On a un véritable lien de solidarité, d’entraide et d’amour qui s’est formé autour des habitants au bord de ce lac.

« On peut décider de sa vie, ou la vie peut décider pour vous. Le choix était-il donc vraiment si simple? »

Ce roman aborde donc des sujets profonds comme le deuil, le pardon, le souvenir mais aussi la découverte de soi et l’acceptation. À nouveau, Sarah Dessen ne m’a pas déçue dans la profondeur des sentiments qu’elle transmet dans ses romans à travers des sujets importants et forts.

Ce fut donc une lecture éprouvante, qui pousse à la réflexion à travers une belle histoire de famille, d’amitié et d’amour.

#LumenEdition #souvenir #deuil #adolescence #SarahDessen #pardon

Ceci est mon corps, Collectif

« Qu’est-ce qui fait qu’on perd collectivement le discernement et qu’on s’acharne sur une jeune fille au hasard, sur l’impulsion d’une seule et unique personne ? »

6 autrices, 6 parties du corps, rassemblées par Causette et Rageot.

Ceci est mon corps : puissant ou chétif, d’ébène ou d’albâtre, douloureux ou glorieux, sage ou effronté… Sans constituer ma seule religion, il est sacré et doit être respecté. Il est à moi. Il se métamorphose sans cesse… et je l’assume tel qu’il est !

J’ai beaucoup entendu parler de ce livre avant même sa sortie. Je l’ai croisé sur beaucoup de comptes Instagram qui ne cessait de vanter les mérites de ce livre. Généralement, quand j’en entends trop parler, ça finit par me lasser et je n’ai pas envie de lire le livre. Mais là, j’ai été curieuse et quand je l’ai trouvé sur NetGalley, j’ai tenté le coup. Eh bien je vous le dis, c’est à la hauteur de ce qu’on en dit.

Six histoires, six thèmes

Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé le format. Sous des airs d’articles de journaux, d’anecdotes, de narration, d’interview… On a le droit à un questionnement sur le corps féminin sous des angles tout à fait différents.

Six autrices prennent la parole pour nous raconter six histoires. Parfois les leurs, parfois celle des autres. Parfois, sur des sujets qu’on a l’habitude d’aborder, parfois des sujets surprenants. J’ai beaucoup aimé la diversité des thèmes, des genres, des questionnements qui se posent… C’est certes un petit livre mais il regorge d’informations.

Six histoires, des milliers de questionnement

J’ai appris pas mal de nouvelles choses, que ce soit d’un point de vue anatomique ou sociologique. Ce livre puissant, touchant, émouvant, m’a permis de me questionner sur moi-même en l’espace de quelques pages, sur mon corps, sur ma vision de moi-même et des autres… Le tout dans une atmosphère pleine d’humour et décontractée qui permet un premier pas vers le décomplexe (ouais bon, j’avoue, je sais pas trop comment ça se dit mais vous m’avez compris !).

Je n’ai pas grand-chose d’autres à ajouter personnellement, cette chronique est très courte car en fait, tout est dit dans le livre et il faut le lire pour savoir. C’est un livre que je pense essentiel et à mettre dans les mains de toutes les petites filles, toutes les adolescentes, toutes les jeunes femmes, toutes les femmes mûres, toutes les femmes âgées… Mais aussi entre les mains de tous les hommes, petits, moyens et grands.

#complexes #conditionféminine #corpsféminin #stéréotypes #féminisme #Rageot

PS. : Je ne t’ai jamais dit, Brigid Kemmerer

« – Merci.

– De quoi ?

– De m’avoir vu. »

Ils cherchaient des réponses. Ils se sont trouvés.

Emma a créé un jeu vidéo. C’est un oasis où elle se réfugie chaque jour. Même si un joueur la harcèle en ligne.

Rev pensait avoir réussi à fuir son passé. Pourtant une lettre de son père ravive ses souvenirs et réveille ses vieux démons.

Ces deux lycéens, que tout oppose, se rencontrent au détour d’un chemin. Commence alors une relation inattendue.

Mais les secrets ont un prix. Et ceux de Emma et Rev pourraient bien tout gâcher …

J’ai eu la chance de découvrir le premier tome, PS : Tu me manques et d’en faire la chronique pour le magazine Bloggers’. Ce premier livre m’avait bouleversé, j’avais été touchée par les personnages mais surtout par les sujets abordés et les émotions qui se dégageait de la plume de l’autrice. Puis, quand j’ai vu qu’un second tome sortait, j’ai eu un peu peur. Qu’avait-il a ajouté à cette belle histoire ? J’avais été un peu déçue par le second tome de Paradise de Simone Elkeles qui se trouve dans le même genre et j’avais peur de reproduire la chose avec ce livre-ci. Mais, quand je suis tombée dessus il y a quelques jours sur NetGalley, je me suis dis pourquoi pas. Les éditions Hachette ont eu la générosité de me l’envoyer en SP et je l’ai débuté sur le champ. Je ne l’ai pas lâché de toute la journée et l’ai terminé dans la soirée, totalement subjuguée.

Rev, un personnage terriblement attachant

Ce fut un gros coup de foudre pour le personnage de Rev. Je l’avais déjà bien apprécié dans le premier tome à travers le point de vue de Declan et avoir sa propre perspective n’a fait qu’augmenter mon amour pour ce personnage. Ce que j’ai le plus apprécié chez lui c’est qu’il n’a rien d’un cliché. C’est un ado un peu bizarre mais qui ne s’attire pas d’ennui, qui est bon élève… Il n’y a rien à lui reprocher, contrairement à Declan qui a une sacrée tendance à attirer les problèmes. C’est un bon fils envers ses parents adoptifs. Il est gentil et attentionné envers les gens qui l’entourent. C’est un personnage qui a vécu une enfance terrible. J’ai été profondément bouleversée par son passé et par les séquelles qu’il en garde. On sent tout au long de l’histoire sa détresse et son mal-être qui vous brise le cœur. Et ce mal-être n’est apaisé que par la présence d’Emma.

Emma, une adolescente qui ne se laisse pas abattre

Ça n’a certes pas été le coup de foudre immédiat comme avec Rev, mais le personnage d’Emma m’a énormément touchée. Je me suis beaucoup retrouvée en elle et j’ai éprouvé beaucoup de compassion pour elle. Passionnée par les jeux vidéo, c’est une jeune fille qui croit en ses rêves et qui refuse de les abandonner sous prétexte que c’est dur ou que c’est un univers d’homme. Elle est douée dans son domaine et elle le sait, même s’il lui arrive d’en douter parfois. J’ai admiré sa force d’esprit et sa volonté sans relâche. Elle est la moins vulnérable des deux personnages même si ces problèmes sont sérieux voire dangereux. Elle fait face à du harcèlement violent mais ne se laisse pas abattre. Son refus de dépendre de quelqu’un, de laisser les autres régler ses problèmes est noble même si cela lui apporte des problèmes par la suite. C’est quelqu’un qui souffre beaucoup sans pouvoir trouver comment l’exprimer et, de par la plume de l’autrice, on ressent cet étouffement, tout comme celui de Rev. C’est vraiment un très beau personnage plein de courage.

Des personnages que l’on retrouve

C’est avec beaucoup de joie que j’ai pu retrouver Juliet mais surtout Declan qui est autant un ami formidable que Rev que ce dernier a été pour lui dans le premier tome. Leur amitié est vraiment magnifique. Il n’y a pas un moment où l’un va juger l’autre, ou l’un va douter de l’autre. C’est une relation solide sur laquelle les deux peuvent se reposer quand ils ont l’impression d’être seuls au monde. Il faut l’avouer, je l’ai même préférée à celle entre Rev et Emma qui pourtant m’a beaucoup touchée. Mais cette loyauté sans failles, cette confiance et cet amour entre eux est tout ce qu’une personne peut rêver chez un ami.

Des thématiques difficiles

Dans ce second tome, Brigid Kemmerer s’attaque à des thématiques passionnantes mais difficiles à aborder.

La maltraitance infantile

Le passé de Rev m’a empli d’horreur. J’ai vraiment été touchée par ce qu’il a vécu. Ses cicatrices ont été dures à lire et j’ai ressenti sa détresse comme si c’était la mienne. Ce qui m’a le plus impressionné dans sa façon d’aborder cette thématique, c’est le traitement psychologique de Rev. En effet, on sent que l’autrice a fait des recherches approfondies sur ce sujet et qu’elle le maîtrise. Elle ne tombe pas dans le cliché, elle a réussi à saisir parfaitement l’état psychologique d’un enfant ayant subi des services durant l’enfance, son attachement malgré lui envers son père, cette aversion de tout ce qui le lie à lui, sa peur de devenir comme lui… Rev n’arrive pas à éprouver de la haine envers son père, il n’arrive pas à totalement s’émanciper de cette emprise qu’il a eue sur lui durant toute son enfance. L’autrice condamne donc la maltraitance infantile non en montrant les sévices mais en montrant les conséquences qu’elle peut avoir sur un enfant. Et surtout, elle montre que l’on peut briser le cercle de la violence, que l’on ne peut certes pas effacer ce qui s’est passé, mais que l’on peut avancer, que l’on peut ressentir autre chose que de la haine et de la colère quand on est victime de cette horreur. Rev est un symbole d’espoir pour les personnes victimes de maltraitance et un modèle à suivre.

Le harcèlement

Cette thématique est abordé non pas dans le passé mais dans le présent, notamment avec Emma mais également un peu avec Rev qui se voit harceler par son père. Au moyen des personnages, on voit deux formes de harcèlement, l’insidieux et le violent. Rev ne reçoit que des mails de son père qui exige une réponse de sa part, ce qui suffit à faire resurgir les mauvais souvenirs et à le mettre dans un état de détresse absolue. Quant à Emma, c’est un pauvre type qui estime qu’une fille n’a pas sa place dans le monde des jeux-vidéos, un inconnu aux propos violents et vulgaires. C’est à chaque fois un coup de poing dans le ventre que reçoit Emma à l’ouverture des mails. On ressent sa colère, son malaise et sa solitude face à cette situation. Ce sont deux manières d’aborder un sujet malheureusement trop actuel et fréquent dans notre société, qui nous pousse à remettre en question notre attitude face aux messages que l’on envoie à travers un écran. Car oui, derrière l’écran se trouve une personne capable de ressentir des émotions, une personne qui mérite autant de respect que nous-même.

« Les femmes reçoivent sans arrêt des messages de ce genre. Ce n’est pas bien. C’est même inacceptable, mais je n’y peux rien. »

En conclusion, Brigid Kemmerer nous offre un roman poignant et émotionnellement puissant, abordant des thématiques difficiles avec brio, le tout dans une plume douce et pleine d’espoir. Toutes mes appréhensions quant à ce second tome se sont évanouie et je surveillerais les prochaines parutions de cette autrice en tout point prometteuse.

#harcèlement #maltraitanceinfantile #adolescence #amitié

La Passe-Miroir, La Mémoire de Babel, Christelle Dabos

« Il sera une fois, dans pas si longtemps, un monde qui vivra enfin en paix.

En ce temps-là, il y aura de nouveaux hommes et il y aura de nouvelles femmes.

Ce sera l’ère des miracles. »

Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima. Aujourd’hui il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’informations divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ?

Me revoilà donc comme promis pour vous parler du troisième tome de la Passe-Miroir. Ma relecture était censée durer jusqu’à la sortie du quatrième et dernier tome (J-8 à l’heure où je vous parle !!) mais j’ai été tellement emporté par les aventures d’Ophélie que je l’ai finalement dévoré en l’espace de trois jours. Il m’a fallu ensuite trois autres jours pour me remettre de mes émotions et me voici donc pour vous en parler !

Ophélie, un personnage qui se découvre

« Elle se sentit mourir. Elle allait enfin pouvoir vivre »

Si dans les deux premiers tomes j’ai admiré Ophélie pour son courage et sa détermination, ce n’était finalement rien comparé à ce tome-ci. Mon amour pour ce personnage ne cesse de grandir avec le temps et les tomes. On la retrouve donc coincée sur Anima, totalement désœuvrée et ne sachant pas quoi faire jusqu’au moment où Archibald l’aide à s’en échapper. La voici ensuite partie pour Babel toute seule, à la recherche de Thorn. Dans ce tome, elle est totalement livrée à elle-même. Elle est seule dans une arche qu’elle ne connaît pas et qui s’avère totalement différente d’Anima et du Pôle. Mais elle ne baisse pas les bras et continue sa quête.

Elle a eu beau subir des intimidations, des menaces de mort et j’en passe, au Pôle, ce n’est rien comparé à l’ébranlement qu’elle subit en entrant à la Bonne Famille. Durant son séjour à Babel, c’est son identité et ses compétences qui sont remises en question. Tout ce dont elle était certaine se voit ébranler, elle ne sait plus où elle en est, elle ne sait plus ce qui la définit, qui elle est. Elle traverse une réelle et douloureuse crise d’identité qui n’a fait que me rapprocher un peu plus de ce personnage. Mais encore une fois, Ophélie nous surprend en apprenant à nouveau à se regarder dans le miroir et accepter tout ce qu’elle y voit. Mais il faut avouer que Thorn ne lui facilite pas la tâche…

« Votre propension à malmener les statistiques est effrayante. »

Thorn, un personnage qui ébranle toutes les certitudes

« Je suis exigeant, rabat-joie, maniaque, asocial et estropié, énuméra-t-il d’une voix terrible. Vous pouvez me prêter tous les défauts du monde,mais je ne vous autorise pas à me traiter d’égoïste. « 

Thorn m’a complètement chamboulé. La première fois que j’ai lu ce tome, j’ai été tout autant déstabilisée qu’Ophélie en le retrouvant. Si dans la première partie du roman, on n’attend qu’une chose c’est de le retrouver, on ne s’attend clairement pas à ce qui arrive quand le moment vient. Son changement nous rend inquiets à son sujet, nous fait nous poser des questions, nous fait douter. La seconde partie est donc encore plus frustrante que la première car elle suscite encore plus de questions qu’on en avait au début de ce livre. Cela m’a rappelé le premier tome où je trouvais qu’on ne voyait pas assez Thorn et que ses passages étaient bien trop courts à mon goût. L’autrice à nouveau, joue avec cela et nous pousse à dévorer les pages afin de comprendre ce qui se passe.

Arrive donc les derniers chapitres du livre… Ah ces derniers chapitres ! Je retrouve mon Thorn taciturne et entêté et je retombe à nouveau profondément amoureuse de lui. Quel bonheur de le retrouver !

Babel, une nouvelle arche pleine de surprises

« La seule véritable erreur est celle qu’on ne corrige pas. »

J’ai adoré découvrir cette arche. Son fonctionnement si particulier, cet accent légèrement British que j’aime tant, cette culture un peu orientale qui rappelle l’Inde sous l’Empire britannique… C’est nouveau, original et frais ! Vraiment, ce fut un véritable plaisir d’arpenter cette arche en compagnie d’Ophélie et de découvrir de nouveaux personnages tels qu’Ambroise ou Blasius.

J’ai aussi beaucoup aimé l’univers de la Bonne Famille et du Mémorial. Cette quête constante de la connaissance qui se confronte aux problèmes de censure et de contrôle de l’information est vraiment une thématique que j’ai beaucoup aimée et qui est très bien exploitée.

J’ai également trouvé le personnage d’Hélène très intrigant. Elle est encore différente d’Artémis, de Farouk ou même de son frère jumeau, Pollux. Elle semble un peu plus alerte qu’eux et un peu plus consciente de ce qui se passe réellement dans ce monde. Sa tolérance envers les sans pouvoirs et les non-fils de Pollux m’a quelque peu rappelé Helga Poufsouffle dans Harry Potter (qui se trouve être ma maison !). J’espère qu’on la reverra dans le prochain tome.

Ce que j’ai trouvé le plus intéressant sur cette arche, c’est le fait que plusieurs civilisations sont mélangées. On retrouve des habitants de plusieurs autres arches, ce qui permet d’en apprendre plus sur l’univers que l’autrice a créé, sans avoir à voyager sur toutes les arches. C’est un choix ingénieux, qui concorde en plus très bien avec la légende de Babel. Rien n’est laissé au hasard !

« Le Mémorial de Babel, commenta Ambroise. C’est notre plus vieux monument, la moitié date de l’ancien monde. L’adage dit que toute la mémoire de l’humanité y repose. »

Une intrigue à en perdre haleine

« Raconter le passé en refusant de raconter la guerre, c’est mentir. »

Cette intrigue… Mon dieu cette intrigue ! (Oui oui, mon dieu, c’est le cas de le dire). J’ai rarement été autant dévorée par la curiosité qu’à travers ce tome. J’ai dévoré les pages à la recherche du moindre indice pour en apprendre un peu plus, pour mieux comprendre ce mystère que sont Dieu et l’origine des arches. Christelle Dabos nous mène totalement par le bout du nez, elle nous entraîne encore plus profondément dans les méandres de son univers si grandiose… C’est à en avoir le souffle coupé.

J’ai été stupéfiée par les révélations que ce tome apporte et cela a été une véritable torture de me dire la première fois qu’il allait falloir attendre pour avoir la suite… Durant ma relecture, j’ai presque eu l’impression de le lire pour la première fois tellement de petits détails importants m’ont échappé. Là encore, j’en suis ressortie encore plus époustouflée.

« Si violentes que fussent les émotions qui lui mettaient le corps en ébullition, quand arrivait le moment de les exprimer il n’en ressortait toujours qu’un pitoyable goutte-à-goutte. »

La plupart des lecteurs et lectrices trouvent ce tome un peu long et préfèrent les deux premiers. J’avoue avoir du mal à me décider sur celui que je préfère car chacun m’a ébranlé à sa manière. Mais je trouve que la longueur de ce roman fait sa force. Christelle Dabos trouve le moyen d’approfondir son univers et d’accroître notre curiosité, de développer ses personnages et de préparer la fin de cette aventure. Vraiment, je trouve qu’il n’y a rien à raccourcir, rien à accélérer. Tout est à la place qui lui est dû et tout est justifié.

C’est donc toute fébrile et en PLS que j’ai terminé ce troisième tome, bien trop tôt à mon goût au vu de la longue attente qu’il me reste pour l’ultime tome. Tome que je ne suis pas prête à accueillir non plus car il signera la fin d’une aventure que je refuse de terminer.

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La Passe-Miroir, Les Disparus du Clairdelune, Christelle Dabos

« Quand je vous ai dit que vous aviez une prédisposition surnaturelle aux catastrophes, ce n’était pas une invitation à me donner raison. »

Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre

à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au coeur d’une redoutable vérité.

Sitôt le premier tome terminé, je me suis ruée sur le deuxième. On retourne donc sous la couette, de grosses chaussettes en laine aux pieds, un thé chaud à portée de main et nous revoilà au Pôle !

Ophélie, un personnage courageux à sa manière

« Soyez impressionnante .(…) Je ne vous dit pas cela pour vous angoisser. Je vous le dis parce que vous en êtes capable, j’en ai été témoin plus d’une fois. »

Encore une fois, c’est totalement sous le charme que j’ai suivi Ophélie dans ses aventures au Pôle. Et c’est une nouvelle fois que je me suis émerveillée de son évolution. Dans ce tome, on découvre une Ophélie qui prend des initiatives, qui prend les choses en main plutôt que de se laisser ballotter par les autres. Malheureusement pour elle, tout ne se passe jamais comme prévu, elle perd le contrôle et se retrouve dans des situations totalement alambiquées. Elle se retrouve également à devoir affronter des situations qui lui font véritablement peur. On la voit beaucoup plus effrayée que dans le tome précédent mais aussi beaucoup plus malmenée. Elle est a peur pour ses proches mais surtout, elle a peur pour sa vie. Mais cela ne l’arrête jamais. C’est quelqu’un de débrouillard, qui arrive à s’en sortir avec les cartes qu’elle a, même si elle se retrouve avec un mauvais jeu entre les mains. J’ai admiré sa détermination à continuer envers et contre tout. Sous ses airs doux et naïfs, ce petit bout de femme cache une volonté de fer qu’on avait aperçue au premier tome et qui s’affirme concrètement dans ce celui-ci.

« Pour un couple si mal assorti, vous êtes décidément inséparables. »

C’est d’ailleurs elle qui prend l’ascendant dans le drôle de couple qu’elle forme avec Thorn. Elle l’affronte jusqu’à avoir ce qu’elle veut et remporte presque toutes les batailles. Leur relation se complexifie, notamment du côté de Thorn, dont on a du mal à cerner son attitude et ses sentiments envers Ophélie, ce qui a pour résultat de la troubler plus que jamais. J’ai beaucoup aimé la tournure que prend cette relation, même si cela a eu le don de me frustrer d’être tenue ainsi dans l’incertitude. Mais cela se fait d’une manière si naturelle, si fluide, qu’on ne peut envisager que cela se passe autrement.

Thorn, plus insaisissable que jamais

« Vous m’avez voulu honnête avec vous. Vous apprendrez donc que vous n’êtes pas pour moi qu’une paire de mains. Et je me contrefiche que les gens me trouvent douteux, du moment que je ne le suis pas à vos yeux. »

On a beau voir Thorn plus souvent dans ce deuxième tome, il reste pour moi encore plus insaisissable que dans le premier. On ne sait plus trop si son comportement envers Ophélie est due à son ambition ou s’il s’inquiète sincèrement pour elle. J’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur son passé et sur lui en général, cela m’a fait tomber un peu plus sous son charme. Je me suis vraiment prise d’affection pour ce personnage toujours aussi taciturne et implacable. Quelque chose chez lui à réussi à m’atteindre en plein coeur et à m’attendrir. On voit que malgré tout, à sa manière, il tente de faire des efforts sans pour autant renoncer à ce qu’il est.

Farouk, la définition même de « complexe »

« Elle ne lisait dans le regard de Farouk aucun courroux, aucun dédain, rien de ce qui aurait pu se rapprocher un tant soit peu d’une émotion.

Non ce qu’il y avait au fond de ce regard, c’était un désert.

Ophélie se sentit aspirée par cet espace infini. En un battement de cœur elle mesura l’abime qui séparait leurs deux temporalités : un immortel destiné à l’éternité; une humaine condamnée à disparaître. »

La véritable découverte en ce qui concerne les personnages, c’est Farouk. Je suis admirative devant la capacité de l’autrice à créer un personnage aussi complexe et original. Tout comme Ophélie, j’ai ressenti cette pesanteur, cette pression psychique que l’on éprouve en sa présence. Il est totalement imprévisible et cela crée des situations que l’on n’aurait jamais pu imaginer. Une bonne partie de la tension de ce roman repose sur le comportement de Farouk et les décisions qu’il prend. Cet esprit de famille m’a fasciné et effrayé à la fois, créant un mélange de crainte et d’admiration pour ce personnage si particulier.

J’ai aussi beaucoup aimé l’introduction de nouveaux personnages tels que le baron Melchior ou encore sa sœur, mme Cunégonde, qui sont des personnages intéressants. On en apprend un peu plus sur la société du Pôle et sur les différentes familles qui descendent de Farouk. Je n’ai pas trop aimé les sœurs d’Archibald que j’ai trouvées un peu antipathiques. Et on retrouve également certain autre tels que Renard ou la Mère Hildegarde.

Le Pôle, un univers complexe et dangereux

Comme je le disais plus haut, on découvre la société aristocrate de la Citacielle mais également de nouveaux endroits du Pôle. J’ai beaucoup aimé l’approfondissement que fait l’autrice de son univers. On entre réellement au coeur de la Citacielle, au coeur de ses illusions et de ses dangers. On découvre un fonctionnement que j’ai beaucoup aimé décoder et tenter d’appréhender. C’est une arche que j’ai beaucoup aimée, qui contraste totalement avec la chaleur et la légèreté d’Anima.

Une parfaite maîtrise de son intrigue.

« Vous avez le sens de l’inattendu, fiancée de Thorn. »

Mais plus que l’univers lui-même, l’intrigue m’a tenu en haleine tout du long. On entre dans l’engrenage infernal que constitue le mystère du Livre des esprits de famille, de cet univers, de son origine. On passe de petit indice à petit indice, on monte en tension pour arriver à la fin, à l’apothéose qui a fait vibrer ma curiosité et qui a envolé mon imagination dans des hypothèses et des théories à n’en plus finir. Ce deuxième tome m’a totalement embarqué dans une aventure à couper le souffle. Tout comme Ophélie et Thorn, il m’a été impossible de tenir en place, je voulais tout savoir tout de suite. Comme eux, j’étais à la recherche de chaque petit détail qui puisse m’aider à comprendre et à avoir des réponses à toutes mes questions. L’intrigue est si bien menée que même lors de ma relecture, je me suis fait mener par le bout du nez encore une fois ! Ce qui bien sûr, n’a fait qu’augmenter mon plaisir de lecture.

Pour conclure, ce fut une lecture addictive, qui a attisé ma curiosité encore et encore, faisant voler mon imagination. Je suis tombée encore un peu plus amoureuse des personnages et de cet univers si particulier et si cher à mon cœur. Donc un dernier mot : lisez, lisez, lisez ! ♥

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